Krokodil
le 29 mars 2018 (3271 lectures)

   Post hardcore Hardcore Neo metal

Je vais tentez de vous la faire sans me rpandre de partout, ni vous retaper l'historique de notre relation (surtout qu'on en a connu quelques unes, des histoires plus mouvementes), disons que Carpe Diem, dans mon coeur, mon esprit, mes souvenirs (...) c'est surtout un gros son d'encul. Je veux dire, l'quivalent son poque d'un Admiral Angry aujourd'hui, ou d'un bon Primitive Man des familles : un genre d'lectrochoc sonore, tourdissant se taper le cul par terre, faire saigner des oreilles par hectolitres, finir aux urgences avec la nuque lourdement traumatise ... D'ailleurs, je lui trouvais davantage d'utilit en tant que disque-support perfectionner ma technique de headbang (ou mes premiers 0 100 chronomtrs sur les routes de campagne) que disque purement contemplatif-introspectif-cathartique-de-mes-bouliches... L'information vaut ce qu'elle vaut, mais mon Carpe Diem moi, il tait rang avec Ignoring the Guidelines et The Shape of Punk to Come, et certainement pas entre Tool et Porcupine Tree... Autant dire qu'il fait un peu partie de mes premiers amours hardcore (sous-entendu hardcore pas new-yorkais)... Alors achtung surtout ! Il parat que a se dit pas a - "Will Haven groupe de hardcore" - que c'est limite du blasphme aux yeux des intgristes de la premire heure...Euhhhh, sans vouloir offusquer qui que ce soit, surtout pas mes vieux copains qui ne juraient que par Hopesfall, Thrice, From Autumn To Ashes et j'en passe (je ne vous parle mme pas de ceux qui ne juraient que par All Out War et Merauder, ni des autres abonns au catalogue de Ross Robinson...) Will Haven, question hardcore, ramonage de trou de balle et ponage des cavits auditives, c'tait encore un autre level de mchancet ; pas ncessairement de la mchancet brutale, ou muscle, ou suprieurement street-cred la moyenne, mais de la mchancet suffisamment amre et brlante pour rduire chaque mlodie atteinte de Deftonite aigu ou chaque tentative de manifestation emo en une authentique soupe de boyaux... D'ailleurs Deftones par-ci... Deftones par-l... Deftones ? les Will Haven et moi-mme, on en a marre. Marre de la comparaison, marre de la guguerre qui n'existe pas (oui, certes, la pochette reste une bonne balle de 9mm tire dans le pied (Around The Fur, fond) et certains riffs de ce bon vieux Jeff Irwin rappellent quand mme ce bon vieux Carpenter sur ce bon vieux Adrenaline)... N'empche que s'il y a bien un point de dpart au Will Haven d'aujourd'hui, un virage esthtique, un moment d'orgueil payant, c'est sur ce disque et nulle part ailleurs : les premires nappes de sons non-identifis (bon, en vrai c'est justement Jeff Irwin), qui enveloppent toute la matire brute sous leur voile pluvieux, les esquisses de mlodies lancinantes et assez gaves de rverb pour ressembler aux anctres des claviers d'Adrien Contreras ; c'est ici qu'elles dbarquent et commencent rvler la patte Will Haven, son hardcore de l'cartlement vertical, des pieds qui s'enfoncent toujours plus dans la mer de boue spongieuse, et du coeur plein de passion qui flirte avec les cimes cosmiques... D'ailleurs pour en revenir ma premire remarque (Will Haven = gros son d'encul), nos oreilles en ont vu passer d'autres, des horreurs de saturation supermassive et des monuments de post-lourdeur intersidrale, et si la prod' de Carpe Diem ne parat pas bien monstrueuse aujourd'hui (tout le monde ne s'appelle pas Untouchables et tout le monde ne veut pas rivaliser pas avec Loveless, n'est-ce pas ?), ce qui sonnait comme de la masse en fonte hier sonne dornavant comme un scalpel aiguis l'arrache sur de la roche volcanique, pas l'outil de dcoupe palolithique, mais pas loin - je vous laisse imaginer la violence d'une incision - et s'il y a bien une chose qui persiste depuis tout ce temps, c'est bien la classe ultime de ces riffs en 2 notes, de leur rptition impitoyable quasi-sludge et de leur groove infectieux par-del le primitif (1 note-et-demie sur le lgendaire morceau ponyme, qui dit mieux ?)... On en viendrait presque se demander qui revient rellement le titre de padr spirituel du monoriff monocorde monogolmon ; eux, Korn, Max Cavalera ? Reste un disque qui vieillit super bien, dans le monde extrieur, comme dans l'intimit. 

Carpe Diem en trois mots : on, oublie, pas


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