KHANATE - Clean Hands Go Foul
2009 · Daymare

Détails

EyeLovya
le 11 mai 2009 (956 lectures)

Voici enfin la terre promise que de nombreux fans, dont je fais partie, n’osaient même pas rêver...

On a ici un album completement cohérent, décousu uniquement dans le corps même de chacun des quatre titres de l’objet. Composé de chutes de studio des sessions Capture & Release, cet album réunit à la fois la chanson la plus courte (Wings from spine 6’48’’) et la plus longue (Every God Damn Thing 32’52’’) du quartet.

La première, Wings from spine, et dans sa continuité, In That Corner, relèvent carrément de la déconstruction sonore. O’Malley y joue, inhabituellement, presque uniquement sur les cordes aigues, accompagné par un Plotkin absolument magique qui laisse glisser ses doigts sur sa basse, au feeling, suivant ou non les accords dissonants de son camarade de jeu. Le jeu de Wyskida se fait lui plus effacé, à base de roulements et de coups de charleston anarchiques, ponctuant le chaos sonore par quelques coups puissants, un peu comme sur les improvisations Plotkin/Wyskida. Et le sieur Dubin, qui rampe sur le son avec ses cordes vocales de fer rouillé et ses vociférations d’autiste au bord de l'implosion. Tous ces ingrédients donnent le sentiment, à l’écoute , que l’atmosphère autour de toi se craquèle, que l’oxygène s’émiette…et quand, pendant une seconde, la basse vrombit sur la même longueur d’onde que la guitare et que l’on a l’impression de capter l’ombre d’une mélodie, celle-ci est tellement triste qu’elle nous enfonce un peu plus dans la déconfiture cérébrale, à l’image de la dernière partie d’In That Corner plus reposée.

Clean My Heart, quant à elle, est une marche du mal-être, très drone-ambient, la batterie étant si lointaine… En regardant en bas ; on y voit une masse de brouillard noir, la basse, que vos voisins du dessous maudiront, des larsens intermittents, la plainitude sonore, plombée par les effets de Dubin. Encore une fois, un titre assez inhabituel mais vraiment superbe, beau à en pleurer.

Puis vient la messe funèbre de Khanate, cette longue longue piste épique qu’est Every God Damn Thing. Musique concrète, musique ambient, il vaut mieux avoir quelque chose à faire en même temps qu’on l’écoute, car si elle est parfaitement bien interpretée, les 25 premières minutes de mise en tension et de frustration, le florilège final reste un peu frustrant lui aussi, on se dit que merde quoi, 15 minutes auraient probablement été suffisantes. Mais bon….. c’est le dernier morceau de tous les temps de Khanate quoi ! alors on se laisse aller à ces effets de balançoire qui grince, de basse qui crève l’enceinte le temps d’un micro-larsen, un peu genre Bass Aliens de Sunn, mais avec Dubin qui se promène dans le studio en gueulant que, merde, ça fait chier. Tim Wyskida souffle de temps en temps sur ses cymbales pour déconner, et puis ellipse temporelle, en regardant sur la chaine on s’aperçoit que ça fait déjà vingt minutes que c’est commencé, et puis la tension monte, très lentement, trop ? et puis 28 minutes, le monde tremble, Dubin se penche sur toi et te crache dessus, ça ne part finalement pas, mais c’est peut être mieux, le cœur aurait peut être pas supporté.

Bref, cet album est une merveille, on pouvait se dire : bah qu’est-ce qu’ils vont faire de plus ? Eh bien, ils font Clean Hands Go Foul, et on ne les en remerciera jamais assez.

Clean Hands Go Foul en trois mots : autiste, prostr, liturgique


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Avis des auteurs

 
Excellent
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