Live-report de BRANT BJORK + Loading Data @ Le Batofar, Paris (F)

— marystonage, 2005-07-04 (578 lectures)

J''tais vraiment pas motive ce matin. En fait, s''il avait continu de pleuvoir, a m''aurait servi de mauvaise excuse pour rester clotre chez moi et louper ce concert de Brant et les Bros. et par la mme minimiser les risques de rminiscences de mes checs passs. Mais il s''est arrt de pleuvoir, et j''ai pas trouv d''excuses pour pas y aller. Et puis de toutes faons j''avais des trucs remettre 2 potes : a aurait pas t cool de pas me trouver l au moins pour a.

En plus, je suis mme pas arrive en retard, je voulais voir ce que donnait Loading Data en live puisque j''tais pas totalement trangre leur opening pour ce concert.



Bon, mme si je reconnais que les shows maritimes c''est finalement pas si mal - en fait j''aime plutt bien finalement – bah y a rien faire, j''ai vraiment du mal m''y retrouver sur les quais de Bercy. Je finis quand mme par trouver le Batofar, j''appelle p''tit Louis histoire de voir s''il est arriv, et oui il est l, je lui remets ses biens, on fait la queue l''entre. Tiens, Mike, le Bro batteur, sort du bateau : nostalgie. Hey il revient sur ses pas, wow il me reconnat et me dit bonjour, ah merde il me prend carrment dans ses bras ! Oh putain, j''arrive pas le croire, comme a me fait plaisir, bon je dois lui remmorer mon nom mais pas la peine de se vexer pour autant il peut pas se rappeler de l''identit de chacun de ses promoters. J''suis toute chose, voil le genre de truc qui fait oublier une ruine pcuniaire : un tout petit peu de reconnaissance nom de dieu. J''en ai eu beaucoup plus que prvu ce soir l, et c''est pas dure parce que j''en attendais pas du tout. Toujours sous le coup de l''motion, je descends la passerelle qui mne aux portes du Batofar et me panne la gueule magistralement en arrivant son extrmit, attention : je ne parle malheureusement pas d''un petit trbuchage camouflable, non, je parle d''un quasi talage complet avec cri de dtresse touff et accrochage au jean de p''tit Louis pour essayer d''amortir le choc, j''ai honte trs trs trs fort, vite je donne mon ticket pour aller me cacher dans la pnombre de la salle. ouf. Je tombe illico sur JL, je lui rembourse son shit, un peu trop largement donc il m''en rend la moiti en fendant le bout avec ses dents, d''un geste spontan (et pour cause). Je retrouve p''tit Louis et shinkibo, l''un des chefs de desert-rock.com, un fidle groupi de Brant et les Bros. Petit dtour au bar pour me payer une bire, croisage d''Orange Elephant (user de d-r.com) sur mon chemin, en me retournant vers la scne, je tombe sur un journaliste qui avait interview Yawning Man le mois dernier et qui vient juste d''interviewer Brant, ce Monsieur est d''une gentillesse incroyable (le journaliste hein, quoi que Brant n''est pas mal non plus remarque.), les gens des mdias ne sont pas toujours les vautours qu''on croit, en tout cas ceux que j''ai eu l''occasion de rencontrer plusieurs reprises suent l''humanit.



Loading Data fait son entre, j''avais dis que c''tait un peu fade sur CD ? je maintiens. et a l''est aussi en live. Loading Data font du lourd et lent, mais pas dans le meilleur sens des termes, non c pas du doom. C''est plat, c''est sans surprises, c''est plein de samples de Queens Of The Stone Age, c''est pas mauvais, c''est juste pas original. Et pourquoi se fatiguer parler en anglais quand on est franais et qu''on joue devant une salle pleine de franais ? je ne prfre pas chercher la rponse. Peut srement mieux faire, dommage. Le set local termin, les lieux se trouvent purs de pas mal de ''tasses et posers. classique.



Brant et les Bros commencent installer leur matos, je suis tout devant, toujours avec mes camarades, Brant m''accorde un p''tit salut souriant : quelle belle soire. Moi qui tait, la journe mme, dans une phase de j''me-sen-nul-isme aiguë, l''ide de ce concert aidant. bah tout coup, j''me sens toujours nulle, mais pour d''autres raisons : j''ai os douter de leur sincrit, alors que notre aventure 2004 pullulait pourtant de preuves du contraire. pardon.

Tout le monde son poste, a va commencer. Dylan, comme son habitude, se fait tout petit, dos au public, face son ampli (non non c''est pas pour feedbacker), vtu d''une veste en jean sous laquelle il doit crever de chaud, lunettes de soleil pour couronner le tout, trs utile dans cette ambiance si dnue de lumire. Ce gars a l''air d''tre dcidment trs intimid par le public, au fil du concert il se rvlera un peu en se tournant lgrement vers nous, toujours tte baisse, on dirait un automate, il est littralement soud sa basse, je me demande s''il ne porte pas ses lunettes de soleil pour qu''on ne le voit pas dormir. il a un jeu ultra groovy, se demander comment un jeu esthtiquement si mcanique peut gnrer des sons aussi ronds et caressants. ce bassiste est dou, mais sa discrtion ne doit pas rendre son talent apparent tout le monde, c''est regrettable.







Cortez, le back guitariste, est en seconde position niveau apathie, la diffrence que lui est l''aise et que son jeu nglig a juste pour effet de nous faire savoir qu''il lui est aussi facile de jouer que de parler et que mme parler est inutile puisqu''un simple regard changer avec Brant suffit clarifier toute chose.







