Nirguna
le 03 juillet 2004 (939 lectures)

   Drone doom

Complainte du schizophrne sous les bombes atomiques" eut t un sous-titre idal la premire piste qui compose ce disque. En effet, pour la premire fois, une voix humaine vient se poser sur la musique de Sunn O))), dclamant sa prose psychdlique pendant une dizaine de minute, soutenu par quelques effets vocaux hallucinatoires des plus jouissifs, et par le souffle tonitruants des explosions de guitare successives, certes caractristiques de Sunn O))), mais apparraissant comme surboostes pour l'occasion. Restant dans la veine des albums prcdents au niveau de la compo, celle-ci me semble tre de loin la plus aboutie et varie du groupe, malgr ses 25 minutes, et au-del bien sr de la diffrence apporte par le texte de Julian Cope !
Le second titre dbute par une sorte de lamentation cacophonique servie par Runhild Gammelsaeter, anciennement vocaliste de Thorr's Hammer, et donc complice de longue date d'Anderson et O'Malley, pour enchaner sur le morceau le plus tonnant qui soit; un rythme rptitif mais rapide (imaginez un peu... au moins 100bpm) doubl d'une ligne de guitare toujours affreusement basse, mais comprhensible et hypnotique... Les interventions de la double grosse caisse lectronique surprennent plus que jamais, et la rythmique syncope et imprvisible auront tt fait de vous coller l'envie de vomir, tant le morceau est oppressant... heureusement que les quinzes minutes qu'il dure sont partage en trois mouvements entrecoups par des instants d'accalmie, permettant de reprendre son souffle entre ces sances de torture aux sensations industrielles, durant lesquelles la notion de drone doom prend tout son sens.
Aprs le morceau le plus puissant et le morceau le plus rapide, la dernire piste peut se targuer d'tre la "composition" la plus calme du groupe... D'une ondulation sonore fondamentalement douce et lisse, Sunn O))) crent une tension sonore et psychologique inoue, en la magnifiant dlicatement jusqu' en faire un larsen, avant de la couper brutalement, et de recommencer, encore, et encore, et encore, et encore, pendant quinze nouvelles minutes d'agonie et d'angoisse, qui nous confirme que le groupe ne matrise pas la lourdeur avant tout, mais bien la lenteur et le minimalisme cauchemardesques...
Trois morceaux extrmement diffrents, une heure d'oppression, et un album tout fait indispensable, mme si je regrette un peu le ct jusqu'au-boutiste des albums prcdents, qui leur donnait peut-tre une dimension "mditative" qui ne se retrouve ici que dans une moindre mesure...

White1 en trois mots : oppressant, hypnotique, apocalyptique


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