Live-report de Hellfest 2016 @ Clisson (F)

— EyeLovya, 2016-06-20 (867 lectures)

Me voilà donc de retour sur le festival après 5 ans d'absence pour des raisons qui me sont apparues d'autant plus ridicules quand j'ai appris avoir raté, entre autres, Faith no more, Killing Joke et Mayhem l'année dernière.

1er jour :

C'est parti donc avec....oh. Une heure et demie de queue après ma demi-heure de marche jusqu'à l'entrée du fest. J'en parle rapidement, mais en 5 ans, l'environnement a énormément changé, les décors sont incroyables, la sculpture géante hommage à Lemmy, et les extras que sont la grande roue, la tyrolienne au dessus des Mainstages, le skatepark ou même la mini forêt sont des valeurs ajoutées certaines. 

Je m'installe directement à la Valley, scène Slow End par essence, pour le presque début de Wo Fat : vus d'un peu loin, le son n'était pas terrible mais j'ai compris plus tard avoir un problème avec mes nouveaux bouchons. Malgré ça le concert avait l'air cool mais mis à part quelques instants de groove pur, j'ai eu du mal à me mettre dedans là de but en blanc.

J'enchaîne sur la même scène avec les tout-puissants Ramesses : enfin.... la récompense de cette attente interminable. Marrant de voir pendant les balances les trois se passer le bang généreusement tendu par un sympathique spectateur, et d'ailleurs c'est un Alex Hamilton (remplaçant de Tim Bagshaw) jovial comme tout qui est descendu discuter directement avec l'intéressé et de lui dire qu'il reviendrait parler après le concert. Le concert en question était une tuerie. Très axé sur Take the curse (Take the curse, Baptism, Iron crow, dans l'ordre qui me vient, pas forcément le véritable), alternés avec The tomb, Master your demons et Lord misrule. Aucun titre de Possessed. Et c'était superbe, Adam en impose vraiment sur scène, très charismatique, Alex est habité, on peinerait presque pour lui à le voir trainer de tels riffs avec de si frêles membres, mais la vraie star c'était Mark Greening, royal derrière les fûts, tout en feeling, un régal.

Petite pause, tentative de Vision of Disorder, complètement pourravPas à mon goût pardon, alors direction les balances de Earth que j'hésite encore à aller voir. Finalement je me dis que ça risque d'être un peu chiant, alors je valide mon plan B (ou A?). C'est le truc super cool d'un tel festival, pouvoir checker sur la to-see liste pas mal de groupes pas indispensables mais qu'on connait depuis toujours et que l'on n'est pas surs de pouvoir revoir un jour, ce fut le cas pour moi avec Turbonegro. Résultat : mortel, fun, interactif, les mecs s'amusent ou font super bien semblant, tout le monde chante, quasiment que des vieux tubes de l'époque Hank (The age of Pamparius, City of Satan, Get it on, Wasted again, I got erection) et d'ailleurs Tony Sylvester a vraiment assuré son show comme si il chantait ses propres morceaux.

Je continue avec les Melvins, heureux comme un enfant. Après une longue intro plus ou moins improvisée, les morceaux s'enchaînent quasiment sans pause. L'impayable Buzz dans une robe de ...hmm.. gourou ? laisse même échapper quelques sourires malgré lui car le public est super réceptif malgré les changements de rythmes incessants. A nouveau, la star c'est le batteur, et de fait, Dale Crover a été si impressionnant que je pense pouvoir prendre autant de plaisir à le voir faire le même show en solo. Ça finit sur un a cappella d'au revoir bien masculin chanté à l'harmonie par nos trois vieux loustics décidément hyper sympathiques.

Là je commence à fatiguer, et j'hésite à attendre 23h10 et pouvoir cocher Rammstein. Le muscadet me fera finalement rester, je passe voir le début de Converge pour ma gouverne, et file donc me placer avant l'arrivée des allemands : OUCH, la population du Hellfest s'est soudainement décuplée, et une foule immense déjà entassée sur 250m par 150m devant la Mainstage 1, les pauvres ont du se farcir le concert de Dropkick Murphys en entier (pardon à ceux qui y trouvent leur compte, mais, fiou... quelle horreur) et les gens continuent de s'amonceler pendant les dix minutes restantes. Je reste pour le principe, voir si pyrotechnie il y aura, voir par quel morceau ils vont commencer, voir quelle gueule ils ont (sur les écrans géants hein, faut pas rêver non plus). Mini feu d'artifice et entrée presque sobre : deux plate-formes qui descendent entraînant les guitaristes, puis Till arrive en pantin mécanique titubant. Mince, je connais pas le morceau mais il cite tous les titres de leurs vieux tubes.

Bon, quitte à regarder un écran, je serai surement aussi bien une autre fois à le regarder chez moi. Trop crevé et désespéré par la longue marche jusqu'à ma bagnole, j'abandonne aussi l'idée d'aller revoir Sunn O))). Bye bye.

2e jour :

Pas trop motivé par le début de la journée, j'arrive assez tard mais pour le début de Torche que j'avais vus par hasard au même endroit en 2009 et qui ne m'avaient pas laissé le moindre souvenir autre que « accordage très grave ». Sur album ça m'a toujours gonflé, mais là en live en arrivant comme ça, ça marche pas mal, beaucoup de groove. Malheureusement sur le long, tout se ressemble, les riffs sont les mêmes et Steve chante toujours sur le même timbre, impression finale mitigée.

