intheseblackdays
le 23 avril 2018 (22121 lectures)

   Traditional doom Stoner

Nous y voil. Quand Black Sabbath rend les armes, Sleep reprend du service. Un petit vnement en soi, un miracle aussi inattendu quespr dans les microcosmes du doom metal et du stoner rock (a dpend o lon se place).


The Clarity nous avait dmontr que les lgendes de San Jose avaient une ide derrire la tte et les tournes gogo. Au point quOm, hormis quelques concerts disparates, en soit rest au point mort depuis 2012 (tant mieux vu la haute teneur en encens et patchouli du dernier ?) et High on Fire, qui enchainait les sorties effrnes, a considrablement  ralenti le pas ; il faut dire que les 2 compres survivants de la formation initiale (Hakius conduisant un camion de primeurs dans les montagnes californiennes aux dernires nouvelles) ressemblent de plus en plus deux morses chous sur une plage aride, il faut leur laisser rpondre leur souffle. Bref, blague part, part quelques indices dissmins ici et l lors dinterviews, ce nouvel album ressemblait plus une nime arlsienne du rock quun rel projet concret. Les petits malins avaient bien prpar leur coup, jusquau choix dans la date de sortie, mais bon, cela, vous le savez dj.

 

Personnellement, The Clarity mavait conquis. Groove Sleepien, gros son, psalmodies, guitares acres qui dirigent lembarcation, dure fleuve, on se rapprochait largement plus de Sleeps Holy Moutain que dOm comme voulaient tout prix le dmontrer les dtracteurs. Restait donc savoir ce que donnerait un album complet de Sleep version 2018.

De prime abord, nous ne serons pas dpayss, les deux plus longs morceaux sont apparus en live depuis des annes voir des dcennies pour Sonic Titan, dj jou sur scne en 1992. Antarticans Thawed lui, me semble plus rcent dans ses apparitions scniques, quant son anne de cration, je ne saurai le dire, mais ces deux titres se rapprochent dans leur structure et leur groove Holy Mountain. Certes, les versions studio leur apportent peut tre une meilleure dfinition et quelques fioritures mais la surprise ntait pas vraiment prsente leur coute. Ce qui ne djoue en rien leurs qualits, le Sleep des 90s ayant quelque chose dunique dans son approche du rock singeant le Sabb (du stoner quoi). Attendez-vous donc du Sleep lourd, lent, rptitif, lancinant, agressif, qui fait entrer en transe.

Restait donc dcouvrir les "indits". ..

Lintroduction qui donne son nom lalbum ma laiss dubitatif. Cela  ressemble du pur remplissage o Cisneros et Roeder laissent Pike faire mumuse avec sa gratte, mvoquant plus le strip de Nagawika que me mettant en condition pour savourer le retour du roi. La private joke du titre qui donne son nom galement lalbum mchappe aussi quelque peu. ( la relecture, jen viens faire un parallle capillotract avec le fameux "FX" du Sabb sur Volume 4, qui a dj inspir nos compres et qui fut enregistr par Tony Iommi sous trs haute influence poudreuse. A la rflexion, a ne mtonnerait gure vu le thme de ce disqu heu de la discographie entire de Sleep, lherbe)


Marijuanauts theme souffre aussi de tares, mais rien au niveau musical. Sleep avaient-ils besoin dtre aussi clichs et explicites, eux qui ont rdig lhymne international et intemporel la fumette quest Dopesmoker, en nommant ce titre ainsi et en osant ouvrir la partition sur un bruit de bong ? Mme Electric Wizard, pourtant pas trs rput pour sa finesse, avait vit cet cueil (je sais bien quon peut nanmoins entendre ce bruit caractristique sur certains morceaux, mais cest plus subtil... ou pas) Bref, heureusement les riffs tonitruants font vite oublier ce "stupfiant" dmarrage et la rcitation mcanique de Cisneros entre rapidement en jeu. 
Il est dailleurs amusant de noter la diffrence de chant du bassiste selon lpoque de composition des titres. Cisneros aurait pu adapter ses lignes sa nouvelle faon de psalmodier mais Sonic Titan et Antarcticans Thawed en auraient perdu en superbe et en "authenticit vintage", le son et les outils de restitution actuels de celui-ci leur permettant de faire la liaison entre lpoque des dmos (SHM tant soi-disant une dmo sortie telle quelle par Earache), des productions trafiques de Dopesmoker contre leur gr et le Sleep de vieux quarantenaires barbus dfoncs et obses daujourdhui. 
Marijuanauts theme sinscrit nanmoins dans leur continuit mais possde un ct quelque peu plus rentre dedans pas dgueulasse. Le tempo est plus enlev et on ne peut sempcher de sourire la pense que certains passages auraient pu figurer sur The Art of Self Defense ou Surrounded by Thieves.


Vient ensuite ce qui est lhighlight de lalbum selon moi, Giza Butler, dont le nom hilarant ma fait pouffer quand jai dcouvert la tracklist, version phontique de Geezer Butler pass la moulinette Om, mentor de Cisneros qui lui rend ici hommage de fort belle manire. Lintro la basse fline, tout en calme et souplesse se dchire sur les meilleurs riffs du disque et on se retrouve rapidement dodeliner de la tte sous le groove dantesque du titre. La guitare Pike hurle, harcle dans son va et vient, la basse sature part dans tous les  azimuts, soctroyant mme un rapide intermde solo et Roeder qui jusque-l remplissant parfaitement son rle de remplaant de luxe dHakius (on ne remarquait pas franchement la diffrence et cest tant mieux) se lche et vrille nos tympans enflamms de cymbales retentissantes. Dommage quil soit aussi court.

Le disque se clture sur un titre aussi surprenant que lintroductif, The Botanist. Ballade stoner blues dope la ganja, dont quelques passages mont voqu Black Pyramid, cest l que je me suis rendu compte que certains les avaient sings jusqu presque sapprocher du graal. Reste quentendre Pike soliloquer riffistiquement dans une complainte hard blues survitamin avant de driver compltement avec le reste du groupe sur un final space rock jazzy de quoi laisser le fan le plus abruti la weed interloqu.

Il est ressorti au bout de ma premire dizaine dcoutes une impression dhtrognit, notamment au niveau du son, me demandant sils nont pas enregistr au gr des tournes et de leur disponibilit. (On serait alors loin des quatre annes passes bosser sur Dopesmoker tout en fumant intgralement lavance de London Records de la lgende).
Htrognit galement dans le style des morceaux qui oscillent entre le Sleep massif de lpoque et la version plus fline et groovy actuelle.

Puis je me suis rappel mes premires impressions lcoute de Sleeps Holy Moutain. De ne pas savoir comment aborder ce monolithe avant den trouver les clefs. Elles sont toujours ici les mmes et composent lesprit et lessence mme de ce groupe culte qui sige au panthon du stoner : les riffs, la saturation, lherbe et Black Sabbath.

 

 

The Sciences en trois mots : Follow the smoke


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Avis des auteurs

 
Excellent
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