Live-report de Doom Shall Rise Festival IV @ Chapel, Göppingen (D)

— Rocky Turquoise, 2006-04-16 (887 lectures)

- Merci beaucoup à Caroline @ www.photopit.com pour les photos !



- Les photos non créditées ont été prises par Tom






Pour ceux qui l''ignoreraient encore, le Doom Shall Rise est un festival doom metal organisé en banlieue allemande, dans une petite chapelle désaffectée de la ville de Göppingen. Cette édition 2006 est la 4ème depuis la naissance du fest qui, en quatre ans, a déjà vu défiler pas mal de grosses pointures, de Count Raven à Place of Skulls en passant par Revelation, Reverend Bizarre, Penance, While Heaven Wept, Warning ou encore Mourning Beloveth.

Cette année, c''est Solitude Æturnus et Debris Inc. qui font office de têtes d''affiches, rien de moins, autant dire qu''il y avait de quoi se réjouir ! On apprend cependant la veille (!!) que Robert Lowe ne sera pas de la partie (cette andouille se serait fait recaler à la douane pour une histoire de passeport), mais que Solitude Æturnus joueront quand même avec des guest-vocalists des autres groupes présents ce soir là, très sceptique sur le résultat, on verra bien.



L''endroit est vraiment bien foutu, à l''écart de la ville, et même si la chapelle n''est pas particulièrement belle (l''édifice ayant l''air plutôt récent), on n''aurait su trouver salle plus adéquate à ce genre de festival. L''intérieur est spacieux, la scène est montée à quelques mètres de hauteur par une vingtaine de pratos, dans l''espace de quinze mètres-carrés qu''offre la nef. Contre les murs, on a le plaisir de retrouver systématiquement - en dessous des vitraux - des distros et des stands de label parmi les plus intéressants du moment (I Hate Records, Doom-dealer.). Dehors, bancs, chaises, et un vendeur de sandwiches et de petits plats mijotés (des barquettes de Krautschupfnudeln !), des Allemands de 7 à 77 ans, tous sexes confondus, arborant une variété de t-shirts et de patchs, qui apportent la touche finale à la bonne ambiance qu''on sentait déjà en débarquant dans l''endroit.















Freitag/ Friday:



19:00 - 19:35 > LOW MAN`S TUNE (Germany)

19:50 - 20:25 > IRON HEARSE (UK)

20:40 - 21:20 > AHAB (Germany)

21:40 - 22:25 > DANTESCO (Puerto Rico)

22:40 - 23:40 > DAWN OF WINTER (Germany)

00:00 - 01:15 > SOLITUDE AETURNUS (USA)

01:30 - 02:15 > VERSUS THE STILLORN-MINDED (Germany)





AHAB



Comme on a tout de même eu le temps de se paumer deux bonnes heures sur la route de Göppingen, on arrive juste à temps pour voir (de loin) les deux derniers morceaux du set de AHAB (ndla : j''apprends quelques jours après que les Allemands de LOW MAN''S TUNE n''ont de toute façon pas joué pour des raisons techniques). Le groupe joue du funeral doom, mélodique, aux riffs assez poussiéreux mais puissants et rythmés. L''endroit sied plutôt bien à leur style (d''autant qu''on les entend presque aussi bien dehors qu''à l''intérieur, et que dehors la nuit est déjà tombée, laissant la place à des illuminations sur la façade de la chapelle !) ; pas le temps de se faire une véritable opinion, une mise en bouche toutefois plutôt agréable.



