Krokodil
le 15 mars 2018 (40688 lectures)

   Post hardcore Ambient

Il est grand temps de le reconnaître, de demander pardon et de faire profil bas, les LLNN, on les a peut-être jugé un poil trop hâtivement, à chercher de la désolation high-tech et des morts en surnombre là où il n'y en avait pas, à se méprendre sur des intentions et des orientations esthétiques qui n'étaient pas les leurs, à vouloir à tout prix les coincer dans le même panier que Black Sheep Wall et toutes ces nouvelles formations de post-blackened-machin-sludge-truc... Les LLNN, on leur a peut-être collé l'étiquette de produit dérivé de Will Haven un poil trop vite, sans savoir qu'ils aimaient aussi John Carpenter et Dead Space, et occultant alors le reste - le fondamental - leurs racines scandinaves, leur amour de la tradition nordique, et par extension celui de la chair embrochée ; tout ce qui fait et tout ce qui explique pourquoi, au delà du mur de gros son, LLNN se situe autant du côté du hardcore acide de Breach et This Gift Is A Curse que de celui de l'ambient science-fictif de Wardruna... Autrement dit, les LLNN, on les a méchamment sous-estimé et on s'en mord les doigts ; et s'ils sont héritiers de Will Haven, ou cousins éloignés de Black Sheep Wall, ou affiliés aux terres post-lourdes d'une manière ou d'une autre, ils ne sont certainement pas les plus faciles à apprivoiser (allez donc seulement foutre un viking dans une cage pour voir, pas sûr que votre tronche ne finisse pas avec le même cratère que la pochette)... D'ailleurs, maintenant qu'on en parle, de "cratère", l'on reprochait aussi à LLNN de n'avoir pour seule arme que son gros bloc de guitares, sa production surgonflée, ses accents de djent easy-listening Old Man Gloomiens, en gros de n'être que des bons à tambouriner - des performeurs quoi, comme Love Sex Machine - aujourd'hui l'on ravale sa parole (et sa langue avec) car LLNN en plus d'avoir un son toujours plus écrasant fait - et sait faire - dans le story-telling bucolico-épique, le scoring de bourreau sanguinaire du grand Nord façon Mads Mikkelsen dans Valhalla Rising, le péplum qui transforme les plaines en tranchées. Le grand récit d'aventure, quoi.

Une chose est sûre, on ne les remerciera jamais assez d'avoir oser mettre leurs claviers et leurs cors un peu plus fort dans le mixage, au-delà des impressions de films d'horreur eighties et de Cult Of Luna Dälekisé qui en émanent (ce qui est assez cool, dans le fond), le disque gagne considérablement en gravité, en puissance, en aura guerrière, en envergure divine ; et lorsque leurs sons abyssaux s'accordent avec le reste de la section rythmique, autant dire que l'on sort son plus beau parapluie en kevlar et que l'on se couvre... et que l'on prie pour ne pas se bouffer une météorite ou une boule de feu tombée du ciel dans la gueule.

Deads en trois mots : grosse, colre, sacre


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