KATATONIA - Dance Of December Souls
1993 · Peaceville

Détails

EyeLovya
le 02 novembre 2009 (749 lectures)

   Doom death

Ce premier album, s'il n'a pas la froideur urbaine de la deuxième période de Katatonia, fleure l'aube des forêts du nord scandinave. On ne distingue que des lueurs bleutées qui peinent à traverser la canopée glaciale. Avec la productivité débordante du guitariste Anders Nyström (encore Blackheim) comme ligne directrice, à l'instar de Brave Murder Day, les différents titres de l'album se construisent autour d'un patchwork de riffs lourds (pour l'époque bien sur) et maussades, power chords intuitifs et mélodies typiquement scandinaves, forestières et mélancoliques de circonstance.

Jonas y fait office de chanteur et de batteur. De cette dernière fonction, on retiendra que, si peu de défauts rythmiques s'entendent, la volonté et l'angoisse de bien faire, peut être, le poussent à en faire trop, à balancer des breaks et des roulements de double grosse caisse à tout va, et c'est parfois assez rigolo. Son chant extrême, beaucoup critiqué pour son manque de technique, est d'autant plus touchant et prenant : il n'essaye même pas de bien faire, il crie ce qu'il peut, c'est à dire toute la rage et le désespoir chronique d'un jeune homme rondouillard un peu trop souvent délaissé par la vie... un chant vraiment écorché et puissant qui fait plaisir à entendre. Évidemment, à comparer avec les Aaron Stainthorpe et consors de l'époque, on n'évolue plus dans le chant dit « death ».

C'est pourtant bien un doom-death des plus 90s qu'on nous sert tout au long des cinq véritables morceaux (des interludes de légitimité inégale composant le reste de l'album) c'est à dire juvénile, chancelant mais honnête et sentimentalement chargé, le tout enrichi de variations de rythmes, d'ambiances et d'instruments, et de très bonnes idées comme le riff dépouillé de In Silence Enshrined à ranger à coté du grand The Bitterness and the Bereavement.

Il reste que Dance of December Souls souffre du syndrome du premier album : une réalisation un peu branlante, des riffs clichés, des sons de clavier plus kitchs qu'un album de Jean Michel Jarre, et c'en devient touchant... et on se prend à l'écouter en souriant, le cœur rempli de nostalgie comme devant un vieille photo d'enfance chargée en souvenirs, ou comme en écoutant ses propres compositions de jeunesse et on se dit,après avoir soupiré, plein de bons sentiments, que c'était pas si mal que ça.

Dance Of December Souls en trois mots : adolescent, touchant, scandinave.


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