Rocky Turquoise
le 15 août 2004 (906 lectures)

   Doom death

Soyons clair : ce disque est mon got le meilleur album metal des '90s toutes catgories confondues.

Il s'est pass quelque chose depuis Dance of December Souls en 1993, Katatonia a t touch par cet tat de grce, cette concourrance d'lments soudaine et phmre qui vient inspirer une formation jusqu' lui insuffler du gnie pur et simple. Peut-tre est-ce du l'arrive d'Åkerfeldt en tant que vocaliste de passage, au fait qu'il parvienne faire oublier en moins d'un quart de seconde les vocalises extrmes franchement mdiocres de Jonas Renkse sur Dance of December Souls... Peut-tre est-ce du la venue de Fred Norrman en guitariste de renfort, qui s'impose finalement comme un vritable chanon manque au vritable dmarrage de Katatonia... Toujours est-il que la formule est ici parfaite, l'alchimie fonctionne inimaginablement, et Katatonia nous sort ici un brlot de metal binaire et froid tout simplement cultissime et ultime...

Bref, le grand paradoxe de ce disque est que le groupe parvient y composer des titres d'une profondeur assez impressionnante et ce partir de motifs mlodiques de guitares qui ne doivent tout pter pas dpasser les 4 notes ! Comment donc ? Les riffs sont on ne peut plus binaires et rptitifs, le tempo gnral est rapide, Jonas Renkse inaugure la batterie le fameux plan con comme la lune "poum-tchak, poum-tchak, poum-tchak, poum-poum-tchak" d'une platitude sans nom, Mike Åkerfeldt hulule ses vocaux death d'corchs comme un hibou enrou supersonique (?) avec une puissance bluffante, la basse suit btement et sans conviction les fondamentales, et quelques guitares lead viennent renforcer le tout par des mlodies (vraiment) peine un brin plus complexes... C'est tout ? H oui c'est tout ! Et pourtant ce disque est d'une richesse et d'une profondeur mlodique ingale... il faut l'entendre pour le croire...

Prenons Rainroom par exemple, qu'est ce qui rend cette compo si efficace ? D'abord le fait de dbouler aprs le seul titre qui dnote de l'album, Day (j'en reparlerai aprs), et que son riff d'intro doubl vocaux s'arracher les trippes est d'une puissance redoutable... Ensuite parce que le groupe sait y fausser la donne au travers un break o des leads mlodiques viennent lgrement prendre le pas sur les grosses rythmiques up-tempo inarrtables qui ne font plus que ronronner en fond sonore, ceci pour mieux laisser place un plan atmosphrique aux guitares sans saturation et toujours aussi simples, et finalement rempiler sur ces riffs la furie mlodique dpressive... le tout via un son de cordes aiguis comme une lame de rasoir, vous faire passer n'importe quelle mlodie dbile pour un monument de riff insoutenable...

Grosso modo, disons que l'on peut dcouper le disque en deux parties, entrecoupes par l'interlude Day. Day, il faut le dire, doit surtout son intert au titre qui le prcde et celui qui le suit, car honntement, mais que vient foutre ce titre compltement passe-muraille sur cet album ? Il est aussi pertinent qu'une bonus track sur une rdition Peaceville 2003... Day est un titre aux guitares sans saturation, thres, froides et atmosphriques, sur lequel Jonas vient faire ses premires dents en tant que chanteur clair (il y a d'ailleurs beaucoup de charme dans sa voix timide souhait, d'autant plus lorsqu'on se penche sur l'volution de son registre vocal par la suite !), Day reprend peu prt le genre d'interludes atmosphriques et trs "waves" qu'on retrouve sur les autres titres en guise d'intros ou de ponts (amusant par ailleurs de constater qu'en parallle aux titres metal les plus cathartiques qui soient, que le groupe composa dans ses premires heures, il crivit plusieurs titres dans cette frange ma foi incongrue...). Mais j'y viens. En fait, l'intert de ce titre, comme je le disais plus haut, est de mettre l'auditeur en attente... d'une part aprs les deux premiers titres, histoire de pouvoir reprendre son souffle aprs une telle baffe dans la gueule, d'autre part avant le gnialissime Rainroom dont l'efficacit se trouve compltement dcuple par cette composition vaguement spleenesque et un peu endormante. Par consquent si vous permettez que je me contredise un peu, Day n'est non plus au final le morceau typique "ouais mais si il avait pas t l il aurait salement manqu" mais bel et bien l'ossature de ce disque !

Rsumons. Vous avez l un momument de metal lourd et enttant, au feeling et au son unique (il suffit de voir comme rien que le mini Sounds of Decay sorti moins d'un an plus tard, et dans un style quasi-similaire, ne ressemble en profondeur pas du tout ce Brave Murder Day), qui illustre la perfection ce que peut donner un groupe lorsque, par un certain concours de circonstances, tous les lments qui le composent se trouvent rassembls avant de se re-disperser aussi sec. Cependant, si vous ne connaissez pas encore ce disque, je ne saurais que trop vous conseiller de commencer par un des albums priode Discouraged Ones et cie, vous verrez, l'effet de surprise n'en sera que plus grand... D'ailleurs, voyez ce que me fait rien que d'en parler...

Brave murder day en trois mots : massif, binaire, glacial


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