Interview de DUSTER 69

— marystonage, le 14 avril 2005 (663 lectures)

Sur vos 2 premiers albums, Matthias, votre bassiste, était également au chant. Sur «Ride The Silver Horses», même depuis le split vs The Awesome Machine en fait, il y a un nouveau chanteur : Lucki. Pourquoi ce changement ?

Peter: A l''origine, avoir Matthias à la basse ET au chant était sensé être une solution à court terme. Mais le temps a passé et finalement on était tous plutôt satisfait de ses capacités de chanteur. Mais, un peu par hasard, Matthias s''est souvenu d''un vieux pote qui était également chanteur dans un autre de ses projets. Le pote en question était donc Lucki, et Matthias n''arrêtait pas de venter ses mérites, on a fini par l''auditionner, et voilà : on a un nouveau chanteur. On a pas vraiment chercher à en changer donc.

Depuis son arrivée, Lucki a l''air d''avoir eu son petit impact sur Duster69, par exemple il a écrit tout les textes du dernier album, il en a même choisi le titre, et sa voix plutôt agressive donne un côté sludge assez inattendu au groupe. Est-ce que vous vous attendiez à de telles «conséquences» ? Tout ça est-il survenu naturellement ? Ca vous convient au final ?

Peter: Oui, on est content de Lucki, sa manière de chanter et tout le reste, le plus important après tout c''est que ce gars est génial. On ne s''attendait pas a des changements ou conséquences en particulier, c''est juste arrivé comme ça, tout comme cette touche de sludge qui trouve finalement bien sa place chez Duster69. Rien n''était prévu, comme tu l''as dit, ça s''est fait naturellement. Concernant les textes, ce n''est pas très important pour le reste du groupe, Lucki peut chanter ce qu''il veut du moment que c''est avec notre consentement, mais il a un faible pour les chansons d''amour ! (rires)

Même si votre dernier album sonne plus «métal», j''ai parfois l''impression qu''il y a une sorte d''atmosphère «pop-rock» sur certains morceaux. Par exemple, le titre «Rollecoaster» me fait un peu penser à du My Vitriol. Est-ce que je suis folle ? Est-ce que c''est un autre «Lucki effect» ou est-ce que se sont vos influences qui étaient différentes pour ce disque ?

Peter: Oui, tu as totalement raison ! Et, oui, on dirait bien que c''est un autre «Lucki effect». Il a eu une enfance difficile tu sais (rires). Mais nos influences n''ont pas spécialement changées pour cet album ; vu ce qu''on écoute en privé, on ne peut pas dire que l''ambiance dont tu parles ait été inspirée par ce qui tourne sur MTV par exemple. c''est juste là, et c''est vraiment ok comme ça.

Bon, en définitif : c''est votre nouveau leader ou quoi ?!

Peter: (rires) il est bien trop feignant pour ça !

Vous avez enregistrez «Ride The Silver Horses» au Freakstone Studio (Allemagne), mais vous l''avez masterisé au West West Side Music Studio (U.S.A.) Pourquoi ne pas avoir tout fait au même endroit ?

Peter: On a essayé de donner à cet album une touche plus «internationale», et West West Side a été notre premier choix. On a été très heureux quand ils nous ont appris qu''ils acceptaient de masteriser l''album. Je pense qu''une personne qui n''est pas impliquée dans la totalité de l''enregistrement et le processus de mixage a un point de vue différent sur la façon dont sonne un disque, et a une oreille «vierge» apte à obtenir le meilleur résultat possible, et donc je ne pense pas que ça soit forcément une bonne idée de tout faire au même endroit avec les mêmes personnes.

Tu penses que les américains ont un talent particulier en ce qui concerne la masterisation ? Est-ce que Duster69 envisage de renouveler l''expérience, chez West West ou ailleurs ?

Peter: Je ne sais pas si on peut parler d''un talent particulier des américains pour ce genre de travaux, mais je suis convaincu qu''ils disposent des meilleurs studios, aussi bien pour l''enregistrement que pour la masterisation. On pense peut-être masteriser notre prochain album en Suède. En tout les cas, nous voulons faire la masterisation en dehors de l''Allemagne, c''est une certitude pour nous !