http://www.ahab-doom.de/

http://www.mp3.com.au/track.asp?id=98680







DANTESCO



Lorsque, assis à une table dehors en train de manger un bout, on entend percer à travers murs les premiers riffs des doomsters Puerto Ricains (!) de DANTESCO, on ne se fait pas vraiment prier pour aller voir ce que ça donne plus directement. Et sur quoi on tombe ? Un type ultra charismatique, qui occupe la scène comme pas deux, aux cheveux bruns et longs jusqu''aux genoux, gros et gras, barbu, et revêtu. d''une soutane blanche de curé de messe ! Les membres de DANTESCO sont tous déguisés en membres de l''Église, et leur chanteur pousse même le vice jusqu''à porter une étole noire brodée de deux croix renversées sur les deux bouts, ahah. En tout cas DANTESCO jouent du doom épique et. ça tue ! Les riffs sont inspirés, puissants et heavy à souhait, et le chanteur est juste hallucinant vocaliquement parlant, ses quelques poussées hautes-perchées lui donnent presque un côté d''opérette, qui ajoute juste encore un peu à la classe du set de DANTESCO. À n''en pas douter une des excellentes surprises de ce festival !



http://www.dantescoepico.com/



























DAWN OF WINTER



Ca se presse légèrement lorsque c''est au tour de DAWN OF WINTER de monter sur scène. À croire que les Allemands sont pressés de voir sur scène Gerrit P. Mutz, plus connu pour chanter dans SACRED STEEL. À sa décharge, il faut bien avouer que le sieur à un chant si personnel et si particulier que c''en est tout bonnement jouissif à voir ! DAWN OF WINTER balancent des riffs de traditional doom d''une efficacité à toute épreuve, ultra-headbangants, très répétitifs, tendance Black Sab'' germanisant, sur lequel ce Gerrit s''en donne à coeur joie : il ne lui faut pas plus d''un titre pour s''approprier toute la scène et effacer complètement le reste du groupe ! Ce type a une classe absolument monumentale, avec sa face de Natural-Born-Killer, crâne rasé, petites lunettes rondes et noires, il alterne headbanging et chant au teint clair imposant, presque théâtral, le pied posé contre un retour ! Outch ! On se laisse très facilement prendre au headbanging qui s''impose de soit-même, comme voilà bien un groupe qui riffe en hommage total au boutage de poux.



http://www.dawnofwinter.de/

http://www.doom-metal.com/samples/dow.ram















SOLITUDE ÆTURNUS



C''est donc finalement SOLITUDE ÆTURNUS qui prend place sur scène. Robert Lowe est absent, on sait qu''il sera remplacé par divers chanteurs, mais on ne sait pas encore lesquels. On ne sait pas encore trop non si les membres du groupe ont juste l''air de faire la gueule ou s''ils se la racontent à mort, en tout cas ils ont pas l''air particulièrement heureux d''être là. John Perez commence le set en s''excusant de l''absence de Robert Lowe, et en annonçant qu''il va se charger d''une partie des vocaux, en plus des guests annoncés. Un mec de l''orga vient sur scène monter un présentoir et y poser un bloc de feuilles, sans doute les paroles des titres.

C''est en fait le chanteur de DANTESCO qui va chanter sur les deux premiers titres, il s''en sort plutôt bien, même si l''absence de Robert Lowe se fait immédiatement et cruellement ressentir, et que la classe du Puerto-Ricain (qui a entre-temps troqué sa soutane contre une veste à patchs du meilleur goût !) ne viendra pas pour autant remplacer le teint inimitable du frontman de SOLITUDE ÆTURNUS. On constate aussi les limites du bonhomme, qui se montre malheureusement incapable de tenir les parties vocales sur la longueur, car trop techniques, dommage.

John Perez, à la voix, à vrai dire, s''en sort carrément bien. On se dit presque qu''il aurait mieux fait de prendre l''initiative d''assurer la totalité des vocaux du set, pour éviter à SOLITUDE ÆTURNUS le naufrage de ce soir là. Car au bout de deux titres, on commence à en avoir pleins le cul du John Perez qui passe plus de temps à palabrer, raconter sa vie, et à faire de la démagogie avec le public qu''à jouer (« Ok, now, ''you wanna hear some fuckin'' DOOM METAL ? » « This is SOLITUDE ÆTURNUS at the Doom Shall Rise festival, we''re very glad to be here and we wanted to thank you people to come to see us... » ; ta gueule et joue !), y''en a marre aussi de leur bassiste qui se la raconte à mort et regarde le plafond derrière ses lunettes soleils ; faut supporter Edgar Rivera dans son marcel noir, qui tire une figure de quinze culs (déjà qu''il n''a pas particulièrement une bonne gueule à la base.).

