PROSCRITO - El Calvario
2017 · Iron Bonehead

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Krokodil
le 04 janvier 2018 (292 lectures)

   Doom death Sludgecore

Loin de moi l'envie de faire dans le triage géographique, mais... ce premier disque de Proscrito, n'évoquerait-t'il pas le premier long de Barbarian Swords (sans aller non plus jusqu'à évoquer Faustcoven) ? Non pas qu'ils viennent des mêmes terres sinistres (en l'occurrence d'Espagne - bon, certes, il y a bien pire), ni même du fait d'une éventuelle ressemblance qui n'existe pas ici, mais plutôt parce que tous deux se recroisent parfois dans cette même vision - ni élégante, ni subtile, ni nuancée - du metal ; à lorgner davantage vers le corpse-worship du bon vieux nécrophile fétichiste que vers la poésie funeste du héros au grand coeur... Ainsi Proscrito, comme son ainé, joue de ce même sludge doom rudimentaire, miséreux et macabre, comme il devait sûrement s'en écouter dans les ateliers d'Ed Gein les soirs de charette, de dégustation de troncs humains, ou d'apprentissage du maniement de la pince monseigneur...

Partant d'ici et fidèle à son annonce, El Calvario (je vous fais la traduc' ou c'est bon ?) se vautre dès les premières notes dans le stupre, la maladie et la crasse (si vous avez un minimum d'imagination, imaginez seulement ce qu'il se passe au début... moi, je vois bien une séance de bondage dans le vide sanitaire d'un club clandestin...), il fait sombre, humide, ça schlingue le vieux foutre et la sueur qui a macéré dans le spandex. Pour peu l'on aurait presque l'impression de rouler des pelles à une hyène morte de la peste noire. Et ce qui suit n'est pas moins répugnant, entre les raclements de gorge bien concupiscents, comme échappés de la fosse à glaires d'un makai, les harmoniques sonnant comme tant de truies tétanisées face au bourreau besogneux, et les quelques "accélérations" qui moulinent tant bien que mal dans la soupe de chairs putrescentes, sans jamais réellement décoller, ni atteindre des sphères de violence inouïe, toujours au ras de la fange … de quoi suspecter nos Proscrito d'être les Coffins espagnols ? Curieusement ou non, entre deux tassements rythmiques aussi foncièrement raides et dégueulasses que l'entrecuisse d'une pute avec soixante années de bareback sur le CV, l'on se croirait retrouver la larme à l'oeil une autre sommité des musiques "extrêmes-japonaises" (désolé pour le pléonasme), le plus espagnol de tous d'ailleurs : Corrupted. Et plus particulièrement celui des débuts qui jouait du sludge bien craspec... au point cette fois-ci de voir en El Calvario le descendant le plus plausible à Anciano.

À vrai dire, je me voyais bien conclure sur une connerie toute faite type "dieu, que c'est beau quand la laideur s'associe à la monotonie, c'est comme ça qu'on l'aime notre doom, et bla bla bla...", mais en fait là, j'ai surtout envie - et besoin - de prendre un bon bain de désinfectant.

 

El Calvario en trois mots : scabreux, poisseux, old-school


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Excellent
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