Live-report de HIGH ON FIRE + ES LA GUERILLA + Year Of No Light @ Le Batofar, Paris (F)

— marystonage, 2005-11-01 (886 lectures)

Cette journe avait commenc sous le signe de la colre, de la tristesse, de l''injustice et de l''impuissance, puisqu''un camarade bordelais m''avait appris de trop bon matin une trs inquitante nouvelle qui a instantanment suscit tout les sentiments cits plus haut. Ne pouvant pas me sortir cette affaire de la tte, je me dcide envoyer un petit message aux hros de cette histoire toute pourrie, sans vraiment attendre de retour. Mais je recevrais peu aprs une rponse d''un des destinataire : c''est pas trop la forme physique, mais le moral a l''air d''y tre, tant mieux, je suis vraiment rassure, et du coup, je suis mme de bonne humeur finalement (merci Mimich). Pour la peine, j''aurais mon t-shirt de turbojugend sur le dos ce soir.



P''tit Louis m''appelle alors que je suis dans le mtro, on va flyer un peu pour Dozer. J''le retrouve devant le Batofar o il attend avec ses amis depuis un moment, et vu comme les gens croisent notre chemin du quai vers le bateau au compte-goutte, c''est lui qui dispatchera tout (merci p''tit Louis), certains rclameront mme un flyer d''eux-mmes (?!), parmi eux, un chevelu entre 2 ges, qui a l''air d''tre au courant de tout ce que la majorit des slowendiens considre comme tant des bons concerts, et sans ordinateur ! Il dit m''avoir vu Clutch (qui remonte des mois), Church Of Misery et Acid King ! j''pensais pas marquer les gens ce point. En fait, il est intermittent du spectacle, et ne pourra pas venir Dozer le dimanche suivant puisqu''il travaillera sur. Disney Sur Glace au Znith.

Bon c''est pas tout a, mais il est temps de gagner la salle. A l''entre, il y a un gars avec un bombers, des gros cheveux et des lunettes casses, a a l''air de correspondre l''auto-portrait que Thierry (le camarade bordelais) m''avait fait, et c''est bien lui ! Le roadie de Year Of No Light, j''lui reproche gentiment de m''avoir endeuillie ds le matin avec ses mauvaises nouvelles, il s''en tape un peu ahahah on discute trs vite fait, croyant que le show va commencer, je l''abandonne pour ne plus le retrouver par la suite (ravie d''avoir fait ta connaissance).



Je me fais chier une dizaine de minutes comme en fait il ne se passe toujours rien, on parle un peu Rise Above avec p''tit Louis. Puis Es La Guerilla arrive et je ne reverrais plus p''tit Louis de la soire, mes derniers mots son attention auront t merde ils sont toujours en bermudas.





1 an plus tt, en ouverture d''Hermano, j''avais eu l''occasion de les voir et absolument rien ne m''avait plu dans leur prestation. Les choses ont fait que j''ai eu brivement l''occasion de rencontrer Rour (un des gratteux du groupe) par la suite, d''couter et chroniquer leur nouvel EP, et il se trouve que j''avais vraiment bien aim, j''tais donc particulirement curieuse de les revoir jouer ce soir. En plus a commence bien : un instrumental, ce qui signifie pas de voix ! Et ds les premires notes le ct Doom qui m''avait frapp sur le nouveau disque se confirme assez videmment. Puis ce titre prend fin et l''lment manquant du groupe, le chanteur, fait son apparition (il avait pas des cheveux l''anne dernire ?), et finalement, sa voix tant plus fondue dans le reste que sur CD, a passe bien je trouve. Au bout de 5 minutes, ils sont dj ultra chauds, rythme et densit doomesque, solo bien heavy metal de notre jeunesse qui continuent de me rappeler parfois Machine Head, mais les relents crowbariens que j''avais cru discerner sur ''El Dia De Los Muertos'' me semblent ce soir beaucoup plus apparents encore. Les guitaristes en particulier sont franchement pas sous-dous, le bassiste se dmne (comme les autres) mais on ne l''entend pas assez, la batterie prend frquemment des virages tribaux bien puissants, pour ce qui est de la musique, je suis pas due du tout, c''est vraiment la hauteur du dernier disque qu''ils joueront presque dans son intgralit (voire mme encore mieux comme la voix est plus efface en live).





Par contre, je dois dire qu'' ''esthtiquement'', mise part la boule zro du gueuleur, rien chang et leur faon de communiquer / bouger sur scne, c''est vraiment pas mon truc. Je trouve qu''ils en font trop, il y a quelque chose de spcial entre eux, a se voit tout de suite, l''esprit du clan sera toujours l, et toutes ces exagrations dans chaque mouvement (le mot est faible), chaque acte quel qu''il soit, ne jouent peut-tre pas toujours en leur faveur, pas pour les novices en tout cas. Ils ont un pass plus Hardcore, a aussi a se ressent, justement travers la voix, mais aussi dans le public : les fans de la premire heure sont toujours l, c''est bien, et c''est normal, mais voir des hardcoreux faire s''largir la piste de force pour faire l''hlicoptre, a m''tait plus arrive depuis mes 14 ans, un concert de Das Ich. et je dois dire que a me manquait pas du tout, d''autant plus que ces gars ont pas (l''excuse d''avoir) 15 ans et que a a pas l''air de les gner de casser des ctes sur leur passage, est-ce qu''ils se rendent compte que a peut contribuer pourrir le set d''autres ? De toutes faons ils doivent s''en foutre. C''tait plus marrant Mayence en 1996. Si je fais abstraction de a, cette partie du show a peut-tre t ma meilleure surprise.



