ELDER - Reflections of a Floating World
2017 · Stickman

Détails

EyeLovya
le 08 avril 2018 (30118 lectures)

Je serais totalement pass ct de ce disque si le voir dans tous les tops de 2017 n'avaient pas fini par piquer ma curiosit et me faire insister un peu. C'est qu'on aurait vite fait de les snober les Elder et leur musique de gentils : tout ici est propre, virtuosit et lumire, ce qui peut trs vite ennuyer les rebelles du dimanche comme moi qui prfrent toujours, en thorie, couter ce qu'ont dire les brebis galeuses qui tranent leur patte blesse plutt que les boucs savamment coiffs au torse bomb d'assurance. Elder excellent pour sr figurer le voyage fantastique, type contemplation de civilisations et architectures inconnues en montgolfire, on survole et on admire sagement, spectateur plutt qu'auditeur, les couleurs, les formes, les notes et surtout l'harmonie qui les unie et clabousse tout ce qui l'entoure.


Ceux-l ont srement beaucoup cout Yes, priode Fragile/Close to the edge, et Opeth, priode chiante, pour infuser leur stoner de non-stoner d'une grande pltre de prog qui ne s'gare jamais du ct de la dmonstration mais contribue admirablement aux peintures de dcors changeants, tires sur six longs titres qui passent comme une seule lampe. De mme, l'apport du clavier n'est pas fondamentalement des plus slowendiens : mellotrons typiques King Crimson, Fender Rhodes la No Quarter, orgue Hammond qui rappelle forcment Deep Purple, et tout moment, lors de l'introduction du second morceau, on s'attend entendre les quatre notes de guitare de Shine on you crazy diamonds. Alors, la qualification de stoner doom est-t-elle encore bien justifie ?


Oui, faut pas dconner non plus, Elder mettent les points sur les i d'entre de jeu : chassez le naturel et il revient bien lourdeau, l'art du riff et du groove est la colonne vertbrale sur laquelle toutes les digressions mirifiques s'articulent avec lgance, le son est bien pais et les sous-accordages devraient rassasier les apptits doomivores les plus froces. Doom un peu contre-emploi d'ailleurs, parce que mme s'ils sont loin d'tre manchots pour ce qui est de faire valser les graves, ce truc est fondamentalement positif, il fait un bien fou, on devrait le diffuser dans les spas. A vrai dire, je trouve que leur stoner doom sent la montagne, autant pour ses dimensions imposantes que pour sa teneur "nature" que j'imagine due l'altitude palpable, l'immensit du panorama, la puret frache de l'atmosphre, le sentiment de voir les solos filer au travers des sapins, au chant tragique et pique que l'on fantasme hurl depuis le sommet... propos du chanteur, lui ne tombe clairement pas dans la logorrhe mais ses quelques interventions mettent toujours dans le mille, les mlodies sont simples et captivantes, ses phrass la Steve Brooks et son timbre planant tractent l'ensemble vers le haut, une voix qui est indispensable mais pour une fois loin d'tre la principale responsable de la construction de l'intensit du disque : d'un ct, les instants les plus prenant de l'album sont des clats de beaut purement instrumentale (et vous ne me lirez pas souvent dire a en parlant de rock), et de l'autre, le titre krautrock-y Sonntag o Nicholas ne chante pas en est probablement le passage le moins marquant. Une affaire d'quilibre, tout a...

Bref, je suis bien content de m'tre attard ici, ces mecs dbordent de talent et maintenant vous m'excuserez mais il faut que j'aille m'envoyer rebours le reste de leur discographie.  

Reflections of a Floating World en trois mots : ascensionnel, gnreux, sensationnel


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