Le pompon arrive lorsque c''est Tim Holz, chanteur du groupe de heavy doom épique allemand DOOMSHINE, qui vient prêter sa voix aux Américains. On se réjouit pourtant de voir monter sur scène ce type aux cheveux blonds/roux ultra longs (presque autant que Ross Dolan !) en se disant qui devrait pouvoir se débrouiller. Manque de bol, Tim Holz ne va faire que se ridiculiser, en se plantant totalement dans les lignes de chant, lançant les refrains et

les lignes de chant au mauvais moment, pour finir par ne même plus oser se lancer du tout, et rester simplement sur l''arrière de la scène pendant que SOLITUDE ÆTURNUS finissent leur morceau, sans trop savoir quoi foutre. pitoyable.

Gerrit de DAWN OF WINTER finit par se présenter sur scène à son tour, remontant légèrement le niveau, d''autant lorsque le groupe finit sur un titre de MANOWAR particulièrement heavy et doomy.

Le set aura cependant beau avoir été équilibré entre les albums (en plus d''offrir pas mal de morceaux inédits), les musiciens toujours impressionnants de dextérité et de charisme, il n''y avait décidément rien à faire pour sauver le show de SOLITUDE ÆTURNUS qui était juste à chier. Parodique, prétentieux, on avait juste l''impression - quand John Perez n''avait pas sa gueule ouverte - d''assister à un groupe de reprise de SOLITUDE ÆTURNUS, par des musiciens qui avaient l''air de se faire chier, et quelques chanteurs qui n''ont à vrai dire vraiment pas servi le groupe en chantant à la place de Robert Lowe. Le choix eût été porté sur ne choisir qu''un seul chanteur de remplacement sur toute la durée du concert, il ne fait nul doute que tout se serait bien mieux passé. En l''occurrence, SOLITUDE ÆTURNUS s''avère juste avoir été l''un des pires show du fest !



http://www.eternalsolitude.com/

http://www.eternalsolitude.com/pages/excerpts/black_castle.wma































VERSUS THE STILLBORN-MINDED



Il reste un groupe après SOLITUDE ÆTURNUS. Pas trop le temps de se demander qu''est-ce qui a poussé le choix de placer un groupe inconnu au bataillon après une tête d''affiche (ndla : enfin personnellement j''en avais entendu parler, mais pas forcément pour de bonnes raisons, ahah !), d''autant qu''il est déjà tard et que beaucoup sont tentés de se barrer, la journée de demain va être longue. À vrai dire, je crois que je n''ai pas particulièrement envie d''assister au set d''un groupe qui a du écouter deux albums d''ELECTRIC WIZARD et trois de CROWBAR, et le temps d''entendre ces petits allemands qui doivent avoir la vingtaine, en costumes de nerdeux, se branler devant leur amplis et faire du gros son, quelques riffs poussifs, et exécuter laborieusement deux trois leads qui ne dépassent pourtant pas les quatres notes, le tout dans un esprit doomsludge machin truc, ça m''excite pas vraiment. J''aperçois la setlist et y vois inscrit le nom de quatres morceaux, vu qu''ils sont sensés jouer 45min, on n''attendra sûrement même pas la fin du premier pour se barrer : à demain, désolé.



http://www.vts-m.de/
























Samstag/ Saturday



15:00 - 15:40 > DOOMRAISER (Italy)

15:55 - 16:35 > BEEHOOVER (Germany)

16:50 - 17:30 > HEAVY LORD (Netherlands)

17:45 - 18:30 > GLOW (Spain)

18:45 - 19:30 > BUNKUR (Netherlands)

