DOOMRAISER - Lords of Mercy
2006 · Iron Tyrant

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Derelictus
le 09 septembre 2018 (10242 lectures)

   Traditional doom

Dans la srie des groupes avec le mot doom dedans, je navais pas encore eu loccasion daborder le cas Doomraiser, qui, comme son patronyme le laisse penser, pratique du doom metal, heavy drunken doom, pour tre plus prcis, et selon les dires des musiciens. Originaire de la ville ternelle, le quintet sortait en deux mille six son premier album, aprs stre fait remarquer avec son excellente dmo Heavy Drunken Doom, une anne auparavant. Il nest peut tre pas anodin de replacer lmergence de ce groupe dans son contexte, soit le milieu des annes deux mille, et une certaine redcouverte du doom metal traditionnel la suite du succs de Reverend Bizarre. Sans que les romains soient forcment inspirs par les finlandais, lon retrouve tout de mme sur cet album, qui dpasse les cinquante cinq minutes au compteur, des titres assez longs, entre huit minutes et treize, qui sont un peu les signes de lpoque. Sauf que le quintet nest pas aussi obtus et austre que les finlandais: il sait faire preuve de bien plus de varit dans ses compositions, et a surtout une excellente paire de guitaristes pour agrmenter tout cela. Lon mettra peut tre cela sur le coup de lalcool, encore que cette revendication ne se ressent nullement dans leur musique, qui, si elle peut avoir des consonances enjoues, sait aussi prendre des attraits bien plus graves.

Cest en tout cas cette facult une certaine varit, mais dans le sens camaeu de gris pour le moment, et donc proposer des compositions rallonge toutes sauf monolithiques et ennuyeuses, qui donnent Doomraiser un capital sympathie. Lon est en effet face un groupe qui a non seulement acquis la science du riff doom metal, qui sait ce quest le respect d aux Grands Anciens, mais qui est aussi bourr de talent et nanti dune bonne inspiration. Cela signifie que lon a ici un riffing vraiment efficace, avec des motifs suffisamment martels pour bien faire sentir la chape de plomb sous laquelle ils veulent nous figer, mais point trop pour viter les hauts de cur. Lon a aussi suffisamment de soli ainsi quun trs bon travail mlodique pour avoir envie de tout autant headbanguer que de mimer certains gestes sur une guitare imaginaire. Et il faut avouer quil y a une grande puissance qui se dgage de tout ceci, la cellule rythmique avanant lentement, - oui parce que a nacclre que trs rarement et, le cas chant, pas vraiment de manire fulgurante -, mais srement vers son objectif, russissant l o Hannibal Barca avait chou en son temps. En fait, si lon devait rapprocher Doomraiser, et notamment sur ce premier album, dune autre formation, ce serait avec The Bottle Doom Lazy Band. Les similitudes sont assez grandes entre les deux groupes, et lon a surtout ce feeling assez rock qui est aussi une grande force des romains.

Autre domaine o il faut galement saluer Doomraiser, cest quils affirment ici aussi une certaine diffrence vis--vis des groupes de son pays, avec un rendu trs traditionaliste, et non pas un peu kitsch, part peut tre ce clin dil Cathedral sur Doomraiser et ses relents dUtopian Blaster, et un peu occulte et limite gothique, comme lon peut rencontrer chez nombre de leurs compatriotes. Il ny a dailleurs pas un ct too much ici, mais quelque chose de trs plaisant avec un feeling unique, et, cerise sur le gteau, un leader en la personne de Cynar qui transcende bien lensemble avec ses vocalises assez railles et surtout trs puissantes, rappelant parfois Glen Danzig dans certaines de ses intonations. Cest, l aussi, un point commun avec nos poitevins et cest surtout une vidence que sa prsence est clairement ce qui permet aux italiens de marquer le pas et mme daccentuer leur particularit. videmment, Doomraiser ne donne ni dans la flamboyant, ni dans le tape lil, mais affiche quand mme une personnalit trs intressante, pour ne pas parler dintgrit, en pratiquant un doom metal savamment dos et particulirement bien excut. Cest mme dailleurs plaisant de se dire que ce Lords of Mercy na rien perdu de sa fracheur avec les annes, et que des albums dune aussi bonne qualit dans ce registre ne sont pas si lgions que cela.

Lords of Mercy en trois mots : urbi, et, orbi


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