HOODED MENACE - Ossuarium Silhouettes Unhallowed
2018 · Season of mist

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Derelictus
le 11 août 2018 (15836 lectures)

   Doom death

Comme souvent lorsquun groupe tabli signe chez les franais de Season of Mist, lon peut avoir certaines craintes tant donn la loi de la signature chez les sudistes qui a souvent t synonyme de la sortie dun mauvais, voire trs mauvais, album pour ledit groupe nouvellement sign - Morbid Angel, a vous dit quelque chose? -, mme sil existe lexception Esoteric pour contredire, ou corrler cette loi. Ceci constituait un priori assez lourd pour la sortie de ce cinquime album des finlandais, qui a bien suivi son petit bonhomme de chevalier mort vivant depuis une bonne dizaine dannes. Lautre inquitude concernant cet album ntait autre la volont de Lasse Pyykk de laisser une bonne fois pour toute le poste de chanteur. Et pourtant, toute inquitude est leve ds lexcellent Sempiternel Grotesqueries qui ouvre admirablement cet album. Lon ne va pas se mentir, Hooded Menace vient de russir la gageure pourtant difficile de montrer des signes dvolutions sans se dpartir de sa patte.

Ici il est videmment question de ce doom death metal lancienne si je puis dire, mais pas dans cette veine induite par la redcouverte rcente de diseMBOWELMENT dont se font montre pas mal de jeunes formations ces derniers temps, mais bien de ce doom death metal granitique, ancestral et minral, la fois pesant dans ses circonvolutions, et putrides dans ces attaques vloces, rappelant dans ces moments prcis la scne finlandaise des annes quatre vingt dix, elle aussi bien remise au got du jour. Il est vrai que Hooded Menace, a toujours t un peu une question de vnration des Anciens, cette volont de se faire plaisir en reprenant un vocabulaire musical surann. Et il en est toujours question ici, avec cette coloration qui vient nous rappeler les vieux Paradise Lost, lacclration pataude de Cathedral of Labyrinthine Darkness pourrait venir de Gothic ou Shades of God, et le Cathedral en pleine priode forestire, dans ses instantans les plus pesants, la posie de Lee Dorrian en moins. En fait, et si je devais faire un parallle avec une sortie contemporaine, avec cet album, les finlandais reprennent un peu le mme sillon que la bande de Nick Holmes sur Medusa, les influences gothiques en moins, cela va de soi.

Lon y retrouve ce mme amour du riff qui tabasse, qui fait lessence mme de ce style musical, et dont le groupe nous assne sur chaque titre. Cest mme ce qui en fait un vrai nectar, avec galement des leads et des harmonisations comme la grande poque, et lon sent les musiciens tout aussi appliqus quinspirs. videmment, tout ceci na strictement rien de rvolutionnaire, mais est-ce vraiment la volont du quartet qui a toujours revendiqu ce ct hommage ses influences, il suffit de voir la reprise choisie pour agrmenter la version digipack de lalbum pour finir de sen convaincre. Donc, rien de rellement renversant en matire de remise en question dun genre, mais juste lamour du travail bien fait, comme un artisan derrire son atelier qui faonne ses objets avec tout lamour et le respect des traditions et des leons reues de la part de ses matres. Et bien, cet album, cest tout fait cela. Il faut dire que le nouveau chanteur assume bien ses responsabilits, lon connaissait dj son travail avec Horse Latitudes, mais il faut admettre que ses growls bien caverneux cadrent extrmement bien avec lensemble.

Et il y a toujours ces petites trouvailles pour agrmenter chaque titre de motifs, de rexpositions ou de montes en puissance, comme sur Cascade of Ashes, ou les leads harmonises en double sur Charnel Reflections. Cela tant dit, dans les grandes lignes, tout ceci reste dans la continuit du prcdent effort, ceci prs que lon retrouve une coloration plus mlodique dans lensemble et quelques nouveauts assez intressantes, dont ce passage que lon pourrait croire sorti tout droit de Brave Murder Day sur In Eerie Deliverance, avec le mme type de phras et le mme type de reverb et de delay, et qui sincorpore admirablement bien lensemble, cest cela qui est le plus surprenant et le plus jouissif, parce que ce motif est tellement bien amen quil en devient enttant. Chose que lon retrouve aussi sur Charnel Reflections, donnant lensemble une petite empreinte mlancolique des plus dlectables.

Cest tout cela qui concoure faire de cet album une trs belle russite, en tenant compte de tous les rserves que lon pouvait avoir sa sortie, avec cette touche vraiment old-school vraiment apprciable, - mme dans la dure de lalbum qui excde peine les quarante minutes -. Nul besoin dajouter que Ossuarium Silhouettes Unhallowed fait partie de ces incontournables de cette anne deux mille dix huit, et quil rappellera dans son giron toutes les mes gares la recherche dun excellent album de doom death metal, comme il ne sen fait plus trop de nos jours.


Ossuarium Silhouettes Unhallowed en trois mots : puissant, rtrograde, admirable


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Avis des auteurs

Excellent
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