ILSA - Corpse Fortress
2018 · Relapse Records

Détails

Krokodil
le 09 février 2018 (507 lectures)

   Doom death Hardcore Crust

Quiconque a un jour rêvé d'un album doom d'All Out War a probablement dû rêver de cet album d'Ilsa... Car soyons honnêtes, Corpse Fortress c'est presque du Truth in the Age of Lies joué au ralenti ; pas ralenti au point de perdre en streetcred, en potentiel de menace ou en férocité, mais suffisamment ralenti pour que l'on sente un réel gap entre lui et ses frangins... et que l'on soit tenté de le foutre aussitôt en rayon avec le dernier album de Dream Death ; et Orion... bah c'est presque du Mike Score (seulement presque ?). Autrement dit, pour imaginer Corpse Fortress faut imaginer All Out War en groupe de doom, le son de la téci souterraine, du bidonville de l'ombre, du ghetto sous le ghetto, des couloirs de métro désaffectés. La bave aux lèvres, le muscle entrainé et le surin dans la poche de son treillis. Rien à voir avec le dernier album de leurs potes de longue date de Seven Sisters Of Sleep, si jamais vous deviez vous poser la question (même point de départ, même draft prestigieux... une belle histoire de destins croisés, hein ?). Je veux dire... Ezekiel's Hags ressemble au délirium d'un soldat fraîchement démembré et défoncé à l'héroïne, le sludge hémorragique/euphorique par excellence ; Corpse Fortress ressemble lui au délirium d'un soldat affamé qui se goinfre de troncs anonymes dans la fange, le sludge hémorragique/pas euphorique du tout, quoi. Et l'album est finalement d'autant plus sinistre (et plaisant cela va sans dire) que chaque morceau magnifie à sa façon sa petite nuance de noirceur - prenez "Hikikomori", on patauge dans le sludge/doom morbide de Come To Grief, avec "Nasty Brutish" on est plutôt du côté d'Hellbastard et de son crust-punk acide (et presque chez Darkthrone aussi)(d'ailleurs le dernier Young And In The Way en a encore mal au fion), avec "Prosector" on est dans le pur crossover d'AOW, avec "Old Maid" on baigne entre Coffins et Sacrilege, et le dernier titre j'en parle même pas, tellement il est grandiose dans sa laideur Winteresque... Bref, l’on pourrait disséquer chaque titre et s’émerveiller encore longtemps devant ce profil à la palette criminelle si diversifiée… Mais au final, outre l’impression de se manger un bon gros mur dans les dents, la seule donnée véritablement invariable, c'est bien la constance avec laquelle Ilsa vous la fourre - consentement ou pas - jusqu'au sang, toujours avec la même indifférence de prédateur qui crève la dalle, la mâchoire fermement accrochée à ce qu'il reste de viande sur vos mollets, et les yeux qui vous fixent sans laisser transparaître le moindre soupçon de compassion.

Ilsa a sorti son album le plus hardcore, c’est un fait ; Ilsa a sorti son album le plus doom, c’en est un autre. Prenez le comme bon vous semble, mais en ce qui me concerne, il ne m’en faut pas beaucoup plus (et pas beaucoup moins) pour décréter qu’Ilsa a surtout sorti son meilleur disque.

Corpse Fortress en trois mots : machine, , mutiler


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Avis des auteurs

Excellent
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