Live-report de Monarch! + Birushanah @ The Black Sheep, Montpellier (FR)

— gulo gulo, 2015-12-29 (614 lectures)

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Monarch!, je l'ai su, je l'avais oublié, compte au nombre de ces quelques groupes (les autres qui me reviennent comme ça ? Morgue, Verdun, Introverted Violence) dont il ne vaut mieux pas se ruer pour leur demander, tout faraud de ce qu'on croit avoir tout juste entendu, si ce sont bien de tout nouveaux morceaux qu'ils viennent de vous jouer en avant-première : plus que fortes sont les chances qu'ils vous répondent, éberlués, que c'étaient uniquement des vieux, ou à tout le moins des que vous connaissez déjà puisque les exacts mêmes que la dernière fois en date.

Un concert de Monarch! ne ressemble à aucun autre concert de Monarch!, non. La dernière fois, il y a de cela quelques mois pour cette improbable affiche partagée avec le chauve-rock d'Enablers, que ce soit fatigue ou extrême (terrifiante) maîtrise de leur part, les morceaux de Sabbracadaver avaient pris l'air d'un douloureux (pour eux et pour nous) éveil, comme une millionième résurrection sysiphéenne remise au goût de la huit-six de la veille, arthritique et qui à la fin, à la force d'une ascension à s'en faire sauter un à un tous les ongles et les dents, se résolvait en la térébrante splendeur qu'est Sabbracadaver tel qu'on se le rappelle de l'écoute du disque, et dont on aisstait ainsi à l'accouchement sur la scène, dans une lumière farineuse.

Cette fois, les riffs et la batterie ont révélé de fort inattendus contours dantesques et fabuleux, limite draculesques si Dracula était un conte préhistorique et La Divine Comédie également - tandis que d'un côté le chant d'Emilie tirait la masse des choses vers la new-wave très dark des Cranes, avec une tranchante candeur, et de l'autre celui de Mike vers un doom death fantastico-rituel dont seuls sont capables les Japonais (les premiers Coffins) ou Otesanek - d'ailleurs je tiens à remarquer pour l'occasion que le charisme de ce dernier se fait avec les années de plus en plus terrassant, entre dieu facétieusement incarné en clochard pour se glisser au milieu d'une manière d'antique chanbara, et chien errant - entre Toshiro Mifune et Patrick Dewaere de retour d'exil dans la montagne...

Et voilà, c'est à peu près tout ce qu'il y avait de dicible : un concert de Monarch!, c'est en un seul exemplaire. Même le traditionnel concert de Noël de Monarch! à Montpellier.

 

Birushanah ? Autre tradition de Montpellier, dont il y a moins de fierté à tirer : les concerts qu'on loupe pour cause de bavettes prolongées en terrasse. Et voilà comment on passe à côté d'un événement rare.

 

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MONARCH

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