Live-report de EYEHATEGOD + FANGE @ Le 106, Rouen (F)

— Derelictus, 2015-04-26 (723 lectures)

Les groupes cultes à Rouen, chapitre I.

EyeHateGod à Rouen personne n’y croyait il y a encore quelques mois quand la rumeur annonçait la venue de la légende de NOLA dans notre ville, et personne n’y croyait plus quand Mike Williams avait été contraint au repos forcé l’hiver dernier. Pourtant ce concert a bien eu lieu et qui plus est dans la salle club du 106, c’est à dire la petite salle, ce qui permet d’avoir une configuration plus intimiste et plus proche du groupe, j’étais juste en face de Jimmy Bower, bref que du bonheur.

C’est donc Fange qui avait l’opportunité d’ouvrir pour les américains et si leur présence était cohérente sur cette affiche, j’aurais volontiers préféré avoir Dopethrone comme sur les autres dates françaises. Non pas que le groupe soit intrinsèquement mauvais, mais j’ai du mal avec les groupes sans basse, cela s’est confirmé une nouvelle fois. L’octaver c’est bien, mais rien ne vaut l’ampleur du son d’une basse,  notamment quand l’on a un son de guitare aussi velu et gras qui se transforme en grosse bouillie sonore quand ça accélère – qui a parlé du syndrome Cult of Occult ? -. Mine de rien, le riffing de Fange est tout de même bon, mais il est dommage que leur chanteur n’a aucun coffre, ce qui s’est d’autan plus confirmé quand il a été rejoint sur scène, ou plutôt occulté, par le chanteur de Rvines, formation hardcore locale, pour un final tout en intensité. J’oubliais, j’en ai carrément assez de la noise et des bidouillages ineptes de pédales, comme c’est la tendance depuis deux ans, donc autant dire que les « habillages » sonores entre et dans les morceaux n’apportaient rien du tout, à part blinder l’ensemble de larsens.

Comme le disait il y a un an l’ami Krokodil dans ces colonnes, le sludge, je le préfère brut et sec, sans fioritures, juste avec des guitares, une basse, une batterie et du chant. Et pour faire simple, EyeHateGod  nous a donné une fort belle leçon en la matière. Attendus à 15H00 pour faire les balances, les musiciens ont eu cinq heures de retard et plutôt que de faire un réel soundcheck, se sont contentés de vider moult bouteilles et faire un line-check à l’arrache devant tout le monde, de manière assez débonnaire, avant de s’élancer dans quatre vingt dix minutes bien intenses. Pour le coup, le quintet ne s’est pas moqué de nous et a enquillé, pour notre plus grand plaisir, de nombreux classiques tels que Shop Lift, Dixie Whishey, les deux Sister Fucker, White Nigger, Master of Legalized Confustion, Revelation/Revolution, et tant d’autres qu’il serait fastidieux de tout lister, ainsi que de nombreux extraits de leur dernier album. J’avais lu à droite et à gauche la déception de nombreuses personnes lors de précédents concerts, que je peux comprendre d’une certaine manière, car l’on ne peut nier que c’était loin d’être parfait. Mike Williams était assez fatigué, - doux pléonasme -, et il y avait un côté à l’arrache dans leur exécution, et aussi dans ce côté j’enchaîne les titres au hasard et non au grès d’une setlist imposée. Malgré ces petits défauts, qui collent pourtant tellement bien à leur personnalité, leur set était très bon avec une envie d’en découdre, un Jimmy Bower assez en forme et communicatif avec le public, et une collection de riffs à vous décoller les tympans, sans oublier de nous glisser de temps à autres quelques pétarades bien hardcore, histoire de faire défouler la foule. Bref, c’était tout ce que j’attendais de ce concert, un peu à l’image du groupe, qui aura été vraiment généreux et aura fait l’essentiel.  

EYEHATEGOD

FANGE

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