EyeLovya
le 27 décembre 2017 (304 lectures)

Toute la musique que l'on aime, elle vient de là, elle vient du blues. Le plus grand héros du rock français avait raison, et à défaut d'être sensible aux sons originels, impossible de nier la filiation. Le plus marrant dans cette histoire, c'est quand on a un groupe comme ces gens-là qui jouent le blues le plus dégueulasse du monde et que l'on imagine la réaction d'un vieux fantôme de pionnier noir américain qui passerait dans le coin : pauvre feu-homme, son ectoplasme de cœur se fracturerait brutalement à voir sa musique défigurée ainsi. En ce qui me concerne, écouter ce tout petit EP de rien du tout, c'est comme passer autant de temps à Disneyland.

Né parmi les cartons imprégnés d'un arc-en-ciel de virus vénériens investis par SQRM ; éduqué à la rouste par Nightslug (un autre slug tiens) et leur famille white trash fan de NASCAR ; influencé par les pires fréquentations que l'on puisse imaginer pour sa progéniture : les tarés déviants responsables du premier Clockcleaner, les psychotiques suédois de Brainbombs, les darons suicidaires d'Harvey Milk ou encore les cry-babies alcoolos de Slug Guts (encore un slug), le blues de HBSS est tout bonnement l’infâme résultat de plus d'un siècle de dérive humaine d'une simple expression de la tristesse à la violente éruption de dégoût et aux subites pulsions de destruction black-core allègrement assouvies.

On les imagine junkies malingres couverts de sarcomes, remplis de haine et de pavot, à jouer dans un garage puant entourés de posters des Cramps, de The Birthday Party et des Melvins, et tout ce que l'on peut souhaiter à partir de là, c'est de survivre assez longtemps pour sortir un album.

Teenage Graveyard Party en trois mots : sale, trs, sale


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