ROMAN NOIR - Flesh - Quartet I
2018 · [ autoproductions ]

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Derelictus
le 14 octobre 2018 (5355 lectures)

   Grunge

Ambiances nocturnes et venimeuses, entre menaces et caresses, o lon est tout autant embourb dans une espce de menace qui peut surgir chaque recoin de ruelles, o les colombages des maisons sont tout autant patibulaires que des barreaux de fers, quavoir limpression dun dcor vieux et cramoisi qui dfile lentement devant soi alors que lon est bien au chaud dans son appartement en brique rouge, tandis que dehors, il pleut depuis des heures. Cest videmment ce type dimages qui viennent lesprit sur ce premier effort du trio et le choix du nom du projet nest pas uniquement un effet de manche. Il prend tout son sens sur ces quatre titres qui savent tout autant souffler le chaud et le froid, et font montre de la matrise du clair obscur, encore que le clair prendrait ici plutt des teintes rouges vives. Il y a tout autant de nonchalance que de dynamisme dans ces quatre compositions qui dpeignent bien ces anti-hros qui ont autant dclats que les pavs de la rue du Gros Horloge, et qui sont plus enclins au spleen et la dprime, - dprime que lon noiera volontiers dans quelques centilitres de Requin -, qu la joie de vivre. Pour cela, il faudrait quil y ait des raisons de se rjouir et dtre capable de profiter de lclat du jour: ceci nest nullement lordre du jour ici.

Ce nest pas que lon veuille se faire volontiers mchants et hostiles tout prix, lon sait aussi, et mme trs bien, amadouer sa proie par des mlodies qui suintent parfois dun blues dlav et sali, pour peu quil ne parte pas en trombe dans les sentiers du bruit blanc, histoire de dissimuler ses intentions. Car cest souvent la tactique de lcran de fume qui est prise et lon veut bien faire prendre des chemins de traverses ou des soi-disant raccourcis, pour, au premier coin sombre venu, se ruer sur sa victime, en sortant son arme de poing, que ce soit un couteau ou un petit calibre, que lon avait savamment dissimul auparavant. Et puis rien de mieux que de sbaudir par moment dans des sillons plus visqueux, histoire de faire baisser lattention de lauditeur, de lpuiser un peu par la mme occasion et aussi lui faire dtourner lattention, pour mieux courir et faire dispersion aprs avoir tap l o a fait mal.

certains gards, il y a un peu ici le mme sel qui faisait le charme dUndersmile, que ce soit cette nonchalance, ces mlodies dsabuses, ou bien encore cette dualit des voix, mme si le trio ne fait pas ici de vol stationnaire sur les annes quatre vingt dix, mais prfre plutt rendre hommage Ellroy et consorts, mme si parfois l'on pense aussi au premier album de Hole, avant que Courtney ne se dcide de jouer le rle de la veuve noire et de se dbarrasser de son poux trop encombrant. Tous ces sentiments prennent bien sens sur ces quatre titres qui, sans se dpartir dune certaine efficacit, savent aussi jouer la carte labyrinthique et, incidemment, ne sombrent pas dans lvidence pr-mche, pour mieux tisser leur toile afin dy piger leurs proies, donnant ainsi tout cela une dure de vie bien plus grande que celle dun roman de gare. Gageons que le Quartet II suive prochainement.


Flesh - Quartet I en trois mots : rouen, droite, confidential


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