saimonax
le 23 juillet 2004 (937 lectures)

   Stoner Post hardcore

Oceanic n'est pas une oeuvre comme les autres. Souhaitant se dtacher de l'influence parfois trop importante de Neurosis, Turner et sa bande nous convient un voyage en sous marin que nous ne serons pas prt d'oublier.

Finis les rythmes gras, lourds, pesants et sombres. Isis nous plonge la tte dans l'eau et nous fais visiter les fonds marins travers un scaphandre charg en plomb. Le voyage se fait lentement, la vitesse d'une baleine mais avec la fluidit d'un dauphin. La batterie est pachydermique souhait, pourtant elle donne l'impression de glisser tant elle frle cymbales et autres toms avec un feeling et une douceur tire de la brise ambiante. Les guitares se faufilent tels de petits filets d'eau flnant et flemmard pour fuir ce filou de Turner, Posidon revanchard et rancunier. Car malgr la reverb et tout le chorus appos sur ces guitares ballotantes et parfois agressives, celles-ci, prenant peur du requin avoisinant cette grosse baleine, ne peuvent s'empcher de s'emballer pour dverser un tourbillon de distorsion et de sons lourd et sourds, comme une vague au creux de 15 m qui vous tombe sur la gueule ("Carry"). Assomm, on reste flottant sur l'eau, a demi-mort, berc par de douces vagues ondulantes ("Maritime"), tandis qu'une sirne la voix magnifique, du nom de Maria Christopher, vient nous blouir de sa beaut et nous emmne dans les profondeurs des ocans ("Weight"). Aveugl par ce spectacle indescriptible, on en oublierait presque qu'on ne peut plus respirer ! Le malaise se fait sentir, les muscles se contractent, il faut remonter la surface, o la mer est dchane, dversant des colonnes d'eau sale sur notre pauvre corps perdu au milieu de cette explosion naturelle. Turner et ses sbires se donnent un malin plaisir nous torturer, grand renfort de hurlements colriques et de rythmiques haches: il ne faut pas provoquer les dieux. Le sourire fourbe, ils nous laissent partir, la nage. L'espoir renat, amer: la cte est loin, trs loin. Larmes qui se confondent la mer, dcourag, on se laisse couler ("From Sinking"). Posidon, qui use de sa voix claire pour la premire fois, appelle les autres Dieux afin de m'accueillir aux cieux, o le purgatoire m'attends: torrent de cris, de rythmes lourds, gras, pesants et sombres ("Hym"). la boucle est boucle.

Oceanic est bel et bien un album qui ne se laisse pas apprivoiser: comme l'ocan, celui-ci est trop vaste; comme l'ocan, celui-ci peut tre terrifiant; comme l'ocan, celui-ci est impalpable. Il en contient les variations, les moments d'accalmies puis de dchanement, de beaut pure et de temptes, tantt froid, puis chaud, mais aussi mystrieux, inconnu, tendu. comme l'ocan.

Oceanic en trois mots : frustrant, planant, beau.


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