Krokodil
le 12 avril 2018 (27578 lectures)

   Sludgecore Freak doom

Pas totalement des inconnus Leechfeast, mais pas vraiment des ttes d'affiches non plus. Les types s'taient dj illustrs avec un premier album relativement haut en absence de couleurs (et nfaste moyen terme pour quiconque respecte un minimum son hygine auditive), oeuvre joyeusement intitule Hideous Illusions, sur laquelle on a jug bon de ne jamais revenir, dtenant dj une bonne centaine de sinistres choses peu prs semblables dans l'esprit. Quant au split avec Meth Drinker, il tait pas dgueulasse non plus ; enfin si, il l'tait, mais dose trop raisonnable pour susciter la moindre ferveur ou le moindre engouement de notre part (pour rappel, la raison est ennemie des musiques slowendiennes, presque pire que la vitesse)... Sans parler du problme de proportion inhrent l'exercice du split doom - la dure bien sr, obstacle number one l'immersion - quasi-insurmontable aux yeux du doomeux masochiste aguerri qui se plat se perdre dans l'intolrable... et l'interminable surtout. Simple rectification de tir ou volutionnisme heureux : le nouvel album de Leechfeast est toujours dgueulasse - ouf - mais dose pas raisonnable cette fois-ci - OUF - et les slovnes, en bons disciples d'Unearthly Trance qu'ils sont, surtout de la priode post-Trident et ant-V, ont judicieusement continu de cultiver leur blackened sludge de misre comme l'on cultive le foyer bactriologique de sa fosse septique, ou la moisissure de son rfrigrateur, ou le chancre syphilitique de son entrejambe. Le programme n'a certes rien de neuf ni d'indit, ni de troublant esthtiquement parlant, l'on reste dans le champ lexical de l'ultrasick tel que dfini par les anciens, le confort dans l'inconfort, ncro parmi les morts, mais au-del de l'occultisme poisseux qui y rgne, au-del de la salet ambiante et de la pestilence vnrienne qui en mane, l'on distinguera de chaleureux et reptiliens hommages au pre Terry Savastano, perdus dans la masse informe, entre quelques mlodies funraleuses, au fatalisme bien pesant, pas loin de sentir bon les coins les plus reculs de Finlande, et les tagas inquitantes de Profetus, et des larsens et autres stridences difformes encore plus intrusives que chez nos biens-aims Toadliquor... Rien que de trs bonnes choses.

Ou comment Leechfeast vient de passer de simple figurant vritable espoir du sludge.


Neon Crosses en trois mots : maussade, fangeux, rvlateur


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Avis des auteurs

 
Excellent
Excellent