Live-report de CONAN + GREYFELL @ L'Escale, Le Havre (F)

— Derelictus, 2016-04-21 (609 lectures)

La route de l’enfer. Ou en tout cas quelque chose qui y ressemble, c’est un peu comme ça qu’on peut résumer le chemin menant, et surtout ramenant, un rouennais dans cette ville qu’est Le Havre, avec son port, ses docks, son grand centre commercial éventé, ses places de parking où il est aisé de se stationner. L’Escale accueillait donc les anglais de Conan dans le cadre de leur tournée européenne. Ce bar qui fait office de PMU, de débit de tabac et où l'on trouve moult jeux à gratter, dont les Goals et les Astro, - très important pour savourer une telle soirée -, ne paie pas de mine de primes abords, mais s’avère posséder dans son antre une très belle salle très, bien aménagée pour recevoir des concerts.

L’affluence était relativement correcte pour un soir en semaine, d’autan plus dans un lieu assez excentré du centre ville, - si centre ville il existe dans cette cité – et ce fut donc aux rouennais de Greyfell d’ouvrir les hostilités. J’étais bien heureux de retrouver le trio depuis septembre dernier, qui plus est dans une forme resplendissante. L’on sent bien que le travail paye de plus en plus, tant la musique du trio prend de plus en plus d’ampleur, notamment dans une lourdeur du propos qui s’est ostensiblement accrue depuis la dernière fois que je les ai vus, et d’autant plus flagrante si l’on compare avec l’album Volume I : I got the silver. De nombreux titres de cet album furent joués durant le set des rouennais, et l’on ne peut que remarquer et surtout apprécier cette belle évolution vers quelque chose de bien plus pesant et de plus noir. Et les nouvelles compositions, bien musclées, jouées hier soir vont bien dans ce sens, ce qui laisse présager d’un futur des plus intéressants pour cette formation. J’ajouterai même qu’il n’est pas forcément utile d’avoir un mur d’amplis derrière soi pour avoir un très bon son, c’est ce qu’ont aussi réussi Clément, Quentin et Thierry.

J’avais déjà eu l’occasion de voir Conan il y a quatre ans à Lille, et le trio était très loin de m’avoir convaincu, donnant l’impression que tout avait été mis dans les amplis et que la composition, et surtout la capacité de pondre des vrais riffs de doom metal avaient été laissés de côté. Je n’ai pas changé d’avis après avoir revu ce groupe. Certes, il y a des choses qui fonctionnent bien mieux aujourd’hui, mais je reste toujours aussi circonspect devant le buzz d’un groupe quelconque qui ne doit sa réputation à une imagerie faussée et à son mur d’amplis. Il est vrai que les titres les plus récents sont plus recentrés sur le riffing, mais celui-ci est tellement peu varié et tellement peu intéressant que je suis resté sur l’idée d’une vaste supercherie concernant Conan. Tout juste ai-je eu cette impression d’avoir en face de moi un groupe de crust qui jouait au ralenti et accordé bien gras, aidé en cela par un mur d’amplis, mais était-ce vraiment nécessaire tout cet attirail dans une salle aussi petite ? Et puis le nouveau batteur en fait beaucoup trop, ce qui fait que là où l’ancien parvenait à impulser une certaine forme de groove, celui-ci n’apporte aucune nuance, s’emmêlant parfois les pinceaux par la surabondance de roulements. N’est pas Jason Roeder qui veut. Bref, ce n’était pas nullissime non plus, juste plaisant sur le moment, et encore sur la première moitié du set, car l’on ne retient pas grand chose de tout ceci, si ce n’est de s’être pas mal ennuyé et d’avoir attendu poliment mais péniblement la fin de ce concert de néo doom metal. Bref, ce sera la dernière fois que j’irai voir ce groupe.

CONAN

GREYFELL

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