Nirguna
le 21 octobre 2005 (1494 lectures)

   Epic doom

Chroniquer ce genre de disque, c'est du pain bni pour les mecs qui cherchent comme moi faire semblant de connatre leurs classiques, imaginez un peu : dj c'est le premier album, alors a c'est toujours super pratique, on peut le chroniquer sans connatre toute la discographie du groupe, c'est pas un problme. En plus, pour moi qui ai un vritable problme de foss des gnrations, qui ne suis pas foutu de reconnatre la moindre qualit aux grands classiques des annes huitante (j'aurais pu l'crire avec des chiffres, mais je tenais mon petit rgionalisme, aujourd'hui), tomber pour une fois sur un disque que je trouve excessivement plaisant me permet de me la jouer un peu respect des anctres , alors qu'au fond rien ne m'emmerde davantage que ces thories patriarcales sur les fondements gnalogiques de la merde qu'on coute aujourd'hui. Est-ce que vous auriez l'ide de baiser votre belle-mre ? Bon, on doit trouver des exceptions, mais enfin, vouloir tout prix voir le mieux dans le vieux relve mon sens de l'atavisme dlibr. Ce petit prambule destin videmment vous rappeler que cette chronique ne sert rien d'autre qu' me refaire un peu la main aprs un bref exil, sur un album qui n'a pas du tout besoin qu'on parle de lui de toutes manires, et puis surtout de dconstruire encore un peu le discours critique que certaines mes charitables tendent me prter.

Nous disions donc. Ce disque est vieux, ringard, mlodique, permanent et en plus y a un crne sur la pochette. Old school quoi. Et en mme temps, ouah. Quelle tuerie. Pendant que la NWOBHM joue au polo, y a des mecs, en Sude qui se mettent creuser vers un truc un peu plus viscral et souterrain que les vertes prairies thres et les grosses cylindres, tout en vitant brillamment de devenir extrme proprement parler. Ce premier album de Candlemass prsente mon sens deux grandes forces : son chanteur, que je trouve infiniment plus touchant que Messiah qui le remplacera par la suite et qui semble tre l'objet d'un culte qui m'chappe totalement, et surtout cet amoncellement de riffs d'anthologie et de solos grandiloquents, tour tour incisifs, poignants ou violemment headbanguants. Ce disque russi le pari improbable d'tre la fois groovy et outrageusement dsabus.

Si les textes peuvent paratre relativement cucul la praline, force est de reconnatre qu'ils sont remarquablement adquats, bien crits, et qu'ils contribuent ncessairement au sentiment pique qui se dgage de morceaux comme. euh comme tous les morceaux de l'album en fait. Epicus Doomicus Metallicus est vraiment la preuve qu'avec trois fois rien on peut faire un grand disque. Ecoutez-moi ce son, tellement limpide, pas de fioritures qui sentent un peu trop ouvertement l'ing son, c'est dpouill, net, a claque ! et il ne reste que la qualit d'criture des morceaux pour faire de ce disque ce qu'il est vraiment, une perle. Ok ok il y a une foutue reverb' sur la voix, mais enfin, on a rien sans rien. et le final s'encombre d'une voix thre dont on se serait volontiers pass, pensez donc, trente secondes du carton plein. Mais peu importe, car EDM est un album homogne, efficace, j'oserais mme dire beau, et surtout, jamais ennuyeux, malgr des morceaux de sept ou huit minutes en moyenne. Allez hop, c'est un classique, mme moi je m'en rends compte.

Epicus doomicus metallicus en trois mots : pique, dat, imprissable


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