JODIS - Secret House
2009 · Hydrahead

Détails

EyeLovya
le 27 octobre 2009 (570 lectures)

   Drone doom Ambient Post rock

Alors que la plupart des albums que j’écoute prennent tout leur sens en voiture, sur les routes de campagnes où la nature trouve toujours à se mettre au diapason, celui-ci semble plus indiqué à l’immobilité d’une chambre et à la vision omnisciente derrière une fenêtre.

Jodis est une exploration des hautes couches de l’atmosphère, par des vecteurs pourtant plus habitués aux expéditions spéléologiques les plus profondes. La musique de Jodis s’élève donc à grands coups de reverb - en ce qui concerne la voix, d’ailleurs, il vaudrait parfois mieux parler d’un effet « voix » sur la piste reverb – de stagnances sonores et de roulements lointains. La basse nihiliste résonne paisiblement, portée par les courants chauds qui s’échappent des amplis, à peine dérangée par le jeu spirituel et minimaliste de Tim Wyskida. Les cordes de guitare semblent, elles, taillées dans du vieux fer rouillé tant le médiator fait crisser les notes plus qu’il ne les gratte et le son très incisif ainsi produit permet déjà de distancer tout a priori sur la mollesse de la chose.

On pensera parfois à la vague slowcore du début des années 90, sur Continents, notamment, qui rappelle le « I could live in hope » de Low. Assez original et bien foutu pour sortir du lot, on recensera tout de même quelques défauts tels que le timbre de voix parfois désagréable d’Aaron, sur Waning par exemple, ou les accords peu inspirés de la chanson titre pourtant marquée par l’utilisation particulièrement habile du chant extrême, graillonant et poussiéreux à souhait, ou encore du trop pareil du bloc guitare/basse/batterie, dont le son et le rythme ne varient pas d’un iota d’un morceau à l’autre.

Ces défauts sont ponctuels et appuient le fait que Secret House soit une entité à prendre dans sa totalité pour être pleinement appréhendée et appréciée. Et il faut bien avouer que cela m’aura pris un certain temps avant de pouvoir me laisser entrainer dans les élucubrations troposphériques du trio et de saisir tous les détails qui, maintenant, me chatouillent le ventre de bonheur. Du temps passé avec ce disque, et cela en vaut vraiment la peine.

Secret House en trois mots : gazeux, vaste, introspectif


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