C''est au tour de Year Of No Light, je pensais qu''ils joueraient en tout premier, cet ordre aurait t plus judicieux en tout cas, nan ? Ca doit tre un peu intimidant de jouer en terrain inconnu, surtout aprs la prestation d''Es La Guerilla qui ont vraiment bien envoy. Les voir passer derrire, c''est clair que a fait contraste : puisqu'' un quintet de brutes suit un quintet compos de membres l''aspect beaucoup plus ''dlicat''.





Le chanteur a mme comme un look de Strokes. Pour ce bout-ci, j''avoue avoir t un petit peu due comme j''avais bien aim leur demo et qu''ils semblent perdre vraiment beaucoup en finesse quand on passe au live. Ces musiciens-l sont plus sobres, c''est vraiment pas un mal, ils bougent plus naturellement au gr de l''intensit de leur musique, sans en faire de trop, part peut-tre cette pseudo (?) crise de folie du chanteur ds le tout premier morceau durant lequel j''ai t 2 doigts de me faire empaler sur le support de son clavier (nan merci, un fracassage hlicoptrien m''a suffit). En fait, on a un peu l''impression qu''ils se concentrent travailler surtout les intros, et une fois dans le coeur du morceau, il ne se passe plus grand chose.





Ca m''a fait l''effet d''un ocan qui ne fait jamais de vagues, mais se densifie juste de clavier et autre effets, malgr de bons riffs, une chelle trop symbolique, et d''excellentes lignes de basse, sans vraiment faire de mouvements au final, j''ai trouv a dommage connaissant leur demo. Il semblerait que a ne les empche absolument pas de plaire au public et c''est tout ce qui compte.



Aux suivants ! Comme par hasard, oise-fran surgit cet instant. elle est l depuis 17h00 (mais t''inquites franoise on allait pas t''piquer ta place au premier rang !! alala ces groupies). Elle semble galement avoir prfr Es La Guerilla malgr certains points pr-cits sur lesquels on a l''air d''tre d''accord. Les soeurs Versus ne sont pas loin non plus. Et Naga apparat aussi, son sempiternel sac greff au dos, et emmitoufl sous 15 paisseurs alors qu''il doit bien faire 30°C ! (au fait, Moiz'' te passe le bonjour)

Et bien sr High On Fire. L aussi, petite dception. J''aime bien tre place devant quand je peux, mais en fait, je suis pas tout fait sre que a soit si merveilleux. Tout d''abord parce que, au moment o je vous parle, je suis sourde, ensuite parce que, exceptes les rgulires phrases entre-titres destines au public, je n''ai pas discern un tratre mot manant de la bouche pleine de dents pourries de Matt Pike, en fait, mise part la saturation : je n''ai pas discern grand chose tout court.





Mais, de ce que j''ai pu lire ailleurs, ce n''est peut-tre pas tout fait anormal, cette saturation massive et prdominante est voulue. Pour a, j''annonce que je prfre High On Fire sur disque. Au moins, a entretient trash et intensit sans problmes, mais sans beaucoup de subtilits non plus (mais c''est donc apparemment voulu). Heureusement que Matt Pike annonce les morceaux (maintenant on va jouer Nemesis, un titre ddi ce putain de trouduc de Bush) sinon j''aurais pas reconnu grand chose.





D''ailleurs, cet aspect carr l du groupe m''a tonn, qu''ils prennent tant la peine de remercier 1000 fois le public, qu''ils annoncent les morceaux, qu''ils modrent leur sauvagerie, qu''ils gardent un certain contrle sur eux-mmes finalement alors que je les croyais fous furieux, du moins Pike. Surtout qu'' ct de a, l''vacuation de mollards va bon train, les bires qu''il s''enfile se transforment

en torrents de sueur qui coulent allgrement de dessous ses bras pour goutter de ses coudes jusqu''au sol qui doit tre parsem de flaques : il est compltement dtremp, il pleut au premier rang chaque fois qu''il headbang...





Faut dire qu''une fois la tche, Satan l''habite, il se meut sans retenu, il a pourtant besoin de peu d''espace puisque sa trajectoire est juste une ligne de 3 mtres depuis ses amps jusqu''au micro, qu''il parcours sans cesse d''avant en arrire en avant en arrire. Je regrette que tout ne soit qu''une masse de saturation d''o se dtachent avec peine quelques riffs quand ils sont assez aigus, des notes par -coups, les grosses lignes de basse pourtant ingalables de Joe Preston, et des coups de butoirs qu''on voit presque plus qu''on ne les entend.





Je crois que le set a dur relativement longtemps, nanmoins, ds que a a t fini, j''ai trac, seulement retenue sur mon chemin par ce Rising Dust de David (dsole je voulais avoir mon train !).



Et je l''ai eut ! mme s''il y a 2km pied se taper une fois arrive, au moins j''aurais quand mme mon pieu la clef histoire de rver que j''ai entendu High On Fire comme j''aurais voulu les entendre.

HIGH ON FIRE

ES LA GUERILLA

YEAR OF NO LIGHT

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