saimonax
le 19 juin 2004 (1173 lectures)

   Post hardcore Noise rock

"My eyes were jaded, so close to the center i could not see, but now they are fixed and glaring at the sacrifice to be made"... Ainsi dbute Lost, premier titre d'une entit musicale parmis les plus sombres et les plus tortures, accompagn de ce sample vocateur "Are you lost ?... Yes". Enemy of the Sun. Aprs un Soul at Zero colrique, un Enemy of the Sun dbordant de douleur.

Lost donc, cette ligne de basse cyclique, infinie, ces harmoniques qui n'en finissent pas, comme autant d'aiguilles dans la peau; ces samples hypnotiques, ces voix qui pleurent, puis qui hurlent, ce clavier malsain, digne d'une messe "ode l'antchrist". Soudain, les bougies s'teignent, un souffle glac entre dans la pice, accompagn d'un piano lger, d'une guitare en arpge comptant le nombre de mort, d'une basse glissante comme du sang sur du carrelage, on manque de partir la renverse, on se rattrape de justesse cette pierre divine, pour que cette douleur puisse reprendre court, pour que nous puissions nouveau nous perdre dans les mandres de notre esprit malade.

Raze the Stray, cette desse qui nous guide, tout droit sorti d'un temple zen japonais, portant en elle le piano de l'agonie, habille d'une nappe de clavier presque trop sombre. Mais cette desse nous poignarde dans le dos, hurlement de douleur, de haine, de rancoeur. Malheureusement, elle ne nous a pas tu, nous restons sur le carreau, les jambes paralyses. on a beau crier, personne ne nous entend, mme la voix d'Edwardson n'est pas suffisante. Pris d'un sursaut de courage, on se tente ramper, pour trouver de l'aide au milieu de ces catacombes anciens. Au loin, une silhouette joue de la basse avec un sampler aussi lancinant que mes battements de coeur font gicler tout ce sang hors de ma peau noire, gangrne approchante. On a beau hurler, cette silhouette ne bouge pas. en fait, elle nous nargue. elle nous nargue. elle s'approche. non, non. ce n'est pas possible. la desse, c'est elle. elle revient.

Burning Flesh in Year of Pig, et je tombe dans les pommes. je rve, sonnerie de voiture de police, bruit sourd tournoyant dans mon cerveau, on me parle mais je ne comprend rien. des enfants s'amusent derrire, mais lui, n'a pas l'air heureux. il nous prvient, que dit-il ?

Cold Ascending, et je me rveille, au milieu d'une tribu qui martle ses fts comme autant d'incantations interdites. mlodies apocalyptiques, guitares dsynchronises, rythmique explosive, hurlements douloureux, Edwardson s'en donne coeur joie, tandis que Von Till et Kelly soignent leurs plaies bantes en les brlant et en hurlant jusqu' mourir. Lexicon, et un moine vient nous filer un coup de main en dansant, chantant religieusement autour de nous, accompagn de ce rythme rptitif, battements de coeur. vision trouble, samples hypnotiques non identifi. Hallucination ? Deviendrais-je fou ? Est-ce la drogue du vieux qui me fait cet effet l ? La douleur monte progressivement, le bruit du sample est de plus en plus fort, j'ai des vertiges, des nauses, je n'arrive presque plus distinguer ce qui m'entoure. je crois bien que je suis mort.

Enemy of the Sun est l pour me prouver que non. on me rveille coup de claque, le monde est comme ralentit, les gens marchent doucement, les rues quasi-silencieuse. quelque chose va se passer, quelque chose arrive, c'est pour bientt. Des mtorites arrivent du ciel et s'abattent sur des villes, des gens hurlent, Von Till nous prvient."courez, courez !". a nouveau le silence. puis de nouvelles bombes spatiales s'crasent au sol, bruit de mort, cris. puis plus rien. Von Till et Kelly, accompagn de leur batteur tribal surpuissant, tentent de monter une secte, jonch sur des restes de grattes ciels. Edwardson gueule pour effrayer les femmes et les enfants, seuls les hommes seront recruts pour affronter l'apocalypse.

Lors de The Time of the beasts, l'espoir n'est plus... Von Till et Kelly nous annonce que la fin est proche... il ne faut qu'attendre la fin. ces violons annoncent la mort, cette trompette sonne le glas de la plante, l'enterrement prmatur de toute vie. Durant ce break o nos amis de Neurosis baissent la tte, et que cette trompette parle de leur mort, o le ciel s'assombrit, jusqu' ce qu'il fasse totalement noir, jaillit un dernier sursaut de piti, de compassion. "On dit que le monde est mort, et s'il ne l'est pas encore, il faut le tuer". Volont d'en finir le plus vite possible. progression du rythme tribal final, le son des guitares se baisse, celui de piano se fait entendre, et ce jusqu' ce que tout les membres de Neurosis empoignent leurs baguettes pour frapper sur ces peaux de batterie.

Cleanse et c'est la fin. 15 min de percussions intenses, pour marquer l'accomplissement de l'apocalypse, comme pour mettre un point final ce que l'homme appelle souffrance. Un dernier appel aux esprits, dernier espoir d'un au-del paisible et pourtant impossible.

Enemy of the sun en trois mots : apocalyptique, douloureux, cathartique


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