RAINBOW - Long Live Rock 'n' Roll
1978 · Polydor

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Derelictus
le 02 janvier 2018 (244 lectures)

   Hard "70s

C’est peut être injuste de limiter le nom de Rainbow au seul Rising, même si celui-ci comprenait, d’une part, le meilleur line-up qu’a pu avoir Rainbow - de toute manière, après le présent disque, ça n’existe pas vraiment pour ce qui me concerne, c’est comme ça, je suis intégriste - et, d’autre part, le meilleur titre composé par ce groupe qu’est Stargazer, encore que cette seconde face du LP est tout de même assez ultime. Dans tous les cas, Rainbow, avec Dio, c’est sans doute ce que Blackmore a fait de mieux en matière de musique. L’on notera qu’il y a encore eu des changements de musiciens entre Rising et ce Long Live Rock ’n’ Roll, bien qu’il fut essentiellement enregistré autours du trio Powell-Dio-Blackmore au château d’Hérouville, - le seul endroit que je n’ai pas pensé à visiter alors que j’ai vécu pendant trois ans à proximité -, avec quelques musiciens de sessions, des sessions d'enregistrement qui seront complétées quelques mois plus tard après l’adjonction du nouveau bassiste et du nouveau claviste.

L’on retrouve donc un Rainbow plus resserré avec des titres plus directs et moins d’exubérance que par le passé, ça se voit d’ailleurs sur cette pochette d’album, l’une des plus sobres du groupe. Il faut dire qu’ici, il n’y a pas de grandes prises de risque, si l’on veut être honnête jusqu’au bout, et l’on y retrouve bien un hard rock classique, mais en même temps assez classe, avec, toutefois, un rythme assez pépère pour la moitié des compositions. Mais bon, même si c’est simple, c’est diablement efficace, et l’on reconnait qu’il y a, à chaque fois, quelque chose qui fait la différence. Prenez ce titre Lady of the Lake, malgré un riff assez proche de The Wanton Song de Led Zeppelin et ces paroles d’heroic fantasy si chères au chanteur, il y a tout de même ce refrain magique avec ces claviers et cette voix en or de Dio. C’est évident qu’avec n’importe quelle autre chanteur, ça tomberait assez rapidement dans le banal, mais Ronnie James Dio avait cette capacité de sublimer n’importe quel titre avec sa magnifique voix. Et cela se vérifie sur des titres comme Long Live Rock ’n’ Roll, L.A. Connection et The Shed, un peu moins sur Sensitive to Light, que je trouve être le plus faible de l’album.

Les deux leaders ne manquent pas d’inspiration et tentent même d’écrire une ballade mystique avec ce Rainbow Eyes, dont l’ambiance est comparable aux débuts de Stairway to Heaven. Sauf que même dans ce contexte, Ritchie Blackmore démontre bien son goût pour la grandiloquence en y adjoignant flute et orchestrations, pour un rendu un peu kitsch, mais, encore une fois, Dio bonifie tout ceci. Évidemment, deux titres se tirent la part du lion. Le premier, c’est Kill the King, qui renoue avec une certaine vitesse d’exécution, rappelant le passé plus ou moins proche du guitariste. C’est évidemment dans ces instants véloces que l’on retrouve tout son génie, et cela préfigurera les évolutions futures du heavy metal de chez beaucoup de ses jeunes compatriotes, - c’est d’ailleurs produit par un certain Martin Birch. Le second coup de maître, c’est évidemment l’héroïque Gates of Babylon, avec cette fameuse touche arabisante comme sur Stargazer. Si cela n’atteint pas la grandeur de ce morceau phare, cela reste de haute facture, avec un riff excellent, un clavier qui se montre enfin utile avec ses sonorités analogiques et un orchestre appuyant tout ceci, comprenant d’ailleurs un passage médian de toute beauté, dont ce solo super bien inspiré, et, pléonasme, un Dio au meilleur de sa forme.

Voilà comment Rainbow a fait sa légende, avec ces titres plus épiques mettant en valeur le talent de chacun de ses musiciens, c’est cela que l’on a envie de retenir de cette formation. La suite de ses aventures, elle sera moins reluisante, avec le départ de Dio pour Black Sabbath, avec deux grands disques à la clef, - le batteur Cozy Powell y fera aussi un tour bien plus tard -, et un Blackmore qui tentera de garder son navire à flot au grès des changements de line-up et de son aller-retour dans Deep Purple. Il reste tout de même ce Long Live Rock ’n’ Roll qui tient très bien la route et qui clôt à merveille une très belle et éphémère collaboration, à peine trois ans, entre deux grands noms de ce style musical.

Long Live Rock 'n' Roll en trois mots : badin, avis, brasillant


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Excellent
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