MONSTER MAGNET - Monster Magnet
1990 · Glitterhouse

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Derelictus
le 28 décembre 2017 (290 lectures)

   Psyché Space Rock

Évidemment que la première réalisation de notre Vercingetorix préféré et de sa horde allait être verte et assez âpre, c’est même quelque chose d’une assez grande évidence. Mais, parfois, les évidences, il vaut mieux les énoncer d’entrée, histoire de ne pas trop décevoir et dérouter: Monster Magnet n’avait pas fait ici dans la simplicité et dans le pré-mâché, et n’a eu que faire des préliminaires. L’on est dans le bain tout de suite. C’est même bien plus rustre que tout ce qu’ils feront par la suite, même la production assez rêche va bien dans ce sens, et l’on ne triche pas avec les effets de manche. Oui mais, au-delà de ce côté sans fioritures, et avec des titres plus rentre dedans comme Tractor - que l’on a dans sa première version, avant d’être passée à la moulinette Powertrip -, l’on sent bien qu’il y avait déjà du potentiel, et pas des plus maigres, et que ces quatre musiciens avaient déjà tout compris. 

Tout compris, parce que le quatuor réalise ici ce que Dave Brock et compagnie, si l’on s’en tient à une référence assez évidente chez Dave Wyndorf, n’avaient pas été en mesure de réaliser d’une aussi belle manière depuis bien trop longtemps, et que l’on retrouve cette manière de décoller hors sol et hors temps pour donner l’impression de flotter dans l’æther. Rien de si nouveau que ça pour qui a un peu de culture, mais c’est vrai que ce sentiment d’être de nouveau propulsé dans les années soixante dix est si prégnant, qu’il n’en devient que jubilatoire, mais en reprenant un peu de cette rugosité dans le son qui nous rapproche un peu des groupes de Seattle, mais avec quelque chose de différent tout de même, comme si l’on avait voulu aussi ressusciter le fantôme de Blue Cheer.

C’est particulièrement jouissif de se faire asséner à coup de fuzz, cette dernière étrillant bien les oreilles, de delay et de flanger sur cette petite demie-heure, mais grande par son intensité. L’on ne ménage pas l’auditeur dans ces cas là, même si on lui permet de prendre de temps à autres son souffle avec des titres misant plus sur l’ambiance que sur l’impact même, comme sur ce Nod Scene qui sent bien l’envolée épuisante, celle que l’on croit pouvoir maîtriser, mais que finalement l’adjonction de kérosène rend difficilement contrôlable, et que l’on ne peut éviter la chute, quand tout le carburant a été consumé, mais pour le coup, l’on n’arrive pas non plus à toucher le sol.

Après, ce sera évidemment la même rengaine que l’on viendra apposer à ce premier enregistrement, avec d’une part cette facette totalement libérée et non calculée, et, d’autre part, ce côté chien fou qui ne demande qu’à mordre sa proie et japper comme jamais, parce qu’il vient de découvrir un nouveau jouet. Là, l’on serait plutôt à parier que c’est la découverte par les musiciens d’une cachette de nouveaux buvards et qu’ils étaient tellement chargés qu’il leur en était difficile de supporter les montées, et que leurs cerveaux avaient enfin pris conscience d’autres dimensions et d’autres chemins de connaissance. J’évoquais plus haut le côté verdâtre de la chose, mais l’on passe rapidement de ce vert baveux et décoloré car élimé par le temps à une belle farandole de couleurs vives, qui éblouissent les pupilles et qui troublent le champs de vision à jamais. C’est déjà l’effet que produit cette musique, et l’on s’en rendra compte rapidement sur les réalisations qui lui succédèrent, mais presque tout provient de cet alpha.

Monster Magnet en trois mots : bigarr, braillard, gaillard


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