DOOMRAISER - Erasing the Remembrance
2009 · BloodRock Records

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Derelictus
le 08 octobre 2018 (7305 lectures)

   Traditional doom

Finalement, Doomraiser naura pas t le groupe dun seul album, cest dire leur premier album, et si la sortie de Erasing the Remembrance avait fait moins de bruit dans le Landerneau du doom metal, sans doute par effet de mode, il recle pourtant moult qualits. Sil ne fallait pas sattendre un grand chamboulement entre Lords of Mercy et le prsent Erasing the Remembrance, cest dailleurs la moindre des choses provenant dun groupe de doom metal traditionnel, il ne faut pas non plus nier lapparition de quelques petites diffrences entre les deux ralisations. Rien de sensationnel, en soi, mais lon peut tout de mme noter ces quelques petites incursions dans un registre plus rentre dedans, comme ce riff en palm muting limite thrash metal et sentant bon le Cathedral post Endtyme en pleine reconnaissance de ces influences les plus mtalliques sur The Raven, ou bien ces quelques soubresauts rythmiques venant mailler cet album, linstar de lacclration sur C.O.V. (Oblivion).

Et en parlant de la formation de Tonton Lee, cest assez flagrant linfluence quont pu avoir les anglais chez les romains, que ce soit dans ce groove insolent que dans ces incartades plus chaloupes, qui rendent cet album assez intressant. Cela, au mme titre que cette facult de passer du coq lne au sein dun mme titre, cest dailleurs lun de leur meilleur tour de passe-passe. Cela rend lensemble bien moins monolithique que laisserait supposer la longueur des titres, entre huit et quinze minutes, si lon ne prend pas en compte les deux plages introductives. Lon aurait pu penser que le premier album naurait pas tanch la soif de riffs et de soli de nos joyeux pourfendeurs des modes et portes tendards du heavy drunken doom, cela nest nullement le cas. Lon sent que nos hommes savent de quoi il en retourne, savent faire autant cracher la poudre que caresser dans le sens du poil, souvent laide de passages bien plus doucereux, histoire de mieux jouer sur les contrastes.

Et ces contrastes sont aussi accentus par lexcellente prestation du chanteur Cynar qui est tout autant capable de rendre hommage Glenn Danzig qu Tom G. Warrior, et cela fait aussi un peu la diffrence par rapport la concurrence et ainsi faire pencher la balance en faveur de Doomraiser. De toute manire, un groupe de doom metal peut rapidement devenir quelconque sil na pas un bon chanteur pour mener sa barque, quelques soient les qualits des compositions. Lautre trait de caractre qui saffiche ici, cest que le ct pilier de comptoir revendiqu par les italiens sefface un peu pour quelque chose de bien plus srieux et de mystrieux, mme si nous ne sommes pas encore au niveau dun Reverse (Passagio Inverso), mais un titre comme Vanitas, le pinacle de cet album, en est tout de mme une belle dmonstration. Parce que le groupe y est capable dy installer une vritable atmosphre inquitante et teinte de mysticisme, linstar de ce que reprsente la pochette de cet album.

Je ne vais pas vous faire le tour complet du propritaire, parce que lon aura rapidement compris qui lon avait faire ici. Car si il y a de laudace et mme de linventivit, il y a galement une manire de faire qui est assez plaisante et un peu passiste. Cela a beau tre un disque de la fin des annes deux mille, il aurait trs bien pu sortir une quinzaine dannes auparavant. Et cest bien cette intemporalit de leur musique, ce ct qui coule de source, qui font clairement la diffrence. Cest facile de rpter des recettes cules jusqu plus soif, cela lest moins de faire un peu de neuf avec du vieux et du vintage. L est toute la russite de ce deuxime album, qui, sil npate pas ds les premiers instants, en a suffisamment dans le ventre pour tenter de reprendre un trne laiss vacant, cette priode, en matire de doom metal.


Erasing the Remembrance en trois mots : verdtre, accident, persuasif


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