HUATA - Lux Initiatrix Terrae
2018 · Musicfearsatan

Détails

EyeLovya
le 20 janvier 2019 (15619 lectures)

   Traditional doom Drone doom Progressif

Quelle beaut. Il a du s'en passer des choses dans la vie des Huata pour sortir cet album sept ans aprs l'excellent Atavist of Mann, un disque fondamentalement doom si puissant que mme Cathedral y a t pomper un riff. Lux Initiatrix Terrae est lui aussi, j'imagine, fondamentalement doom dans la forme. Au niveau des guitares, pas de place au doute, les amplis Sunn pathognomoniques + la production irrprochable qui les fait sonner comme des btonneuses ronflantes, allis un savoir-faire de forgeron en matire de riffing, batterie-guitare-basse seules auraient dj sonnes comme un stoner doom hautement qualitatif.

Mais voil qu'en sept ans, nos rennais ont mri, lch un peu de lest ct Electric Wizard et consorts, t un petit peu calm en redcouvrant les moments de gloire du prog rock des annes 70, se sont mang quelques baffes dans les rcents blockbusters de sci-fi au cinma, et se sont probablement dcouvert une spiritualit nouvelle dlaissant maintenant le classique occultisme capuche pour crer un....nouvel occultisme capuche, mais celui du futur cette fois.

Parce qu'en vrit, alors que j'aimais d'abord voir le passage d'Atavist of Mann celui-l comme une transition la Huysmans entre L-bas et En route, je me complais maintenant en prendre plein les yeux et le contempler comme une majestueuse mise sur pellicule -en grand spectacle la Christopher Nolan- de l'dification de la premire cathdrale dans l'espace, ct BTP, c'est la part stoner doom, comme ct culte religieux. Et ce deuxime aspect, segment haut du spectre, qui n'a pas tre religieux d'ailleurs, est musicalement fourr d'une intelligence mlodique dsarmante, et plus simplement, d'une finesse qui laisse coi, de plus en plus impressionn que je suis au fil des coutes. Au del des parties crasantes au chant cri qui font toujours leur effet depuis les dbuts du groupe, la grande majorit de l'album est nimbe de la communion des voix et de l'orgue, qui s'entremlent sans fin dans une sorte de vocoder douteux d'abord, puis rapidement indispensable. Le plus tonnant ici reste que ces rsonances magntiques de l'orgue et les harmonies terrassantes au chant sonnent bizarrement finlandaises, et plus prcisment trs Pasi Koskinen : j'ai vraiment l'impression d'y retrouver parfois le plus mouvant des Shape of despair poque Illusion's play/Written in my scars, sur le premier titre en particulier qui valide la tendance sur la fin lorsqu'ils nous sortent cette petite ritournelle de synth la Amorphis. Le reste du temps, c'est galement Elder que l'on pensera, en plus sombre et poussireux bien sr, et surtout sans les cheveux longs et propres de hros de conte de fe, mais dans cette mme mouvance du doom construction Yes-friendly qui intimide et touche tellement.

Un dernier point, Lux Initiatrix Terrae sonne comme un disque de funeral doom positif et intemporel. Un truc srieux mais plein d'espoir, lumineux comme le requiem de Gabriel Faur, valorisant la beaut du passage plutt que l'apitoiement sur ses limites, inspirant plutt que le repli sur soi et l'habituelle dpression, l'ouverture et le ravissement. Bravo.

Lux Initiatrix Terrae en trois mots : noble, majestueux, cosmique


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