20:00 - 20:50 > JACK FROST (Austria)

21:20 - 22:10 > AGAINST NATURE (USA)

22:30 - 23:45 > VENI DOMINE (Sweden)

00:00 - 01:15 > DEBRIS INC. (USA)



L''affiche de ce samedi paraît beaucoup plus éclectique, rien qu''entre GLOW et JACK FROST (on se demande aussi toujours ce que viennent foutre BUNKUR sur des festivals dans ce style, m''enfin, l''heure n''est pas à se poser ce genre de questions)







DOOMRAISER



La journée commence fort ! C''est en tout cas les premiers mots qui viennent à l''esprit en découvrant le set des italiens.

Alors c''est très simple, DOOMRAISER eux, ils jouent du doom de PORC. Du doom metal qui sue, qui est thrashy, qui pue la bière, la testostérone et le rock''n''roll. Énième chanteur ultra charismatique du festival, ce dernier a juste une classe totale avec ses trois rastas fines qui se battent en duel sur son crâne de cheveux vaguement frisés mal peignés, sa veste à patchs aux manches déchirées, et sa manie ignoble de se tenir aux baffles en headbangant, en alternant chant clair traditional assez original et beuglement thrasheux bovins. On pense à des groupes comme CENTURIONS GHOST ou THEE PLAGUE OF GENTLEMEN dans le style, c''est en tout cas au moins 10 fois aussi classe, old school sans l''être ; et pour un groupe qui n''a pour autant aucune autre ambition que de perpétuer la parole du doom des grands anciens sans aucunement chercher l''originalité, c''est sacrément surprenant. Bang or be Banged ! comme disait l''autre.



http://www.doomraiser.com/

http://www.doomraiser.com/download/music/the_man_that_ride.mp3



















BEEHOVER



Voilà sans doute LE groupe inconnu au bataillon du festival. On n''est pas plus renseigné sur la teneur de la musique du groupe lorsqu''on voit s''installer sur le côté de la scène un type avec une barbe rousse, un chapeau melon, une basse, et une dizaine de pédales de couleurs différentes. On se dit que ça va sans doute être du drone ou un machin psychédélique dans le style, pourquoi pas.

On est vite vidé de nos doutes quand un batteur vient s''installer, et que BEEHOVER entame leur set. Le bassiste joue assis sur sa chaise et assure le chant d''une voix claire chaleureuse et prenante. Tout ça n''est pas doom pour un rond, rien à voir ! Par contre, c''est foutrement sympathique ! Un set ultra atmosphérique, les deux musiciens distillent des ambiances un peu bluesy, un peu prog, un peu gothique, en tout cas toujours très éthérées. des attaques de basses sous saturation viennent casser les effluves maritimes qu''évoquent les riffs et viennent mettre une bonne dose de peps qui fait scotcher assez facilement à la musique du groupe.

Aussi incongru qu''agréable au milieu de toutes les autres formations ! Rien à ajouter.



http://www.beehoover.com/

http://www.beehoover.com/beehoover%20-%20pioneer.mp3







HEAVY LORD



C''est marrant, HEAVY LORD, à force de lire des bulletins myspace postés par eux 8 fois par jour à deux heures d''intervalle, de ne jamais avoir entendu leur nom ailleurs (par contre là-bas, je l''ai entendu hein !), je me suis dit par avance qu''on allait probablement avoir droit à un bon vieux groupe d''adolescents sans la moindre expérience de la scène, avec une dégaine à deux francs et charismatiques comme trois poux. Bingo ! Non, à vrai dire c''est encore pire ! Musicalement, on a là un cousin éloigné des sus-nommés VERSUS THE STILLBORN-MINDED, un album de EYEHATEGOD, trois albums de CROWBAR, et blam, un groupe de neosludgedoom à la con. À sa décharge, faut dire que leur chanteur, maigre comme un clou et livide comme une chaussette sale, avait tout de même une grosse voix, mais que sa façon de porter un t-shirt comme un cousin grunge descendant de Kurt Cobain, ses cheveux mi-longs témoins d''une puberté latente, la gueule du batteur avec ses piques décolorés et son collier de punk-surf, et les bassistes et gratteux qui se sous-accordent et tiennent leurs instrus au niveau des genoux, on regrette juste qu''il se soit mis à pleuvoir dehors, et on pleure d''être obligé de supporter ce truc le temps que ça dure. Grotesque.



