Interview de SERPENT THRONE

— NAGAWIKA, le 01 juin 2007 (637 lectures)

Du fond de la Philadelphie (USA), le guitariste Demian (en plus des interventions du bassiste Colin) nous dévoile une partie du mystère que contient "Ride Satan Ride", la baffe slowendienne de ses derniers mois.
(Merci à fuzzbastard pour son aide pour les questions)

Depuis combien de temps existe Serpent Throne? Apparemment il s’est passé très peu de temps entre vos débuts et l’enregistrement de "Ride Serpent Ride", ce qui est prodigieux !

Demian: Serpent Throne existe depuis à peu près un an. On n''a jamais vraiment planifié l’idée de faire des disques ou même de donner des concerts. Notre but principal était juste de boire de la bière et de jouer de gros riffs bien lourds. Puis 6 mois après…on avait quelques morceaux et on a décidé de les enregistrer.

Visiblement il y a eut un chanteur dans le groupe. Pourquoi avez-vous finalement décidé de continuer sans vocaliste? Comptez-vous rester instrumental?

Colin: Snake Eyes (RIP) était irremplaçable. On s’est dit qu’utiliser des messages subliminaux sataniques seraient un bien meilleur choix pour remplacer le chant. Avalez deux Cognac, mettez le disque à fond et vous entendrez de quoi je parle.

Demian: Ceci dit, si on trouve quelqu’un qui peut chanter comme Ian Gilian, Ronnie James Dio, Rob Halford (quand il était Bob Halford) ou King Diamond, quelqu‘un qui est excité par l’idée de simplement jouer et pas d’essayer de devenir une rock star, on tentera le coup. Le problème c’est que ce genre de personne ne court pas les rues. Parfois on joue des morceaux de Pentagram, de Sir Lord Baltimore ou des vieilles reprises de Scorpions et on choppe un pote qui va s’éclater à chanter dessus.

Hormis l’importance prépondérante de Black Sabbath, quelles sont les autres influences de Serpent Throne?

Demian: Pour moi…les vieux Scorpions, Sir Lord Baltimore, Pentagram, Pagan Altar, Captain Beyond, les vieux Judas Priest, j’adore "High’n’Dry" de Def Lep’. Voila un peu comment les influences fonctionnent dans Serpent Throne…Quelqu’un va débarquer en répète et dire ‘j’ai écouté Deep Purple toute la journée, bordel, "In Rock" tue sa race‘. Puis quelqu‘un va balancer des riffs à la Blackmoore. On boira plein de bières et on jouera un truc façon Deep Purple. S’amuser quoi. Puis on donnera un concert dans le même mois et je dirai à un de mes amis qu’on jouera notre nouveau morceau très Deep Purple. Après le concert mon pote dira « putain mec, je dois être totalement torché mais ce truc là sonnait comme du "And Justice For All" joué sur ton vieux matos…j’ai rien entendu de Deep Purple là dedans bro’ »

À en juger par la pochette et les notes du livret de "Ride Satan Ride", le cinéma à l’air d’avoir également beaucoup d’influence sur le groupe…?

Demian: malheureusement, les vieux Biker flicks (films de genre ayant comme point commun les bécanes) obscures et cinglés des 70’s ont eus trop d’influence sur moi.

Est-ce que "Ride Satan Ride" a été dès le départ composé dans l’idée d’en faire une B.O d’un film imaginaire?

Colin: bien après que la pression policière ait forcé notre groupe à se retirer, un jeune réalisateur s’est penché sur notre disque et s’en est inspiré pour écrire un film. Son intérêt pour le satanisme s’est développé, mais s''il avait été là des années plus tôt il aurait appris, par nous, que le vrai satanisme est bien plus ’ours’ que ce qu’il montrait dans son film. Malheureusement, l’Église Catholique américaine a coopéré avec la police, a saisi les bobines du film (qui s’appelé également "Ride Satan Ride") et les a brûlées. Il paraîtrait que des copies circulent encore…

Demian, on te connaît surtout à travers Otesanek, qui vient récemment de splitter. Quelles en sont les principales raisons? Et quel bilan peux-tu tirer de ces 6 années d’activités au sein de ce groupe?

Demian: Otesanek était une combinaison de six individus qui vivent mal le fait de faire parti de ce monde. Six personnes un peu spéciales qui avaient la musique comme moyen de dealer avec leurs problèmes. On voulait se livrer à tout un tas d’éléments moches, sales et crus provenant de divers genres de metal qu’on aimait. C’est devenu quelque chose de très primaire et d’intense. Otesanek s’est transformé en une sorte de champ de bataille thérapeutique qui par moments devenait magique et à d’autres, extrêmement frustrant. Après six ans, le groupe a fait son chemin. Certaines personnes ont déménagé, d’autres se sont concentrés sur d’autres choses. Il n’y a pas du tout de mauvais sentiment. Au contraire même, toutes les personnes impliqués, y compris celles qui ont vraiment aidé dans ce qu’on cherchait à canaliser, ont partagé un lien intense.
Nos derniers enregistrements sortiront cette année.

