WHILE HEAVEN WEPT - Sorrow of the Angels
1998 · Eibon

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Derelictus
le 12 août 2018 (15418 lectures)

   Epic doom

Mes enfants bonsoir

Daprs votre courrier, vos mails et vos messages privs que je reois, - toujours aussi abondants et merci bien -, beaucoup soffusquent de certains de mes propos, et lepic doom metal par ici, et je te sors lpe du fourreau par l, et je te dterre la hache de guerre par l, et cela ne parle de guerre encore ici, et encore l du sens de lhonneur, et jen pense et des meilleures. Daucuns me souponneraient mme dtre un vil machiste qui ne pense musique uniquement quavec ses parties gnitales au lieu de son cur et de son me. Surtout en deux mille dix huit o prner de telles valeurs est devenu inacceptable, voire mme trs tendancieux, et que pour certain dentre vous, lon se croirait en train de lire une excroissance musicale du Premier Sexe dans ces pages. Dans tous les cas, il semblerait quune majorit croissante dentre vous ne semble apprcier laffirmation dune certaine virilit dans la musique. Bref, tu tes tap lintgrale des albums de Pallbearer, True Widow, Swallow the Sun, Tristania, Funeral et autres Katatonia des annes deux mille et tu viens me chercher des poux dans la tte parce que je mets en avant dautres types dambiance que celles que tu prfres, et aussi parce que tu t'es fait engueuler par ta rgulire parce que tu coutais le dernier Solstice.

Cest bien lgitime.

Il est vrai que je ne cache pas mon amour pour tout ce qui est pique et homrique, mais de l en faire des pantomimes de ce genre, avouez que cest un peu fort de caf. Une amie, dont je tairais le nom, - secret professionnel oblige -, me disait il ny a pas trs longtemps:  mon cher Derelictus, le doom metal ne doit-il pas tre un vecteur de nobles motions telles que la mlancolie, laffliction et le sentiment dabandon? . Je lui ai dit:  mon cul, ouais: cest les fanfouettes qui disent a! . Nanmoins, cest un peu gnant de passer pour ce que lon nest pas et ainsi perdre toute occasion de briller en socit et donc de sy faire accepter, au lieu davoir les autorits morales et bien-pensantes sur le dos.

Alors, que faire?

Il ne faut jamais, - au grand jamais ! -, rester ferr dans ses retranchements, au risque de passer pour un fieff arrir mental, dun de ces virilistes qui ne savent pas voluer avec leur temps. Il faut pour cela raison garder, une certaine diffrence prner et dmontrer que lepic doom metal peut aussi se faire beau et pleurnicheur et mme parler de ruptures sentimentales pour rassurer vos ouailles. Oh et pour cela, pas besoin de chercher trs loin, hein, puisque le premier album de While Heaven Wept viendra ce point faire taire toutes moqueries et montrer que lon peut trs bien reprendre son compte une grammaire musicale chrie et den faire quelque chose de rellement touchant. Il ne faut dailleurs pas hsiter donner des gages et de faire lire les titres des quatre compositions que renferment ce disque pour tout de suite saisir que lon na pas faire des chevaliers en culottes courtes, mais bien des hommes qui savent ce que cest que de souffrir. Et tant pis si cela donne limpression davoir t crit par un Aaron Stainthorpe en pleine priode de rupture sentimentale, et dailleurs, les paroles sont du mme tenant, il ne faut pas hsiter dinsister l dessus. Encore que Tom Phillips nen fait pas de trop au niveau du chant, au contraire de ce que lon peut parfois trouver sur l'excellent Of Empires Forlorn. Bref, on peut friser le ridicule, avec ce ct un peu too much, avouons-le, mais cela est bien ncessaire.

Il ne faut pas faire fuir son auditoire et lui montrer que ce disque est loin dtre de lesbroufe et fait rellement son travail et a toute sa lgitimit au sein de cette scne. Certes, Tom Phillips, le leader de While Heaven Wept aura pris le temps de peaufiner ses compositions pendant les annes quatre vingt dix, mais au moins est-il parvenu quelque chose dabouti, comme en tmoigne ce titre douverture de prs de dix sept minutes, et sans doute lune de ses plus belles russites ce jour. Il y a quasiment tout ce qui pourrait dcrire la formation amricaine passe et mme actuelle, le titre dmarrant par une succession daccords simples et pesants, dveloppant une atmosphre assez solennelle, montant peu peu en intensit, avant de laisser place un break aux arpges, trs beau au demeurant, avant que tout ceci ne sembrase dans une veine bien plus enleve, quasiment power metal, avec soli et tout ce quil faut pour tayer une contre argumentation par rapport aux reproches voqus plus haut. Les deux autres compositions sont lavenant de celle-ci, certes moins intenses et ne montant pas aussi vite dans les tours, mais elles valent leur pesant dor pour ce qui est de lmotion pure retranscrite, dans ce quun homme peut avoir de blessures, de mlancolie et de pleurnicheries. Dailleurs tout ceci se noie dans les trs beaux arpges acoustiques de September qui boucle les dbats. Et autant dire que dun point du vue musical, nous sommes loin dtre en prsence de manchots et de freluquets ne sachant maitriser leurs instruments. Non, cela tient videmment bien la route, et cela met trs bien en avant toute la sensiblerie dun homme qui en a gros sur le cur et qui sait le dmontrer et le faire partager sur ces trs belles trente neuf minutes.

Alors? Merci qui? Merci mon chien? Non merci monsieur Derelictus pour cette belle dcouverte.

Allez, en vous remerciant, bonsoir.

Sorrow of the Angels en trois mots : not, all, men


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