Live-report de SUNN O))) + John Wiese @ Le Molodoi, Strasbourg (F)

— Rocky Turquoise, 2005-04-18 (835 lectures)

Une journe qui, de fait, s''annonait gniale. Pensez-vous. J''avais boss comme un gnou la veille jusqu'' quatre heures du mat'', et avait ce lundi matin en guise de petit dj'' le choix entre un apritif dgustation dans un bar bires belges local, et un cours de littrature anglaise ancienne sur le proto-roman du 16me sicle. Ma foi le kouglopf tait nickel, idem pour la bire, et mine de rien a m''a mis de bonne humeur pour aller voir mon assureur alors qu''il tait pourtant l''heure de bouffer.





     Bref, qui plus est, je sche un cours de civilisation cossaise pour passer mon aprs-midi aux jardins botaniques, planqu au bord de l''tang entre une range de pindes et de gesnriaces, me sachant pourtant infectement allergique aux pollens. Par voie de consquence, je commence ressentir les premiers symptmes d''une infection pulmonaire vers 17h30, tandis que je me mets tousser comme un tuberculeux, regurgiter d''impressionantes hutres verdtres version centimtre carr, pour enfin cracher littralement du sang, du fait de ma gorge compltement explose par cet amonclement de pistils surnaturels interfrant avec ma microbologie buccale. Ds lors, et puisque les audacieux camarades qui m''y avaient accompagn m''avaient quitt depuis un moment dj, je laisse finalement derrire moi l''ide d''plucher l''article de Versus sur le shoegazing, et je m''vade pniblement de ces espaces bucoliques pour traner la patte jusqu'' chez moi, o je rejoins mes camarades associatifs Slow Endiens, en vue du concert du soir. Amen.





     Aprs une bonne heure trente de discussions, on se retrouve finalement au centre ville, pour s''enfiler un Kebab sur le pouce, aller boire un coup vite fait, et on se pointe bon gr mal gr au molodoi vers 22h15, (peu importe, puisque de toute faon on se foutait de la premire partie).

Entre dans les locaux : ambiance intimiste souhait. Pas de lights que ce soit si ce n''est deux spots oranges braqus strabismiquement contre murs opposs, canaps chattoyants de velours bordeaux, bougies mme le sol, alignes infernalement autour d''un tapis sur lequel gsent dj lamentablement trois quatres fanatiques convaincus, et enfin, la scne : un pratos qui doit sparer le groupe du sol d''une dizaine de centimtres grand maximum. Y trne un imposant mur d''une vingtaine d''amplis, empils agressivement les uns sur les autres. Immersion directe, renforce par les espces de chants rituels minimalistes hindous-tibetains-bonzes qu''on avait dcid de nous passer en fond sonore.











     Au bout d''un petit quart d''heure, j''aperois Stephen O''Malley monter sur scne avec son comparse de longue date. Impossible d''ailleurs, de me souvenir si l''O''Malley en question est effectivement un nabot de premier ordre, o si l''impression que sa taille n''excdait les 1m60 tait uniquement du fait d''une potentielle position allonge de ma part. En tout cas, les deux compres, alors en "civil", commencent trifouiller leurs guitares faon balance/accordage dans un drone cacophonique, avant de se re-barrer en coulisses et de laisser leurs instruments ronronner et pulvriser les os des moins avertis d''entre nous coup de dcibels massifs. Je me pose dans un des canaps une dizaine de minutes, avant de rouvrir les yeux et d''apercevoir derrire moi quatres types descendre les marches des loges, planqus dans leurs grimmrobes coloris premiers choix, fermes au point de croix d''un sublime O))), et botts d''immondes sabots qu''on ne pouvait cependant entendre claquer contre les marches de fer. Stephen et Greg s''installent au milieu de la scne, aux guitares, et face au public, tandis que les deux autres (le premier tant, si je ne m''abuse, le mme John Wiese qui assurait la premire partie, quant au deuxime, il s''agit d''un type dont la particularit est avant tout que je n''ai pas retenu son nom) se positionnent respectivement des cts droit et gauche de la scne, de profil, devant claviers, moogs, samplers, pdales, et autres entits futuristes non identifies. Et c''est parti. Ces quatres grimmguys, emmitoufls dans leurs capuches/barbes/cheveux vont se livrer des chorgraphies incatatoires pendant 1h15 de drone über-monolitique sans la moindre interruption. Je reste lov dans mon canap un nouveau quart d''heure les yeux ferms, avant de me lever pour profiter tout de mme du show, et me joindre au petit groupe de droneux tmraires qui vont au final tout de mme se dcider gagner leur tour le sol la fin de la premire demi-heure, ne pouvant tenir tte plus longtemps l''intensit des vibrations sonores, absolument insoutenables. Je note que fut un moment o Stephen et Greg quittent une nouvelle fois leurs postes, pour aller faire un petit tour parmi la (quasi?) foule, laissant leurs deux instruments rugir contre le mur d''amplis, et leurs deux supplants trifouiller leurs machins trucs et pondre des bidouillages lectroniques sur leurs samplers, ne laissant se confondre qu''un peu plus de bruit douteux dans le magma sonore putride et abrasif dj concoct.











      la suite de quoi les deux absents vont retourner leurs guitares pour s''adonner un jeu scnique crescendoiquement hroque et violent, faon poseur d''avantgarde adepte de brutal-no influence LSD adorateur du dieu ampli, qui finira d''aventure lorsque, d''un geste, Stephen fait arrter de concert tout son, de faon si carre, dsagrable et consensuelle que j''eus l''indescriptible hallu phmrique de voir les quelques types s''tant depuis relevs devant moi s''affaler comme des triangles de quilles, tandis que les murs du molodoi s''croulent violemment, de mme que je suis saisi de trpidants acouphnes pntratifs, et tout a en un quart de seconde, putain.











     Le temps de chopper deux trois merdes au stand de marchandising (le tribute to Earth et un t-shirt Sunn), de tenter de tailler vainement le bout de gras avec deux trois connaissances compltement inattendues (ds lors toutes sourdes comme des pots) (saluons Johnatan, entre autres, ainsi que le premier fan officiel de Slow End, j''ai nomm Damien), et on dtalle, pour mon cas la gorge carlate gerber des glaviots de sang, les oreilles compltement dgommes, semi-ivre de l''addictif alcoolique fascinant du show, encore en train de trembler de tous mes os sous l''effet laxatif des vibrations, et commence le douleureux songe d''une nuit qui annonce une semaine bien plus doom encore...





SUNN O)))

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