http://www.heavylord.tk/

http://www.purevolume.com/heavylord







GLOW



Qui a dit que le stoner de vernaculaire hispanophone n''était pas le meilleur du monde ? Pensons à lui répondre qu''il doit avoir une drôle de notion du bon goût. Car GLOW c''est juste inattaquable. Non ce n''est pas original pour un rond, non ce n''est pas génial ni musicalement, ni scéniquement. C''est juste du bon gros stoner rock fait par des types qui ont la classe, avec un chanteur chevelu façon Garcia sous défonce, des accélérations qui tuent, et un soliste qui assure comme une bête (et qui pourrait

juste rendre le groupe génial s''il était un peu moins timide). De toute façon, un groupe dont le guitariste joue sur une flying v ET porte la moustache ne peut foncièrement pas être mauvais.



http://personales.jet.es/gutierrez/index.html











BUNKUR



À quoi s''attendre, finalement, avec BUNKUR. Leur musique a beau être d''un chiant sans nom sur disque, on est toujours en droit d''espérer, vu sa teneur, qu''elle soit un peu plus physique et intéressante en live, l''essai est toujours transformable.

En fait pas de doute, BUNKUR, c''est absolument aussi chiant et inutile sur scène que sur disque. Deux bassistes qui jouent de la basse comme si c''était un tambour (et encore), un batteur d''un ridicile à se les bouffer, en Ray ban, qui fait mine de s''écrouler sur sa batterie à chaque fois qu''il frappe tous les quarts d''heures. On a juste droit à un son absolument horrible qui fait vibrer toute la chapelle, joue avec notre santé auditive, et insulte nos trois neurones désignés d''office comme responsables du jugement de l''intérêt artistique des sensations proposées.

On se dit aussi que si ça se trouve, ils vont encore faire une reprise de BURZUM, comme ils le font à chaque concert depuis qu''ils existent ? Non quand même pas. Ah si. Ils ont même ramené un chanteur exprès pour. Qui a plus une dégaine de mannequin que de musicien d''ailleurs. En tout cas il était nettement plus excitant physiquement que musicalement.

En tout cas merci à BUNKUR pour avoir joué un titre qui ne sert à rien pendant 25 minutes, et une reprise d''un autre groupe, qui prouve que BUNKUR en live ne sert à rien non plus. Splendide !



http://www.somaworx.com/















JACK FROST



JACK FROST, on ne sait pas pourquoi, mais on a un gros a priori positif sur ces Autrichiens. On se dit probablement qu''après un truc aussi indigeste que le set de BUNKUR, un bon vieux groupe de goth rock, kitsch, mélodique et ténébreux à souhait devrait faire un bien fou. Peut-être aussi que lorsqu''un groupe arbore un nom aussi classe, on reste convaincu que le reste devrait suivre en toute logique.

Pourtant ça devient flippant, lorsqu''on assiste d''un peu plus loin au line check du groupe : le soundman semble avoir l''intention étrange de pousser basse et batterie encore plus fortes que pour le set de BUNKUR ! Ca fait mal aux oreilles avant même d''avoir commencé.

