DEINONYCHUS - Warfare Machines
2007 · My Kingdom

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Derelictus
le 21 janvier 2018 (318 lectures)

   Doom death Black metal

Marco Kehren n’a jamais été un chantre du bon goût, cela peut se vérifier sur de nombreuses réalisations qu’il a faites depuis les années quatre vingt dix, mais de là à franchir le pas et aller dans le sens de la pure provocation, l’on ne s’y attendait pas vraiment. Il est vrai que pour ce septième album de Deinonychus, il s’est acoquiné avec son ancien acolyte de Bethlehem et ni plus ni moins que son leader, le dérangé Jürgen Bartsch, qui, lui, aime bien les provocations en tout genre. Cela se retranscrit ici sur un album dont le concept est uniquement centré sur la seconde guerre mondiale, faisant ainsi comme un bon nombre de groupes de black metal voire de death metal sur la question, avec des thématiques qui ne laissent pas indifférentes, et des textes assez nauséabonds si on les prend au premier degrés et sans filtres, comme ceux de NaPolA, qui contrebalancent bien avec ses accents Katatoniesque. D’ailleurs, cette orientation bien plus belliqueuse et martiale se ressent pleinement sur l’entièreté de cet album, et, surtout, sur le très virulent MG-34, avec à la clef des blasts bien comme il faut. Cela fonctionne la plupart du temps, et c’est même assez surprenant de retrouver un Deinonychus aussi pugnace. L’ambiance n’est d’ailleurs pas ici à la mélancolie pure ou aux instants de folies et de démesures comme autrefois, mais bien dans quelque chose d’assez malsain dans l’atmosphère et bien plus rugueux que de coutume, comme si l’on avait à faire à un Bolt Thrower exécuté par des gens qui n’ont cure de s’amuser à Warhammer et qui préfèrent collectionner les images et artefacts des années quarante comme nombre de musiciens de la scène néo-folk et indus militariste.

Évidemment, il y a tout de même quelques petits moments qui nous rappellent que c’est bien Deinonychus qui a réalisé cet album, à commencer par cet excellent titre qu’est False Flag, ou sur le final de Manoeuvre East, comme pour bien faire ressentir sur ce dernier titre ce que cela signifiait pour le soldat allemand que d’être envoyé sur le front est durant la seconde guerre mondiale. Le parti pris pour cette thématique fait que cet album joue vraiment sur le côté blitzkrieg de la chose, en étant vraiment concis, l’album durant à peine trente trois minutes, et seul le titre False Flag s’étire au-delà des cinq minutes. Pour le coup, c’est limite un contre pied à Insomnia que nous avons ici, même si l’on y retrouve ce côté plus colérique. Malheureusement, là où l’on aurait pu apprécier quelque chose d’intéressant, il n’est pas sans dire que l’ensemble manque de profondeur, et que certains titres sont assez pénibles, notamment les deux derniers. Pour ainsi dire, cet album sent un peu le travail bâclé et le manque d’inspiration de la part de ses géniteurs, dont on pourrait leur reprocher un manque d’investissement, même si cela n’est pas fondamentalement mauvais. Ce qui fait d’ailleurs que cet album ne frôle guère la catastrophe, c’est évidemment le chant unique de Marco Kehren, toujours aussi inhumain et qui donne un réel supplément d’âme à ces titres, comme cet incipit sur l’introducteur Krematorium, bien que, parfois, c’est tout de même insuffisant pour masquer certains manques. Warfare Machines n’est évidemment pas le plus mémorable des albums de Deinonychus, succédant il est vrai à trois excellents albums, et au vue du line up présent dessus, l’on aurait pu s’attendre à bien mieux.

Warfare Machines en trois mots : association, de, malfaiteurs


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