Derelictus
le 24 décembre 2018 (13252 lectures)

   Traditional doom Stoner

Lon ne pourra pas dire que lanne deux mille dix huit aura pas t avare de bonnes surprises dont cette sortie inespre de The Sciences, le tant attendu, - doux euphmisme - album de Sleep. Celui que tout le monde a rv ou fantasm pendant des annes. Malgr tout, quelques voix discordantes ont tout de mme exprim quil y manquait peut tre un titre plus long et o le groupe lche un peu la bride pour rellement satisfaire les plus intransigeants, ceux qui ne jurent que par Dopesmoker notamment, et ses longues plages instrumentales. Cest chose faite avec ce Leagues Beneath paru sur les ondes des internets un mois aprs la sortie de The Sciences, et qui se rapproche un peu de lalbum cit auparavant, sans lambiance dsertique cependant. A lcoute de ce titre de quasiment dix sept minutes, la question qui se pose, cest pourquoi le trio ne la pas plac sur The Sciences directement car lon y retrouve tout ce qui fait le charme de ce groupe, avec notamment ces riffs qui donnent limpression de rester en apesanteur et qui sont rpts jusqu plus soif, confinant rapidement cette impression de stase ou de transe. Cest notamment le cas avec ce riff principal compos uniquement de trois notes, avec quelques variantes, mais qui simprime parfaitement dans votre cortex. Comme quoi, chez Sleep on a certes des gros amplis, mais on sait surtout composer des vrais riffs. Car la magie opre trs rapidement et lon ne fait plus quun avec cette musique, comme si lon nageait dans des fluides cosmiques, que la gravit navait pas rellement deffets sur nous, que tout ce voyage nest que batitude et plaisirs des sens, tous, pas seulement loue.

Lon se fait rellement irradi par cette musique la fois solaire et aquatique, mais dans ce ct en eaux calmes et tempres, avec quelques embruns parfums lindica comme pour mieux profiter de cette musique, de la vivre pleinement au plus profond de sa psych. Lon sait aussi faire quelques remous de ce vaste ocan de couleur meraude et nous rappeler par la mme occasion que lon sait jammer et trs bien spancher dans des instants plus intenses o la filiation avec Black Sabbath est plus quvidente. Cest aussi dans ces moments plus vloces que lon se rend compte quel point le trio est rellement soud et mu par cette mme volont de se faire plaisir dune part mais aussi de nous gratifier, nous pauvres hres sans repres, notamment avec cette aisance communiquer une sorte de bonheur universel. Et malgr cela, il sait galement faire redescendre la pression pour nous faire de nouveau voguer paisiblement vers des horizons plus apaiss, avec une petite touche nostalgique la clef, comme pour mieux faire comprendre que le priple est termin, et que lon vient de redescendre vers le monde rel. Tout ceci est bien simple, je vous laccorde, mais peu de formations, voire quasiment aucune, nest encore capable de nos jours de faire ressentir de telles choses, davoir tout autant cette science du groove que celle des montagnes russes en gardant une grande fluidit dans tous ces enchanements. Ce nest pas donn tout le monde de faire aussi bien voyager que ce groupe, lon retiendra ce titre que Al Cisneros se fait assez discret au niveau du chant, et rien que pour cela lon ne peut que sincliner devant la maestria de Sleep, une nouvelle fois, mme quand cela est fait de manire plus dpouille.


Leagues Beneath en trois mots : pike, cisneros, roeder


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