Sludgecore Hardcore

POURRITURE ! C'est tout ce que ce disque a vous dire...

Eyehategod est un tas d'ordures, oui c'est a, un clochard mal ras au bob en cuir qui vous insulte en titubant, sa bouteille de whisky premier prix la main, et qu'en bon citoyen que vous tes, vous allez tabasser l'aide d'une vieille planche cloute en guise de remerciements...

Eyehategod nait en 1988, avec la fervente intention de rendre hommage au Sabbath... Le truc c'est que plutt que la version "j'ai tout bien compris" qu'aurait pu nous pondre le premier de la classe, Eyehategod nous la sert en tant que cancre de service... Pourquoi ? Parce que ce disque est un torchon dgueulasse, une tartine baveuse pleine de vieilles tches de stylo vert... de traces de doigts, de crasse d'origine inconnue et de mauvaises rponses... Non vrai dire c'est pire : Eyehategod ne sait mme pas tenir un stylo... Il s'vertue le tenir de main ferme et se concentrer sur l'criture d'un flux pos, et finalement s'emballe et gribouille dans tous les coins pour s'adonner un espce de jeu du cracra gnialissime...

Eyehategod est dcousu... Son sludge sur ce In the name of Suffering est un merdier pas possible... il avance lentement avec ses riffs patauds et sa grosse basse qui ronfle et ptarade comme c'est pas permis, Mike s'arrache les poumons de sa voix de sale bactracien nvros amateur de joints de mauvaise qualit, tandis que Joe martle son rythme avec parcimonie... et d'un coup l'autre, comme , tout le monde se rveille et s'emballe dans une acclration hardcore hystrique, et se rassoie aussitt... Un peu, finalement, comme cet immonde manoir... qui grince toute l'anne durant... et puis tout d'un coup s'croule moiti ! et puis se remet grincer dans un nuage de poussire comme si de rien tait...

Eyehategod ne fait pas ce qui lui plait, mais bien ce qui ne nous plait pas... Il accelre brutalement quand on le voyait ralentir, ou au contraire ralentit sadiquement quand on l'implorait de s'emballer... Eyehategod a vrai dire, c'est un peu le mme genre de trip qu'une vieille bagnole amricaine capricieuse, qui tombe en rade btement devant un feu vert en plein milieu d'un bled abandonn depuis la premire moiti du 19me, et se remet accelrer et dmarre toute seule au moment mme o vous en sortez...

Eyehategod a le blues, il pue l'alcool, a une faon de composer compltement ivre, injurie les prostitues du coin pour copuler amnsiquement avec elles pas moins de 5 minutes aprs, et reste fascin des heures par ses propres couilles qui pourrissent... Et pourtant

Eyehategod est ultime. Tout se tient ici par on ne sait quel miracle... On s'interroge constamment pour savoir si leur sludge dcousu tient plus du n'importe quoi non contrl ou a une matrise technique irrprochable... de savoir si le larsen tel endroit est voulu, de savoir si c'est normal que le batteur s'arrte, l, ou si il s'est plant... de savoir si les breaks sont des pains, ou les pains des breaks... Toujours est-il que ce disque a un groove malsain, efficace et bluesy absolument norme... qu'il a beau sentir le bois sec et les MST, vous aurez du mal a vous retenir de plier votre frle organisme en deux tapant du pied une fois toutes les vingt secondes, et en vous plantant trois fois sur quatre parce que vous pensiez que allait acclerer au moment o ralentit, et inversement... En clair : ceci est le disque primaire pour personnes secondaires...

Lousiane, acte 1 scne 1.

In the name of suffering en trois mots : blues, cambouiseux, bordlique


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