Qui ou quoi t’a poussé à jouer de la guitare? J’ai le sentiment que tu es quelqu’un qui répète beaucoup, peut-être que j’ai tort. Que souhaites-tu atteindre en tant que guitariste?

Je crois que c’était ce groupe de thrash metal de mon collège qui s’appelais ''Inhibitor''. Il n’y avait aucun endroit pour jouer dans notre coin (j’ai grandi dans la forêt). Donc ces mecs aux cheveux longs et plus âgés m’emmenaient à leurs concerts qu’ils donnaient hors de la ville. Ils finissaient généralement par jouer devant 12 personnes dans un club de ploucs au nord de Jersey. C’était pendant ces périples que j’ai réalisé qu’il était vraiment possible de commencer un groupe et de se lancer. Parce qu’avant ça je devais écouter Slayer et Exodus sans même être capable de comprendre comment jouer de la guitare. Mais voir ces potes culs terreux le faire à rendu la chose possible. J’ai récemment retrouvé la trace d’un des types de ce groupe sur le net…il joue dans une sorte de collectif soul merdique qui a fait la première partie de Puddle Of Mudd ou d’autres groupes de merde de ce genre.
Un jour quand je serai vieux et que je m’assiérai sous un porche dans ma chaise à bascule, je m’entraînerai suffisamment pour être capable de jouer le solo de Uli (Jon Roth de Scorpions, ndlr) sur ‘Sails Of Charon’. A l’heure actuelle j’ai un paquet de mauvaises habitudes à la guitare.

Voici maintenant quelques questions rapides qui ont toutes, je pense, un lien avec l’univers de Serpent Throne (tu peux argumenter si tu le souhaites):

Motos américaines ou étrangères ?

Les vieilles Harley Davidsons, qui ressemblent à des bicyclettes avec un moteur attaché dans l’armature.

Peter Fonda ou Sonny Barger ?

Barger. J’ai toujours souhaité que Sonny Barger fasse parti du casting de "Easy Rider" à la place de Henry Fonda.

Bière ou whisky ?

La bière quand je sais me tenir. Le whisky quand je cherche la merde.

Woodstock ou Altamont ?

Les concerts de Ten Years After et de Santana m’ont donné un penchant pour Woodstock.

SG ou LesPaul?

LesPaul pour le côté lent et heavy. SG pour un rendu plus rapide et fuzzy.

Aleister Crowley or David Copperfield ?

Crowley avec le professionnalisme de Copperfield.

Le meilleur groupe actuel portant le flambeau de Black Sabbath ?

Super dur là. Le Flower Travellin’ Band en était pas loin et ce qu’ils jouaient était fantastique. A l’heure actuelle…je ne sais pas. Witchcraft porte le flambeau de Pentagram, mais je ne suis pas sûr si quelqu’un joue du Sabbath la façon que j’aime. Je n’aime pas quand c’est superheavy, trop compressé, trop travaillé. J’aime le E Flat (accord mineur, ndlr), la tonalité des guitares du début des 70’s. Pas trop déformée, un peu négligée. Je sais pas.

Meilleure pochette de Black Sabbath ?

Sabbath Bloody Sabbath.

Pire pochette de Black Sabbath ?

"Paranoid". Par une étrange tournure du destin…je me suis retrouvé à me balader avec Ozzy il y a quelques mois. Il déchire. On se racontait tout un tas de connerie sur les vieux Sabbath et je lui ai demandé ce que voulait dire la pochette de "Paranoid". Il m’a raconté qu ‘ils avaient shooté la pochette lorsqu’ils pensaient que le disque allait s’appeler "War Pigs". Je me suis dis «mais, ça m’explique pas pour autant ce que ça signifie mon pote! ».

Pire groupe des 70''s ?

Paul McCartney solo = worst music ever.

Meilleure coupe de cheveux des mecs de Black Sabbath ?

Tony 1970.

La pire ?

Ozzy 1988.

Quel est le futur pour Serpent Throne?

Des leçons de français si tu nous organises des concerts en France.

Les derniers mots sont pour toi Demian. ? Merci infiniment pour ton temps.

J’apprécie sincèrement l’intérêt. La prochaine fois que tu seras à Philadelphie, viens chez moi et on écoutera des disques. Cheers

SERPENT THRONE

Retour à la liste des interviews

Chargement...