NAGAWIKA
le 24 octobre 2005 (1112 lectures)

   Drone doom Black metal

Accouphenator est de retour ! Sunn o))) ou la lourdeur abyssale qui prend la gorge, qui fait vibrer tout le corps... vous rend tout Parkinson, tout vibromasseur le temps d'un rituel interminable... Sunn o))) o le son est un spectre difforme qui n'est pas votre copain. C'est aussi surprenant que de savoir que Rob Halford est gay, mais c'est officiel : Sunn o))) se lane dans le schwarze talm... ou tente en tout cas de s'y frotter avec "Black One" qui avec son futur successeur "Black Two" feront ainsi parallles aux "White 1" et "White 2" (qui n'taient pas trs catholiques pour autant). Ecouter du schwarze talm n'indique pas forcment qu'on serait dou en faire, c'est quelque chose qu'on comprend viscralement ou pas... comme Lautreamont. On ne compte plus le nombre de clones, de sous-groupes pensant incarner la renaissance de la scne scandinave millmise 1990-1995... Anderson et O'Malley ont sans nul doute nourris depuis longtemps dj (depuis mme les Grimmrobes Demos srement) l'ambition de croiser "Earth 2" au "Filosofem" de Burzum, soit la quintessence de l'obscurantisme musical selon eux. Ce disque est probablement le plus rflchi sur le long terme car il DEVAIT sortir. Tt ou tard.
On ne fait pas d'omelette sans casser deux oeufs... a suffit pas. Plus y'en a mieux c'est. Soutenus par John Wiese (Bastard Noise) et Oren Ambarchi (compagnons bruitistes sur bon nombre de performances live de Sunn o))) ) Lord Anderson et SOMA s'entourent galement, "Black One" oblige, de la crme du schwarze talm (ou assimil) ricain soit Wrest de Leviathan et Malefic, le necro-shoegazer de Xasthur ("fake" vient l'esprit, obligatoirement). Et tout ce petit monde de sauter dans le grand chaudron.
Tout comme les rfrences directes Earth sur les "Grimmrobes Demos", Sunn o))) donne galement sur "Black One" des points de rfrences au metal noir. Ce qui n'indique pas pour autant o l'auditeur met les pieds... bien au contraire. Pour preuve, cette intrigante reprise de Cursed Realms (Of The Winter Demons) d'Immortal. Autant l'original donnait l'envie de courir torse nu dans la fort grim en panda une pe la main (le clip de "Blashyrkh", un grand moment Rock'N'Roll!), autant la version qu'en donne Sunn o))) est proprement terrifiante. "Sin Nanna", l'intro du disque, est le nom d'un trange personnage qui se cache derrire le nom de Striborg, one-man-band blackiste originaire de Tasmanie (!). Orthodox Caveman est un remachage obsessionnel de "Seven Angels" de "Earth 2" qui n'tait pas indispensable... Seul morceau sur lequel apparat Wrest, "It Took The Night To Believe" est particulirement imprgn de son empreinte. Tout l'intro de "Candlegoat"... trs Xasthur. Mais c'est toujours le son amplifi qui fait la loi comme sur "Cry For The Weeper", dluges et cascades se morfondent et chutent lourdement... pour se terminer sur une lgie funbre, hommage l'esprit de Quorthon par la reprise du riff principal de "A Fine Day To Die" accompagn des rles de Malefic gesticulant dans son cercueil... entre deux mondes... un pied dans la tombe.
Malgr les varits de l'album, le son de Sunn o))) reste immuable. Nul trace de blast beats, de croix inverses, de satanisme aiguë, des clichs habituels... Sunn o))) ne s'occupe pas de l'attirail mais va directement au nerf, l'motion. A l'essence mme du mal d'une faon totalement primitive. Si Sunn o))) est une des dernires formations ( tendance) schwarze talm, elle sonne comme la premire de toute l'humanit. Le drone... vous m'direz... le drone. H bien sur "Black One" le drone disparat peu peu... par dfinition le drone est un filet continu. Or Sunn o))) a beaucoup concis ses morceaux (il y en a sept ! ...7 !) tournant en gnral autour de 10 minutes. La transe se fait donc plus dlicate... mais reste une masse terriblement lourde et puissante sur laquelle plane le sinistre fantme d'Hellhammer. C'est sa majest cornue qui vous souffle au visage. Vous ne pouvez pas le voir mais sa prsence vous envahit... vous n'en pouvez plus ! Vous vomissez vert !

Black one en trois mots : sinistre, occulte, sombre


Nirguna
le 24 novembre 2005 (1128 lectures)

   Drone doom Black metal

La branlette, c'est chouette. Le problme c'est qu' force de produire de la merde, on est tout de mme violemment dpendant de la bonne volont du consommateur se plier au concept de la musique monter soi-mme. Alors aujourd'hui c'est un consommateur mcontent qui s'adresse au service des rclamations.

