Live-report de ACID KING + SUPERTIMOR @ Le Batofar, Paris (F)

— intheseblackdays, 2005-10-20 (613 lectures)

Ce show m''excitait tellement que j''tais fbrile malgr mon humeur maussade des derniers jours. Ce n''est pas rien de se taper deux de ses cinq groupes ftiches en l''espace d''un mois et demi. A y rflchir, c''est mme du bonheur en barre, en l''occurrence ici celles de la sono qui sont montes au maximum sans la moindre chance d''en redescendre. Tellement excit que la bande forme par Naga, Cyb'', Toine et moi est descendue dans la salle bien avant l''heure d''ouverture en vainqueurs, allchs par le bruit du soundcheck de SuperTimor. Le temps de rejoindre Mary, accoude au bar en pleine contemplation de ses protgs, s''tonnant de notre prsence avance, on se fera d''ailleurs expulser manu militari la surface durant les ¾ d''heure restant. A l''heure dite, petit passage en caisse pour frimer en donnant notre nom sur la liste d''invits (a impressionne toujours.) et nous voil prts passer ce que j''esprais tre l''une sinon la meilleure de mes soire musicales. Lori et le trio marseillais avaient fort faire, en comptition avec le duo Obiat/Electric Wizard du 5 septembre dernier, un challenge difficile mais ils s''en sont tirs avec plus que les honneurs.



Arrive salue quasi unanimement des trois sludgeux de SuperTimor, la promo des derniers mois, intensifie ces derniers jours, n''a pas t inefficace. Ils ne tardent pas montrer de quel bois ils se chauffent et si peu de titres de la dmo ont t jous ce soir (elle commence dater), l''nergie et l''enthousiasme dont ils font preuve suffisent me faire entrer de plein pied dans leur univers criard et hardcore o la force brute s''adjoint un humour qu''il est difficile de comprendre dans les vocifrations de SAS de Belzmouk, parfois paules par celles de Guignol.





Mais l''annonce des titres suffisent dresser des sourires plus ravis qu''outrs (l''anthologique Pnis d''ouverture (hommage la personne du mme nom ?)). Ils martyrisent avec entrain leurs instruments, prenant un malin plaisir les faire hurler et nous entendre leurs plaintes.





Vinnie semble dchan et sa frappe sera pour moi l''lment le plus marquant du set. Je ne suis pas expert en la matire, mais a rassure de savoir que Joey fera la mme remarque Mary.





Les titres s''enchanent pour la joie de tous, blagues, hurlements leur faisant cho et Naga sera mme invit par Vinnie slammer, port par la foule, maigre en comparaison avec le show d''EW, mais solidaire. Aprs huit morceaux, dont le dj classique L''Eau De Jos que tous les avertis reconnatront des les premiers accords, le groupe se verra rclamer un rappel imprvu qui les enchantera autant qu''il les intimidera. Ils avaient dj teint les amplis et le nouvel album de Dozer passait dj dans la sono. Hues du public en direction du soundman, on appuie sur stop, on r-enfile sa sangle et Sur Le Chemin Des Goudes achvera ce premier set des marseillais en territoire ennemi, permettant de conclure que si tout cela manque encore d''un peu de folie (on ne s''improvise pas bte de scne en trois ou quatre concerts), les Timor ont le potentiel pour aller loin. C''est vraiment tout le mal que je leur souhaite.



Les lumire se rallument, il est 21h et des poussires. J''en profite pour accueillir Moisi arriv la bourre durant la premire partie. Putaing con ! Qu''est ce que tu foutais ?! Dcidment, il n''y pas que l''entrain de SuperTimor qui est contagieux. Je vois deux, trois autres ttes connues dont le sympa Neutrino qui s''est personnellement charg de faire de la pub pour ST & AK sur VS et je retourne me visser la scne, appareil photo numrique en main dans l''espoir d''avoir un bon angle de vue et de ne pas autant foirer mes photos qu'' EW.



Enfin, Acid King monte sans un bruit sur scne. C''est Rafa qui ouvre le bal en frappant les cordes de sa basse de ses doigts qui vont se rvler agiles, voire quasiment indpendant du reste de son corps, durant l''heure qui va suivre.





Et ds les premires notes, le large sourire de satisfaction que j''arborais va s''largir au-del du possible, puisque j''ai immdiatement reconnu mon morceau prfr, l''instrumental Busse Woods. Oppressant et touffant, jamais stoner n''aura t aussi plomb. La Les Paul de Lori enfle malgr le backline de secours qu''on leur a fourni et qu''elle a pein rgler. Joey que j''ai du mal distinguer dans la pnombre tape comme un malade avec un groove de folie. A peine les derniers accords enfils, le trio ne s''accorde aucune pause et enchane avec 2 Wheel Nation, me permettant enfin d''entendre l''hypnotique voix de Lori.





J''tais effray de ne point l''entendre comme ce fut le cas EW, puisque l''organe vocal de la bikeuse est bel et bien l''un des lments essentiels de sa musique. Incroyable, elle est limpide et passe nettement au-dessus du flot de dcibels instrumental ! Ma tte se secoue en dpit de ma volont, c''est plus fort que moi, je connais par coeur chaque morceau, chaque rythme, chaque coup de boutoir. Ma volont s''envole en mme temps que se suivent les morceaux, Bad Vision, Electric Machine, Carry an Heavy Load, Teen Dusthead. Le fait de jouer dans une cale de bateau permet au son de se rpercuter et nous enveloppe d''un monde sonore hypnotique, je ne peux que cder aux hymnes envotants de l''amazone.





Lori est ravie d''tre l et son relatif statisme, applique ressortir ses riffs impriaux si particuliers et placer sa voix bien plus puissante que sur album, est compens par le jeu de scne du (trs) mouvant Rafa qui assure comme une bte et fait sans doute un remplaant de choix au jusqu''alors regrett Guy Pinhas. Aprs un fantastique War of the Mind que je guettais avec impatience, ses deux acolytes ne lui laisseront pas le temps de quitter la salle pour le rappel, avec un fabuleux Free qui laissera plusieurs l''impression d''un beau plantage tant sa fin est inopine (confirme dans le journal de bord). Enfin le set s''achve comme III avec Sunshine and Sorrow par le jeu dbrid de Joey, bien plus sympa et souriant qu''en photo.





Le groupe quitte dfinitivement la scne, pas moi. Je reste perdu dans mes penses, subjugu par un show que j''apprhendais et qui franchement a dpass mes esprances. Le temps de raconter quelques blagues idiotes que moi seul comprend, me revoil chez mon hte, dj prt me lover dans les souvenirs de cette soire, toujours amoureux, sinon plus.'

ACID KING

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