Et ça se confirme définitivement lorsqu''est lancé le premier titre après une interminable intro : JACK FROST aura un son encore plus bourrin et insupportable que celui de BUNKUR ! Drôle d''idée. C''est bien dommage, parce qu''on entend du coup strictement rien, à par des coups de grosse caisse, et un riff qui se fraye un chemin dans le brouhaha ambiant de temps à autre. C''est bien dommage aussi parce qu''on n''est pas déçu de voir qu''on avait raison de penser que JACK FROST ce serait forcément bien classe ; c''est effectivement bien classe ! Un chanteur aux cheveux longs, qui se trémousse timidement, efféminé dans sa petite chemise et son regard de lover à minettes, un gratteux qui effectue des tours à 360° sur lui-même en jouant des riffs mélodiques de bon goût, un deuxième gratteux qui porte une chemise squelette formidable. On regrette juste de saigner des oreilles au bout d''à peine deux titres et de devoir observer cette joyeuse bande faire du bruit sans trop savoir réellement à quoi s''en tenir sur leur set. Sans aucun doute le pire son du festival.

À noter néanmoins que les Allemands ont l''air particulièrement friands et fans de la musique de JACK FROST, puisque cela n''en finit plus d''applaudir et que le groupe se permet même de faire un rappel.



http://www.jackfrost.at/

http://www.jackfrost.at/media/one%20hundred%20percent%20pain%20full.mp3















AGAINST NATURE



Si vous vous êtes un jour intéressé de prêt ou de loin au doom trad, vous avez forcément du vous heurter au nom de REVELATION. Et bien pour le cas d''AGAINST NATURE, c''est simple, il s''agit de la toute première incarnation de REVELATION, qui après avoir sorti une branlée de disques revient aujourd''hui à nouveau en temps qu''AGAINST NATURE.

On peut dire que les Américains ont fait du chemin ! On se prend juste une belle baffe dans la gueule en voyant ces types débarquer en veste en velours brune, cheveux cours, rondouillets, chapeau de cow-boy débile, ou chaussons MISFITS, à les imaginer vingt ans auparavant en jeans et dégaines de thrasheurs. pour le charisme on repassera.

Ce qui est sûr, c''est que leur tact dans un balançage immédiat d''un progressif d''une dizaine de minutes en a calmé plus d''un, et que les passages plus lents s''avèrent juste beaucoup plus sombres et introspectifs sur scène que sur disque, plutôt bonne surprise.

Le doom d''AGAINST NATURE passe malheureusement plutôt mal l''épreuve de la scène, tant les progs s''avère bien trop redondants et impropres et créer des atmosphères stables, beaucoup trop fouilli par rapport à ce que proposait REVELATION, et si les ralentissements tirent leur épingle du jeu, John Brenner sort trop souvent le même genre de plans et enchaînements d''arpèges / chant, et on finit inévitablement par s''emmerder quelque peu, dommage.



http://www.againstnature.us/

http://www.againstnature.us/discography/2005-Appease/04-Bolt.mp3



















VENI DOMINE



Qu''est-ce qu''il reste d''intéressant ? DEBRIS INC., on ne sait pas exactement ce que cela va donner, et les seules informations que l''on a sur VENI DOMINE, c''est qu''il s''agit d''un groupe doom metal épique et progressif avec un clavier, hum. Wow ! La dégaine des mecs ne joue a priori pas vraiment en leur faveur non plus. Chevelures longues, touffues et bouclées, croix de Jésus truffées de diamants multicolores autour du cou. Pendant le line check on aperçoit un type qu''on soupçonne être le chanteur du groupe se balader sur scène dans une petite chemine en cuir à tirette, les cheveux bouclés délicatement noué par une queue de cheval serrée, un malingre trait de barbiche qui file du bas de sa bouche jusqu''à son menton. Ces types là ont assurément plus la touche d''une bande de fans de STRATOVARIUS que de metal de bon goût.