Qu'y a-t-il ici de si pitoyable qui puisse faire gronder la rvolte, dfaut des amplis. Orthodox Caveman, pour commencer, dont on se demande bien o il est suppos nous mener. A quoi bon mettre un morceau aussi long, linaire et convenu en plein milieu du disque, part rduire nant les bonnes impressions que pouvait avoir soulev le reste ? C'est un dtail, certes, mais enfin si, comme la tracklist plthorique semble l'indiquer, SOMA et Anderson avaient dcid de mettre des ides dans leur musique, ils auraient pu tre fair-play jusqu'au bout et laisser de ct leur amp-music de plage le temps d'un disque. Mais non, allez comprendre pourquoi, ils se sont sentis obligs de nous bassiner avec un morceau gargantuesque et peau de zob souhait. Enfin passons, car je m'en voudrais de vous faire penser que la mdiocrit du disque tient uniquement des questions de track-list.

Non le rel problme du disque c'est l'extraordinaire prtention du propos, la dbauche de moyens mis en oeuvre pour produire du flan. Sunn O))) se met au black metal et s'entoure de types qui dfaut d'tre gniaux, bnficient en tout cas d'une certaine aura sur la scne d'en face. Ok ok, voil de quoi en tout cas susciter la curiosit. En fait de black metal, coutons par exemple le morceau CandleGoat ; c'est un morceau de Sunn O))) tout ce qu'il y a de plus classiquement barbant, avec, O merveille, un grognement sursatur aprs plusieurs minutes de nant artistique. L je dis BRAVO, vraiment. Que vouliez-vous que j'en fisse, sinon de l'ironie de bas tage.

A mon sens, deux morceaux seulement relvent effectivement du black metal, ou du moins d'une vague influence de celui-ci. It Took the Night to Believe a effectivement la particularit de nous servir un riff hypnotique en boucle pendant bien assez longtemps pour en devenir dj emmerdant, parce que srieux, ce riff n'est pas mauvais, mais il est un peu trop sautillant pour tre crdible dans un tel contexte. Premier chec, donc. Quant la relecture d'Immortal, et bien force est de constater que c'est peut-tre le morceau le plus intressant du disque. videmment, on ne reconnat rien, part un certain art vocal que je qualifierais de rgurgitatoire (malgr une voix trs diffrente), mais au moins le morceau peut se targuer de nous agresser un tant soit peu et d'avoir su conserver merveille la dimension blizzard des Norvgiens en l'alliant au son envahissant de Sunn. Du coup, il fait froid, trs froid. Notons l encore que l'allgeance au black metal est purement conceptuelle.

Finissons donc notre petit tour d'horizon du disque en mentionnant Sin Nanna, qui pour la peine reprsente un excellent morceau de dark ambient multidimensionnel, dont on regrettera la brivet. Les deux derniers morceaux reviennent des formats plus habituels, le bon vieux quart d'heure, mais je reste assez mitig. Cry for the Weeper possde une tension et une profondeur certaines, qui tendent malheureusement se dissoudre au final dans la monotonie complaisante dont fait preuve le morceau aprs quelques minutes. Trs dommage. Bathory Erszebet quant lui (ou elle, si vous prfrez) souffre d'une construction binaire trop basique pour soulever le moindre intrt. Passes les premires minutes qui laissaient prvoir une ventuelle monte de nervosit, la deuxime partie du morceau dbarquent bien trop schement pour qu'on puisse s'en rjouir, pour nous mener pniblement travers les dernires minutes de l'album grce aux ructations d'arrire-garde qui ridiculisent plus qu'elles ne valorisent la musique de Sunn. Certes, c'est monumentalement dgueulasse, mais c'est aussi terriblement strile. Ceci dit, ces deux derniers morceaux sont les premiers me rappeler vaguement l'atmosphre que dgageait FWTBT sur Flight of the Behemoth, c'est toujours a de pris.

Pour vous rsumer les griefs qui m'habitent propos de cette plaque, ils reposent sur deux choses : d'abord la rduction du format des morceaux provoque, conjointement une tendance l'parpillement, des sautes d'ambiance qui nuisent en profondeur ce que j'attendais d'un tel groupe (notez que je disais dj a quand White1 est sorti, et que dj l'poque cela relevait du procs d'intention, donc mon argument ne vaut que pouic). Mais secondement, et c'est plus grave je pense, o est pass la tension ? Alors que White, pre et fils, parvenaient me maintenir constamment sur mes gardes pendant deux heures, mme aprs des dizaines d'coutes, Black One, mme plein volume, parvient juste m'agacer. Pas la moindre surprise, pas la moindre densit. Bref. ce disque, monsieur, quel ennui.

Black one en trois mots : prtentieux, ennuyeux, boutonneux


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