Quand Kyuss est mort, les allemands ont été parmi les premiers à reprendre le flambeau dans les 90''s, je pense bien sûre à Colour Haze, mais aussi à Liquid Visions ou Bijola. La scène stoner allemande est assez impressionnante (Calamus, Good Witch Of The South, Hainloose, Rotor, The Great Escape, Ugh!.). Tu saurais expliquer les raisons de cet intérêt croissant pour le stoner rock en Allemagne ?

Jochen: Je pense que ça se passe pareil dans les autres pays, Italie, Suède, Danemark, Hollande, France : pas seulement en Allemagne. Daredevil Records et Duster 69 ont été parmi les premiers. Mais depuis quelques temps, beaucoup (trop) d''autres, essayent d''entrer dans ce courant... ce qui n''est pas très bon pour cette scène à mon avis.

Jochen, en plus d''être le guitariste de Duster69, tu es aussi le boss de Daredevil Records. A l''origine, je crois que tu as créé ton propre label pour réaliser le premier album de Duster69. Pourquoi ne pas l''avoir auto-produit, ou cherché un label, au lieu de carrément créer Daredevil ?

Jochen: Daredevil Records a été créé en 1997 pour aider les groupes que nous aimons, pas seulement pour Duster 69 ! A cette époque, des groupes comme The Awesome Machine, Mustasch, WE étaient inconnus, ils avaient juste quelques démos sous le bras, ce sont de tels groupes que nous voulions aider. Ralf, de Daredevil Magazine, et moi avons réalisé le 1° volume de la compilation «Burn The Street», alors en format 7'''', et tout ces groupes y figuraient. Et après le succès du 1° volume, nous avons décidé de réaliser un deuxième 7'''' avec nos 2 groupes : Calamus (le groupe de Ralf) et Duster69. Duster69 n''a jamais cherché à se faire signer ailleurs. On est bien chez Daredevil Records. Nous avons bien eu quelques offres pour le dernier album, mais trop d''obligations en découlent. Donc : nous sommes nos propres chefs !

Tu as l''air de te soucier pas mal des «newcomers», notamment via les compilations «Burn The Street» justement, le volume 5 sort d''ailleurs bientôt alors que le 4 est disponible depuis seulement quelques jours ! Les derniers volumes ont été fait en collaboration avec MeteorCity Records et Hellride Music webzine, tout deux américains. Comment a commencé cette collaboration et quel est son but ? Est-ce qu''il y aura une suite ?

Jochen: Le volume 5 sera le dernier de la série. On ne pensait pas faire de volumes 4 ou 5, mais bon, puisque des groupes comme Entombed et Mastodon le demandaient : on ne pouvait pas refuser ! L''accueil de ces compilations a été incroyable, MeteorCity et Hellride aident à propager le mot un peu plus encore ! Le but est tout simplement d''atteindre le plus de monde possible.

Dans ce volume 5 justement, il y a un nouveau collaborateur : le label français Long FellowDeeds, pourtant aucun groupe du label ne figure sur la compil''. Quel est l''intérêt d''un tel partenariat ?

Jochen: C''est juste une histoire de promotion. Long FellowDeeds est un très bon label et nous sommes en contact avec eux depuis des années. J''ai fait apparaître leur logo simplement pour leur faire un peu de pub, c''est tout. Aucun deal important là-dedans.

En guise de piste 20, il y a un groupe français (!), Highlight, qui n''a ni label, ni sortie officielle. Comment as-tu découvert ce groupe ?

Jochen: J''ai 2 démos d''Highlight et j''aime ce qu''ils font. Je reçois constamment des tas de démos, mais j''ai un faible pour ce groupe. Je trouve qu''ils sont doués, et comme le but des compils Burn The Street est de donner un coup de pouce à des groupes inconnus, ils y avaient leur place : ils sont prêts à conquérir le monde !

J''ai constaté qu''il n''y avait strictement rien à télécharger aussi bien sur le site de Daredevil que sur celui de Duster69. Tu ne penses pas que le téléchargement gratuit de quelques morceaux est un bon moyen de toucher plus de monde ?