Coup de bol, il suffit d''entendre un premier morceau des Suédois pour être convaincu de la chose : VENI DOMINE, c''est juste fantastique ! VENI DOMINE jouent un doom metal chevaleresque et féerique ultra efficace, mid-tempos, atmosphères débiles au clavier. Le chanteur est ultra démonstratif vocalement parlant ; il se trémousse comme un feu-follet sur scène et parle de Jésus Christ et des choses importantes de la vie entre les morceaux, aidant en tout cela particulièrement à l''ambiance presque surréaliste que créée le groupe (ndla : pour l''anecdote, à ma droite, une Allemande de 35 ans aux cheveux longs et roux jusqu''aux fesses headbangue vigoureusement en balayant la tronche de tous les metalleux à trois mètres carrés aux alentours ; à ma gauche, un Allemand en blouson en cuir badgé et jeans déchirés aux genoux chante systématiquement de coeur avec le chanteur de VENI DOMINE, d''une voix presque toute aussi heavy ( !!)). Une guitare est fixée sur un piédestal en arrière-scène, dos au public, et le chanteur viendra même de temps à autre exécuter un solo sur cette guitare, éclairé par un spot de lumière divin ( !).

En tout cas, aucun doute, l''effet de surprise ajoutant encore une touche positive, VENI DOMINE restera le meilleur groupe et le meilleur souvenir du festival ! Génial !



http://www.venidomine.com/



















DEBRIS INC.



On pouvait se douter que DEBRIS INC. devait susciter l''impatience de quelques fans, mais à ce point. En fait, il suffit même à Dave Chandler de gagner la scène et de frotter timidement ses cordes de guitares pour sentir la tension monter dans la salle et voir tous les regards se

tourner vers lui. Il faut dire que le saint patron du doom à une dégaine encore plus impressionnante sur scène, en chair et en os. Bras entièrement tatoués, touffe de cheveux longs frisés poivre et sel, et moustache presque blanche, yeux vitreux, c''est presque une momie du rock''n''roll que semble applaudir plusieurs centaines de fans ici. Il est presque comique de constater qu''entre ce même Dave Chandler, et un Jimmy Bower obèse derrière sa batterie, c''est en fait le bien bavard et souriant Ron Holzner qui fera office de frontman véritable, tant Jimmy semble avoir besoin d''un effort considérable pour se lever de son tabouret de batteur (pour ce qui est de battre par contre ! .), et tant Dave Chandler semble sourd comme un pot et être complètement obsédé par ses branlages de guitare devant son ampli, quand il ne baragouine pas quelques frêles mots incompréhensibles au public !

Pour ainsi dire, DEBRIS INC. ne semblent pas avoir prévu de survivant ce soir là ! Ils enchaînent des titres fédérateurs punk-thrash simples et efficaces (il faut voir Ron et Dave s''en donner à coeur joie en hurlant simultanément dans leurs micros ), et titres doomisants interminables (''Pain'', qui prend une dimension complètement hallucinante en live, et s''est éternisé quasiment une vingtaine de minutes avec pas moins de deux reprises !), chacun des musiciens se donnant tour à tour la place à des improvisations nombreuses, Dave rallonge les titres joués d''une dizaine de minutes de fritouillages à la guitare quasi systématiquement. Le son est énorme ! Rond, chaud, une patate d''enfer, ça ne tardera aucunement à foutre définitivement un joyeux bordel dans le public, qui jusque là s''était tenu tout de même relativement sage, et je ne parle pas des moments où Dave s''amuse à descendre de la scène pour jouer juste devant le public.



















En fin de set, un rapide medley de Black Sabbath et surtout quelques reprises du Vitus suffiront à convaincre définitivement les derniers sceptiques, et ont appuyé DEBRIS INC. comme la tête d''affiche la plus convaincante et géniale qu''on pouvait espérer pour un fest de ce type (ne me reparlez pas de SOLITUDE ÆTURNUS !), et fixer un nouveau rendez-vous au même endroit l''année prochaine, terrible !



http://www.debrisinc.com/

http://www.debrisinc.com/mp3s/pain.mp3











http://www.doomshallrise.de/

DEBRIS INC.

BUNKUR

SOLITUDE ÆTURNUS

AHAB

GLOW

AGAINST NATURE

HEAVY LORD

DAWN OF WINTER

BEEHOOVER

Retour à la liste des live-reports

Chargement...