Live-report de KYUSS @ Garage @ Saarbrücken (D)

— Rocky Turquoise, 2011-03-19 (646 lectures)

Noël en mars, c''est Kyuss Garcia-Oliveri-Bjork et sans rouquemoute évidemment, mais avec un minet obscur qui eût pu bien être le petit frère du Bjork sus-cité d''ailleurs - c''est à dire qu''il devait être soit intimidé soit tout à fait conscient de sa place, invisible qu''il fut dans son coin toute la longueur du show, pour autant, il se demmerdait -sans avoir le son tout à fait taille-crayon qu''on enviait- très bien avec son manche. Et c''est aussi d''aller voir un concert en Allemagne, bonne bière, serveuse tatouée à frange, salle cool, bons lookés (à toi, le nain obèse fan de Billy Idol, si tu me lis) et tutti quanti.



Mais noël en mars c''est aussi un gros arrière goût de famille recomposée, soit d''artificiel avec tout le monde qui vise les cadeaux au pied du sapin d''un réflexe mécanique plus qu''alléché, genre stimuli occidental. Je ne sais pas ce qu''ont donné les jams sauvages du Hellfest par les mêmes hurluberlus l''an passé, d''ailleurs j''ai jamais vu Hermano non plus tant qu''à confesser, mais on peut pas dire que ça soit particulièrement électrique n''y que ça dégouline tout particulièrement de fun. Ils se parlent entre eux quand même ? C''est uniquement pour la façade les trois Santa Claus qui enchaînent les morceaux sans même échanger un regard ? Nick Oliveri je veux bien, de toute façon il est givré de notoriété publique. Mais de là, John Garcia qui nous impose un pimp-show du tonnerre, chemise strech ouverte jusqu''au nombril avec médaillon qui brille, permanente au babyliss, lunettes de soleil, roulements d''épaules pour tout signe extérieur d''excitation. Je veux bien qu''Elvis soit parvenu à révolutionner le rock''n''roll d''un simple déhanché guindé. Là il va quand même m''en falloir un peu plus pour confondre le 1er avril avec Nouvel An. C''est possible aussi d''excuser le manque de souffle qu''on commence à plaindre assez clairement sur la fin du set, m''enfin, heureusement qu''il s''en est tenu à faire du pivot avec un pied de micro sur 5m².



Donc finalement, pendant que Nick Oliveri beugle quelques backing-vocals avec un brio héroïnomane caractérisé, il n''y a guère que Brant Bjork qui semble plus ou moins se prendre au jeu. Faut dire qu''en dégageant déjà par essence un charisme surnaturel, rien de complexe à attirer tous les regards, et alors avec quelques mimiques bien placées dignes d''un Vinnie Signorelli : là, de quoi se laisser arracher un bon sourire.



Une sélection probablement irréprochable de titres (non ils n''ont pas joué Son of a Bitch, ni Demon Cleaner) mais que l''on a parfois du mal à reconnaître. Deux rappels en guise de bûche, dont un premier bien gourmand. Un ingé-light issu de l''école internationale du Stroboscope dans la Gueule du Public. Public pas si terrible d''ailleurs et qui passe son temps à passer devant-moi derrière-moi, avec des litrons de bière dans chaque main et parfois l''envie terne sur le visage d''aller se griller un cône dehors. Je vais dire, autant résumer sans s''attarder davantage : ouais c''était sympa, mais pour autant d''ici une à deux semaines il ne m''en restera probablement pas plus qu''un souvenir assez vague.

KYUSS

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