Mike et Brant sont le piment de ce quatuor dj pas fadasse. Qui a eu l''occasion de voir Mike jouer sait qu''il est bon. Pas excessivement excit (bien que ces bouclettes blondes donnent proprement du ressors chacun de ses mouvements), mais juste fond dedans, avec une gniale tendance virer au jazzy et ne surtout pas tomber dans le battage de mesure mtronomique.







Passons Brant. aaah Brant. cet homme est particulirement merveilleux. en voil un musicien qui n''est pas sans surprises. ce mec prend son pied jouer, c''est TELLEMENT vident, 1 ou 2 dtails prts : il jouit. Il s''auto-caricature par des grimaces de souffrance ou d''extase infinie, un sourire jusqu''aux oreilles coll la tronche la plupart du temps, de francs marrages frquents galement. je crois que j''ai compris pourquoi ce p''tit BB est tout sec : je pense que c''est le genre de musicien qui est capable de tout laisser en plan, n''importe o et n''importe quand, quand une mlodie lui vient soudain en tte et qu''il peut pas attendre de la concrtiser et de l''arranger, il est juste passionn, sa musique doit passer avant la plupart des choses qui paraissent essentielles au commun des mortels. Une autre chose laquelle il tient particulirement, c''est sa patrie : ses chansons, elles relatent son quotidien, chiant ou pas, heureux ou pas, il s''en fout, il aime sa ville et ses potes et ils les racontent tout naturellement. Bizarrement (attention, ce que je m''apprte dire l ne va pas plaire tout le monde), sa gestuelle sur scne, la faon qu''il a de s''adresser au public en pointant du doigt dans le vide, comme s''il donnait une leon, ou mme sa diction quasi parle parfois, me fait penser un certain tat d''esprit que peut avoir le rap, le ct ''jsuisolidair&reconnaissant-mesfrres&monpays-vousdevriezenfairautant''. J''ai dit que Brant prenait son pied ? il se dandine, il danse mme, il oublie qu''il est sur scne, il est dans son salon avec ses copains, c''est pour a qu''on s''ennuie pas. Un titre dmarre, ils se perdent en jam pendant un quart d''heure, et tout coup ils reprennent le cours normal quand tout le monde avait perdu le fil original, hypnotis par ce petit bout de rve musical. Brant a un jeu de guitare l''ancienne, trs 60''s, pas trs riff, plutt saccad, il est gagn de soubresauts la moindre intonation un peu brusque, et toujours ses grimaces hyperbolisantes.







Oui, c''est bien Mister Cool, son surnom est le plus simple du monde et il lui va parfaitement, ce gars est authentique, c''en est presque affolant, c''est pas normal d''tre aussi gentil et souriant et d''avoir l''air aussi heureux. mais c''est communicatif : MERCI. Mais comme c''est pas non plus super man, les 4 font un petit break de 5 minutes pour aller reprendre des forces. Et ils ne mentent mme pas : ils expdient une petite pause et reviennent, ponctuels, leur place pour reprendre leur besogne, qui n''en est mme pas une. Les nouveaux morceaux jous lors de ces 2 heures, se distinguent assez facilement des rds, ils sont plus structurs et contiennent de plus grosses tranches de riffs, mais avec le temps, ma main couper qu''ils finiront par se dissoudre en jams sans fin et se lazifier au mme titre que tout les autres. Marrant : la dernire chanson joue sera ''I Miss My Chick'' transforme vers la fin en ''Sunshine Of Your Love'' de Cream (mutation ''habituelle'' BBB), avec une sacre squence d''impro des plus surprenante durant laquelle on aura droit larsens et feedbacks gogo, je crois qu''on peut le dire : hier soir nous avons vu Brant Bjork faire du drone un court instant, manipulant sa guitare dans tout les sens

devant ses amplis, la brutalisant pour lui faire avouer qu''une Fender n''est pas plus mal qu''une Gibson quand on sait s''en servir. Il vient se poser devant moi, s''accroupi, et me demande tout coup de contribuer faire sonner sa guitare - euh non non sans faons tout le monde va m''entendre j''veux pas - il insiste - non non je t''assure - il insiste - bon d''accord : je gratouille les cordes vite fait - quoi c''est tout ? - Ok mais c''est la dernire fois laisses moi tranquille. - voil. j''me sens ridicule, enfin tout a est pass inaperu, mais quand mme, moi je le sais. Tiens, la lgendaire Denise (bookeuse (entre autre) de Duna Records) ne les accompagne pas sur cette tourne, son remplaant viendra faire un bref petit featuring lors du mini-set post-break, encore un truc inattendu.

Cette fois c''est tout. Fini, pas besoin de demander de rappel aprs 2 heures d''un tel spectacle. J''offre le p''tit bout de hash que j''ai dans mon sac Brant avant qu''il ne quitte la scne, je crois savoir qu''il en est friand.



Pas d''aventure extraordinaire ce coup-ci, shinkibo et son adorable fiance, tout droit venus du Nord me conduiront jusqu'' l''ore de ma ville qui est plus ou moins sur leur route de retour. Je leur demande de m''abandonner sur la N16 dserte pour pas leur compliquer encore plus la vie.

Ah si tiens, un p''tit truc, une voiture pleine de racailles m''aborde alors que je remonte vers chez moi on te dpose machin tout a, les tirades lourdingues habituelles, et l''un d''eux qui me sort tu viens d''t''envoyer ton mec toi, a s''voit, j''me gausse grassement, il m''est sympathique tout coup. J''devais juste avoir l''air heureuse alors, ou / et fatigue, c''est bon signe. Merci Brant et les Bros.

BRANT BJORK

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