Petit bout de Foreigner, les mecs ont la pêche et font plaisir à voir mais il est temps d'aller se placer pour With the Dead. Là je me suis énervé tout seul, parce qu'autant ça fait toujours autant plaisir de revoir tonton Lee, autant ce groupe est incroyablement chiant de lambdacitude. Rien de fondamentalement mauvais, mais qu'est ce que ça peut être banal...je ne comprends pas comment Tim Bagshaw a pu écrire de tels riffs, et non, je n'avais pas écouté l'album.

Le gros son n'y fera rien, même si, bordel, quel son, vraiment pas loin de Come my fanatics, mais sans l'overdose de weed. Sorry Leenounet mais non, non et non.

Croisage au loin de Joe Satriani, étonnement de voir autant de foule devant un seul petit mec et sa guitare, puis retour à la Valley pour Goatsnake.

Moment de pur bonheur. Tous les quatre musiciens étaient incroyables de présence, et le son était immense, et Pete Stahl qui m'a toujours un peu frustré sur album du fait de sa voix un peu lisse, en live, il n'en est rien. Le mec est un putain de vrai chanteur de soul, je suis soufflé, le mec n'arrête pas d'habiller ces gros vers de riffs à l'humeur, et toujours dans le ton juste, pas perturbé par son harmonica ou ses percussions, ce mec assure de long en large c'est magnifique. Pour le reste, putain de setlist avec ce qu'il fallait de Flower of disease, groove ultra contagieux y compris quand ça ralentie méchamment et que la foule continue son houlement gargantuèsque en rythme. A nouveau, les types ont l'air ultra contents de leur public, le genre de réciprocité qui double le plaisir.

Tellement débordant de bonheur, je décide d'éviter de tenter Hermano (et, haha, Fu Manchu) et de m'arrêter là pour aujourd'hui.

3e jour :

Arivée tardive aussi, c'est parti pour Unsane : déjà surpris de ne pas tomber sur les traditionnels monstres d'amplis de la Valley, ces deux petits Fender n'impressionnent pas, mais je me doute que ce sera amplement suffisant pour dégommer ce qu'il faut. Pas un grand fan de leur musique sur album, mais difficile de résister à ce concert bien vénèr de vieux skaters hooligans, même si je ne peux m'empêcher de constater que beaucoup de leurs morceaux sont joués sur les mêmes riffs, je ne boude pas mon plaisir, ça puait le béton en sang sous la tente, et c'était vraiment canon.

J'enchaine avec Mgla de loin, le groupe le plus anonyme du monde, pas de bannière, pas de visage, même accoutrement sobre pour tout le monde. La clarté sonore évolue littéralement au gré du vent, mais ça avait l'air pas mal anonyme aussi niveau black mid-tempo, du genre qui peut me plaire sur deux ou trois morceaux mais pas pour un album complet.

Je retourne à la Valley me placer pour Kadavar, et là j'ai du rater un truc avec ce groupe, vingt minutes avant le début, la tente est déjà remplie, et le public me fera vite comprendre que les allemands sont apparemment passés au stade de rock stars. Soit. Show sympathique, malgré une voix terriblement sous-mixée, j'ai la forte conviction que le public donne un chouilla trop de crédit à leur rock somme toute assez classique, mais bon je dois reconnaître que la musique, je ne l'ai plus trop écoutée après les deux premiers morceaux puisque trop occupé à recevoir les DOUZE slams à la minute qui ont été sans discontinuer pendant les deux tiers d'heure restants, bien gonflants d'abord, puis mon énervement a fini par jeter l'éponge et j'ai fini par trouver la situation assez marrante.

Très petit bout de Taake qui avait l'air de correspondre à ce que je cherche dans le black, mais il est bientôt l'heure de cocher une nouvelle case des groupes-suivis-depuis-toujours-même-si-ça-fait-déjà-dix-ans-qu'on-ne-kiffe-plus-tant-que-ça avec Katatonia. Jonas ressemble de plus en plus à ma tante Murielle bourrée de chez bourrée, et ça mis à part, les suédois ont donné un show sympatoche malgré des problèmes de son qui n'ont été réglés que tardivement (guitare d'Anders d'abord inaudible, puis beaucoup trop), assez axé sur leurs morceaux progs bizarres au grand dam des petites goths à cheveux violets qui m'entouraient, finalement satisfaites (et moi aussi certes) par les tubes de The great cold distance (Deliberation, My twin et July). Aucun morceau antérieur à 2006 n'aura été joué.

Bouffe et dernier retour à la Valley pour ce que j'attendais le plus aujourd'hui, Jane's addiction ! J'en souris rien qu'à l'écrire. Je comprends pas trop pourquoi ils sont tombés à la Valley d'ailleurs, je les imagine avoir l'envergure de remplir une Mainstage sans souci, mais peu importe. Décor monté, le show, puisque le terme n'est pas galvaudé, commence avec Stop ! Puis tout s'enchaîne presque trop vite, Been caught stealing, ObviousMoutain's song, un superbe Three days ultra hypnotique, et même un Nothing's shocking terrible où deux "performeuses" étaient attachées par deux broches directement dans la chair dorsale et balancées d'avant en arrière comme des pantins à trois mètres au dessus de la scène vers le public. Dave Navarro, 49 ans, beau comme un camion neuf, inchangé d'un iota depuis 1995, irréprochable à la guitare, et un Perry plein de sourires tendres vers le public ou ses danseuses concluront donc leur tournée européenne avec un Jane says charmant au possible.

Je me sens déjà repu de bonheur, et je quitte donc les lieux sur ce doux sentiment.

Je pense pouvoir dire : à l'année prochaine.  

SUNN O)))

EARTH

MELVINS

RAMESSES

GOATSNAKE

FU MANCHU

KATATONIA

TORCHE

HERMANO

WO FAT

KADAVAR

WITH THE DEAD

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