MOTÖRHEAD - Iron Fist
1982 · Bronze

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Derelictus
le 28 mars 2018 (4008 lectures)

   Hard "70s

À cette époque, dans ce que l’on appelait le bon vieux hard rock des familles, l’on faisait souvent le distinguo entre ces groupes qui se maquillaient et qui portaient des habits de fanfouettes, avec des couleurs toutes aussi chatoyantes qu’agressant la rétine, en sachant que le pire allait rapidement arriver, ou bien s’habillant en spandex, faisant souvent parler d’eux par le biais d’une ballade sirupeuse, et ceux qui assumaient réellement leur virilité sans autre fioritures que leurs tenues en cuir, et où l’on revendiquait de faire une musique de prolétaires pour des prolétaires, et non pour élitistes de tous bords. Évidemment que Motörhead fait partie de cette seconde catégorie, de celle de ces groupes qui sentent tout autant la graisse, la sueur, la bière de mauvaise qualité, que la paranoïa et les quartiers populaires où seule la musique pouvait constituer un réel échappatoire à cette condition misérable. Et question virilité, l’on se pose là, entre cette pochette sans équivoque et les armures et épées portées par les trois musiciens, ce qui a sans doute suscité de mon côté un capital sympathie pour cet album.

Je sais bien qu’Iron Fist fait partie des albums mal aimés, coincé qu’il est entre Ace of Spades et Another Perfect Day, en plus du mythique live, qui ont assis la notoriété du groupe, et qu’en outre c’est surtout le dernier du trio magique, avec tout ce que cela entend de dissensions au sein du groupe, et même un certain mépris pour cet album de la part de Lemmy, le considérant comme bâclé. Sur le papier, cela ne donne pas trop envie de donner une chance à cet album, et pourtant, il a un côté assez direct, dans le sens où cela n’est pas trop prise de tête, et purement rock’n roll, qui lui donnent un charme particulier. C’est sans doute de l’ordre du pléonasme pour décrire un album de Motörhead, mais pourtant c’est ce qui caractérise le mieux ce Iron Fist. En fait, est-ce du au parti pris de faire un petit retour en arrière et de se rapprocher de l’atmosphère de Overkill ou du fait qu’il y une certaine versatilité dans cet album, - quand je parle de versatilité, c’est pour signifier qu’ici ce n’est pas uniquement du up tempo -, mais toujours est-il qu’il renferme son lot de titres de bravoures et vraiment accrocheurs. Et s’il faut montrer patte blanche, je pense que le titre Iron Fist qui ouvre les hostilités, mais aussi Go to Hell, America, Speedfreak et (Don’t Need) Religion, sont tous autant de preuves de la qualité de cet album, de cet attachement à certains fondamentaux auxquels le trio ne voulait point trop encore se départir.

Qui plus est, il y a un groove derrière tout ça qui n’est pas forcément ce que l’on attend de cette formation, mais pourtant, c’est là aussi que ça fait mal, et également un gros côté enjoué qui font de cet album une parfaite définition de ce que peut être l’entertainment fait musique; ça et évidemment cette alliance entre cette voix unique, cette basse saturée, ce jeu de brute à la batterie, et cette guitare incisive, mais c’est là enfoncer des portes ouvertes. Et pourtant, c’est aussi le dernier témoignage de ce mythique trio qui aura tant défrayé la chronique mais aussi forgé sa légende à la force du poing et par le biais d’albums aussi acérés que de l’acier trempé. Et puis, un album qui contient un titre qui s’appelle Loser, ce ne peut qu’être une réussite. De toute manière, l’on retrouve réellement ici l’essence de ce qu’aurait du rester en partie ce genre musical, dans ce côté furieux, sans prises de tête et allant directement à l’essentiel. Et c’est bien tout ce que l’on retrouve sur ce Iron Fist, qui mérite bien plus que le dédain dont il est victime depuis tant d’années.

Iron Fist en trois mots : fragiles, s’,abstenir


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