SLEEP - Volume one
1991 · Tupelo

Détails

   Traditional doom

Un peu comme la chronique de l'album ponyme d'Electric Wizard, celle-ci manquait et cela commenait me peiner. J'en avais dj ralis plusieurs brouillons, tentant d'tre un peu moins succinct que sur les monuments suivant celui-ci (un peu d'indulgence, ce sont parmi mes premires chroniques) mais l'absence de connaissance vis vis du contexte lors de sa cration m'amenait penser que je ne saisissais pas l'essence mme de ce Volume One.

D'abord groupe tendance punk, Abestos Death, compos de Cisneros, Hakius et Choi (oui oui, le guitariste rondouillard de l'excellent Operator : Generator), certaines des chansons livres sur les deux EPs qu'ils sortiront sous ce nom se retrouveront sur ce prsent disque. Viendront s'ajouter le dsormais clbre Matt Pike, et le futur moine Justin Marler (qui opra dans The Sabians avec Hakius aprs sa retraite) en remplacement de Choi aux guitares et se baptiseront Sleep. L'histoire peut enfin commencer.

Obnubils par Black Sabbath (les seuls remerciements ici iront aux trois instrumentistes du groupe), les musiciens, sur ce disque, se proposent de reprendre les choses l o les quatre Anglais les ont laisses. Mais mme si leur influence est indniable et se fait sentir tout au long du disque, le cot brut de dcoffrage de leurs dbuts californiens se taille la part du lion.
Incontestablement, on ne pouvait pas encore qualifier Sleep de stoner cette poque. Lent, hach, bancal, sombre, Sleep lorgnait de faon certaine vers le doom des 80's, St Vitus & the Obsessed comme figures d'adulation.
Signs sur Tupelo, aux moyens financiers limits, cela se ressent immdiatement au son de la production : basique, arrache ; Sleep ne possde pas encore le grain poustouflant d'un Dopesmoker ou la limpidit arienne de SHM. Et pourtant, ce ct cru joue en la faveur du quatuor et dfaut de rendre le groupe crasant (nous ne sommes qu'en 91, seul l'est Earth ce moment l), permet l'auditeur de se concentrer sur la composition, plus applique qu'il n'y parat.
Cisneros beugle comme un ne, chante comme il peut, passant de tonalits gutturales des cris quasi haut perchs (amusant de constater qu'il n'a jamais la mme voix sur aucun des quatre albums qu'il a sortis), et nous fait l'impression parfaite d'un sale hippie dfonc la mescaline. Ses compres commencent dj nous sortir des riffs au parfum "iommiesque" tout en vitant de sombrer dans la banalit (fabuleux Catatonic ou Nebuchadnezzar's dream), mais celui qui se dmarque dj est bel et bien le pilier Chris Hakius, dont les percussions se rvlent tre inspires, matrises et tour tour discrtes ou imposantes selon l'ambiance.
L'ensemble est assez frais, parfois dcousu et assurment pas le meilleur Sleep mais l'on suppute dj un potentiel qui se rvlera par la suite. Enfin c'est surtout Dorrian qui le supputera, en les mettant en relation avec Earache.

Un disque de doom metal, ni plus ni moins, dont la couverture "daliesque" ne dpareillera cot de ses deux petits frres.

Volume one en trois mots : bancal, brut, cam


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