Jochen: C''est vrai, et c''est dommage. Aucun de nous ne sait comment mettre de la musique en ligne, j''espère amener quelques changements à ça dans les mois à venir. Le téléchargement gratuit est un bon moyen pour les groupes d''atteindre un plus grand public. Ok, il n''y a pas de section de téléchargement sur le site de Daredevil, mais certains de nos groupes en ont sur leur propres sites : donc fouilles dans la section «links» !

Ton label et ton groupe ont maintenant 6 ans, et tout les deux marchent plutôt bien. Est-ce que tu t''attendais à un tel «succès» ?

Jochen: Non, jamais de la vie. La fonction première du label était d''aider les groupes qui nous tenaient à coeur. Mais qu''il y ait eu tant de retours positifs et qu''il y ait tant de groupes signés chez nous est incroyable. Cette année encore, beaucoup de très bons groupes vont venir s''ajouter à notre catalogue ! Le nouveau Magnified Eye, Stonewall Noise Conspiracy (ex-membres de Demoncleaner) et les heavy américains de Sunnshine. Duster69 reste «seulement» un hobby, un moyen de passer du temps avec mes meilleurs amis. Pour le plaisir : rien de plus.

Même si extérieurement ça a l''air plutôt cool comme boulot(s), j''imagine qu''il y a des aspects moins réjouissants... Est-ce que tu as déjà eu envie de tout laisser tomber ?

Jochen: Jamais ! A aucun moment ! Chacun de nous a maintenant une famille et a un travail qui lui plait. Et gagner nos vies grâce au groupe ou/et au label serait possible, mais ça ne serait pas suffisant.

Duster69 a toujours beaucoup tourné en Allemagne et dans quelques autres pays européens, mais jamais aux U.S.A. Est-ce qu''une tournée européenne ou/et américaine est prévue prochainement ? Est-ce qu''il y a un groupe en particulier avec lequel vous aimeriez tourner ?

Peter: Nous avons prochainement quelques concerts de prévus avec nos potes de Hell''n''Diesel, ainsi que des prestations à quelques festivals cet été, mais ce n''est pas ce qu''on pourrait appeler une tournée. Nous avons eu une proposition pour une mini-tournée en Italie, mais nous n''avons encore rien décidé à ce sujet. Rien de prévu non plus pour une tournée américaine pour le moment, ça serait assez difficile à concilier avec nos familles, jobs et compagnie. Ca serait dommage de ne pouvoir consacrer qu''une semaine à un tel projet. Sinon, il n''y a pas de groupe en particulier avec lequel nous aimerions jouer. Le plus important est que les groupes en question soient des gens intéressants, avec qui on passe des bons moments tout en se respectant les uns les autres. Jusqu''à maintenant nous n''avons fait que de bonnes expériences et sommes devenus potes avec tout les groupes qui ont tourné avec nous et vice versa.

A quoi ressemble un concert de Duster69 ?

Peter: Bruyant comme pas deux (surtout la basse), moite, brut et puissant. Et tout ça en 45 minutes, sinon il y aurait un regrettable déclin d''énergie. et le public se ferait peut-être un peu chier (rires).

Que devient Daredevil quand Duster69 est en tournée ?

Jochen: Je continue de promouvoir Daredevil même en tournée. C''est une bonne chose de pouvoir toucher de nouvelles personnes qui n''ont jamais entendu parler de Daredevil Records. Et s''il y a quelque chose d''important à gérer, mes collègues peuvent s''en occuper ! Daredevil Records ne fait jamais de break : c''est toujours en marche !

Si un jour tu devais choisir entre Duster69 et Daredevil, quel serait le verdict ?

Jochen: Je préfère ne pas penser à ça ! Les deux sont importants dans ma vie et n''ont rien à voir l''un avec l''autre. Si Daredevil disparaissait, ça ne serait pas la fin de Duster69 pour autant par exemple. Jusqu''ici j''ai eu du temps à consacrer aux deux !

Un message à faire passer ?

Jochen: Merci pour le soutien et jetez un oeil aux sorties Daredevil ! Elles sont disponibles en France via Overcome Records !

DUSTER 69

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