EyeLovya
le 27 mars 2018 (5033 lectures)

   Drone doom Freak doom

croire qu'on oublie vite certaines amourettes, le premier cru Eagle twin avait pourtant puis mes pauvres enceintes la suite des assauts continus de son free-drone mystique en 2009, puis s'tait rendu invisible une fois rang. Quant au deuxime, je m'aperois avec motion que je n'y ai jamais jet la moindre oreille (cette erreur devrait tre rpare prochainement), qu'il a du passer sous le radar, ce con. Toujours est-il que quelque chose a matur sagement depuis le premier album, d'un doom plutt hermtique d'ours autiste Asperger, il semble que les deux compres aient dcid de lcher du lest et d'entrouvrir leur porte. La preuve ds Quanah Un Rama qui dbute pourtant avec le traditionnel chant traditionnel diphonique mongolo-tibetain, ce morceau qui se fait d'abord timide monte rapidement en intensit au fur et mesure que le bon Tyler se rchauffe les pattes et que ce grattement de guitare sche innocent ne laisse rapidement place au son immense de l'lectrifie.

Groove d'homme des cavernes ininterrompu, patibulaire et pas compltement prt se sociabiliser si ce n'est avec les cousins d'Harvey Milk. La diffrence principale, c'est que ces derniers sont menotts un quotidien morne et veulent en sortir, tandis que les Eagle Twin, ici, voluent en marge de tous et ne peuvent que fantasmer sur des images de public en liesse l'coute d'un solo pique au son de mammouth : ces passages o Gentry se perd se vouloir Jimi Hendrix troglodyte sont communicatifs et jouissifs pour sr, surtout quand l'on croit reconnatre la guitare d'un autre coup de cur oubli, savoir celle de James Plotkin dans Khlyst.

Bref, groove d'homme des cavernes disais-je, ce qui n'tait qu'explosions fugaces jadis forme maintenant une petite majorit de l'album, plus efficace de fait, sans qu' un instant l'ambiance mystico-shamanique d'un culte dont on ne connat pas grand chose mais qui impose trs certainement le respect ne soit en reste. Ici, on bouffe le cerf cru aprs lui avoir burin le crne au rocher, et on rcolte le bois de pin aprs en avoir tract le tronc au sol comme un cheval de trait, la barbe est souille de viande, le bras est gras et musculeux comme le saint-patron des dmnageurs, mais derrire la carrure d'homme-ours il y a aussi que l'homme croyant qui crit sa propre bible et baisse les yeux et le genou devant la montagne et la faune qui l'entoure. Elk Wolfv Hymn, l'hymne de l'lan-loupv ?, est l'image de l'tre plus apais et spirituel qu'ils peuvent incarner, le calumet au bec et la bestiole honore en grande pompe avant d'tre dvore, et eux de s'appesantir, toujours dans un srieux reintant, sur les visions de forts dvalant les valles infinies.

Gentry, la goule pleine de terre et les yeux grand ouverts et fixes soliloque comme un vieux shaman bourru qui a visiblement un peu abus de l'eau de feu, mais impossible de dcrocher du discours quand mme on se demande parfois si a parle toujours anglais. Si en fait, on peut dcrocher de Gentry quand on se refocalise sur la batterie de Tyler, car a, a n'a pas chang : Tyler dchire toujours tout. 

The Thundering Heard en trois mots : ours, shaman, Hendrix


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