Live-report de VERDUN + Chaos E.T. Sexual @ The Black Sheep, Montpellier (FR)

— gulo gulo, 2016-11-04 (471 lectures)

Chaos E.T. Sexual : faisons comme si je ne les avais pas vus, ça vous dit ? Ce sera plus gentil, d'ailleurs je ne les ai pas vraiment vus, ou si peu que ça ne compte pas

 

Verdun : ayant manqué la release party d'il y a quelque mois pour une impérieuse raison qui ne me revient pas, mais surtout une fâcheuse, c'était donc pour bibi ce soir-là, le baptême de la nouvelle version de Verdun.

Alors, on commence par évacuer d'emblée la question qui eût pu fâcher ? Paulo assure ; un peu plus que le belin ; la voix claire est (encore, espère-je) un peu timide, en revanche les échos de Tompa qu'on entendait chez Dadou sont très dignement remplacés par le background grind du petit homme très en cheveux qui le remplace, et la bestialité proche de celle du chanteur d'Hipoxia qu'il amène dans son feulement sourd. Niveau théâtralité, là non plus on n'a pas perdu au change et au changement de personnalité, on reste dans la continuité, Paulo vivant ces chansons, dont il n'a pas participé à l'écriture, avec une touche à la limite de la perf bodmod, par laquelle on se laisse rapidement captiver. Quant à Jay, puisqu'il ne faudrait pas oublier qu'il n'y avait pas qu'un seul nouveau à découvrir ce soir, il est dans son élément sur les nouveaux morceaux, évidemment, et apporte aux anciens une modernité vivifiante.

Le nouveau Verdun, donc, dans l'ensemble de ce qu'il délivre : du brutal. Hardcore doom n'est même plus suffisant. Holy terror doom, comme a dit quelqu'un, souvenez vous ? Même là, on est encore un peu en dessous. Grosse grosse rouste est déjà plus proche de la réalité. Batterie et guitares cognent comme des mules, comme des enclumes, comme tout ce que vous voudrez d'évocateur de forges infernales, aux dimensions mythologiques à l'égal d'un Yob, et en charriant tout au long du chemin de croix ce sentiment qui explosera sur le final, comme de juste celui de l'album et sa lumière, dont mine de rien le groupe aura réussi à revivre l'accouchement dans la douleur de façon aussi haute en couleurs et saisissante que sur l'album, dans ce line-up désormais apaisé, prouvant si jamais l'on en doutait que les circonstances de sa réalisation ne sont pas seules à créditer, du mérite de l'urgence et l'extrémisme que The Eternal Drift's Canticles dégage, mais bien aussi ses morceaux en eux-mêmes.

Une sorte de calvaire rayonnant, voilà ce que l'on a pu contempler, et quand par surcroît cela fait (trop) longtemps qu'on ne les avait pas vus jouer, vous pouvez croire que la chose était orgiaque à partir des premières secondes.

La fin du monde dont on émerge le sourire aux lèvres, sur un petit nuage, rêveur, et apaisé, lavé comme eux l'ont paru également au sortir de cette prométhéenne performance. Chapeau, les gars. Vous êtes beaux.

VERDUN

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