Krokodil
le 15 septembre 2018 (6733 lectures)

   Industriel Freak doom Black metal

Difficile de dire si lon sy sent vritablement proie ou empereur, si lon observe la flamme depuis lextrieur ou au coeur mme de son foyer, si notre corps tend se disperser dans les vapeurs dacide sulfurique ou sil est lpicentre dune orgie dionysiaque En fait, l'coute d'un album de ce calibre, difficile de placer ses impressions, fluctuantes et visqueuses comme le magma, sur une ventuelle chelle de la plnitude quand celles-ci flirtent galement - et plus encore - avec celle de la liqufaction crbrale pure, dans un festival de vilnie et dhybridit, qui lentement anesthsie nos fonctions motrices pour mieux nous livrer sa puissante drive psyche... Et je vous passerai volontiers les thories sur la gmellit entre orgasme et souffrance, mais bordel de dieu, ce disque vous fait aimer lenfer dans toute sa diversit. 

On sy vautre de toute sa masse comme devant un triptyque du pre Bosch. On sattarde sur chaque petit centimtre carr de dsolation, corps et me progressivement absorbs par la beaut vnneuse et hyper-dtaille d'une toile aussi macabre qu'exotique. On y cherche perptuellement labomination qui nous chappe tandis que lon chappe perptuellement labomination qui nous y cherche. Langoisse se fait exquise, la quitude se fait insoutenable, et lon finit par sy oublier comme dans les intestins de lOuroboros, aliment par son propre venin... Pour ainsi dire, l'on pourrait sextasier des heures durant sur ce concentr doccultisme et de dviance projet en terres (post-)industrielles, et voir dans sa flamboyante Ghenne sidrurgique une nature luxuriante, une terre nourricire, un oasis prt accueillir toute la dgnrescence du monde, un Styx chaleureux comme le ventre maternel, dans lequel lon pourrait enfin se retrouver entre pcheurs et pcheresses, et fondre jusqu fertiliser le sol, ou transformer le plomb en or ; lodeur du soufre mle celle du stupre, le got de la chair magnifi par celui du mtal. 

Bref, bel autoportrait que nous livre ici l'insaisissable P.H.O.B.O.S. Un album semblant la synthse de son parcours, de ses influences diverses (curieux d'ailleurs que l'on ne cite pas plus souvent Techno Animal et les premiers albums d'Esoteric...) et des contradictions inhrentes ses exprimentations actuelles comme passes. Album dans lequel les vieux disciples que nous sommes (supporter since 2004 perso) seront flatts de retrouver les ruines mcanodes et le groove fivreux de Tectonics, la cyber-monumentalit et le groove rampant d'Anoedipal, l'abstraction tentaculaire et l'absence totale de groove d'Atonal Hypermnesia ; ainsi  qu'une sacre bonne dose de nouveauts. Car toujours plus loin de l'quation rcurrente et combien rductrice "Godflesh + Blut Aus Nord", P.H.O.B.O.S. se distingue une nouvelle fois par la richesse de son propos et l'atmosphre tout fait unique qu'il dlivre.
Comment ne pas s'en rjouir ?

Phlogiston Catharsis en trois mots : alchimiste, lancinant, centrifuge


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