Live-report de PRIMITIVE MAN + Magrudergrind @ Secret Place, Saint Jean de Védas (FR)

— gulo gulo, 2016-03-13 (541 lectures)

Primitive Man en concert confirme tout le bien et le mal que je pensais de leur disque - Scorn, le seul que j'aie écouté et qui suffit à l'appétit raisonnable que j'ai pour leur truc - à savoir que sur ledit disque, c'est la production à peu près à elle toute seule qui me raconte quelque chose.

Sur scène, sans elle, avec le simple son brut, aussi ultra-massif et sous-accordé soit-il, d'un groupe de hardcore-metal extrême actuel ultra-massif et sous-accordé qui joue live, il n'y a rien. Plus rien. Probablement est-ce d'ailleurs le propos du disque, et je préfère, par indulgence avec la sympathique montagne de viande qu'est McCarthy (étonnant duo visuel, d'ailleurs, avec la boule de viande qu'est son bassiste, la version crust-KFC d'Arnold Schwarzenegger et Danny De Vito), ne pas aller vérifier ce que je crois me rappeler confusément au sujet d'une vague intention d'anti-musique, mais... rien pour moi là-dedans, sans doute trop de nihilisme pour mon petit cœur, au choix, de goth, de romantique, de lecteur de romans plutôt que d'essais, d'emokid pudiquement caché derrière un marcel et une pinte...

A la vérité, il y a bien eu un moment, si, où les grondements riffistiques se sont laissé enliser dans le lancinement errant sans but, permettant à McCarthy de broder dessus une longue et rachitique chiasse d'aigus souffreteux, aussi inspirés qu'un cerveau cramé par les retombées radioactives, une drogue de synthèse particulièrement destructrice et peu riche en hallucinations, ou ce qu'on voudra de plus post-apocalyptique... Mais c'est parce qu'en plus de toute l'énumération plus haut, je suis fan de Godflesh, et que j'avais soif de quelque chose à quoi me raccrocher pour éviter de m'endormir sur pied.

Il n'en reste pas moins que, si je veux écouter du mongolisme nihiliste 6.0, et du riff qui te passe les connections synaptiques au mastic, je préfère sans hésitation dégoupiller un disque de The Acacia Strain, auxquels j'ai pensé très fort et avec tendresse tout le set durant. Là au moins, le rêve est inclus.

 

Heureusement, après il y avait Magrudergrind qui jouaient, et quand bien même ma fierté de doomster accrédité par le webzine français de référence des musiques lourdes, lentes et répétitives, m'avait fait claironner que je venais pour Primitive Man avant tout, je pressentais bien un peu que les choses pourraient s'avérer telles qu'elles le firent, et qu'en pareil cas la soirée aurait tout de même valu le coup presqu'à coup sûr grâce à Magrudergrind.

Version dancefloor du metal justement parce que c'est pas du metal, dois-je rappeler comment finit le mot qui commence par grind, zouk de tous les instants grâce à de généreuse rasades, au milieu des éruptions d'épilepsie, de punk hardcore aussi old-school jusqu'à l'os que rajeuni par la verdeur de ses interprètes... Tout ce qu'un concert de grindcore doit être : la démonstration vivante de la nécessité vitale du style, et son incarnation incandescente pour quelques dizaines de minutes.

PRIMITIVE MAN

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