SOILENT GREEN - A String of Lies
1998 · Relapse Records

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Derelictus
le 16 décembre 2017 (275 lectures)

   Sludgecore Death metal Grind

Et sinon, votre sludge vous l’aimez comment? Vaste question qui amènera de multiples débats infinis et des réponses aussi diverses que polémiques, dépendants de quel côté de la crasse votre coeur penche. Pour ma part, le sludge, je l’aime bien quand il est à la fois tourbeux et boisé, avec cet arrière goût de boue dans la bouche, ou, tout du moins, cette sensation que tu vas passer une mauvaise journée, car tu ne vas pas émerger de ta gueule de bois prise la veille, celle que tu as quand tu as terminé ta soirée avec des mélanges douteux, comme ce rhum arrangé avec cinquante grammes de graines de café, et que tes cheveux sont en train de pousser dans le mauvais sens, et que ton bide te fait souffrir comme jamais. Tes cheveux longs, car j’ai oublié de préciser que mon sludge à moi, je le préfère quand il tabasse tout autant qu’il t’écrase, et qu’il n’a pas peur de jouer au metalhead, sans pour autant oublier de groover comme un malade, mais c’est sans doute parce que je l’aborde en tant que métalleux qui aime tout autant écouter du metal extrême que des classiques à te faire chanter le poing levé ou l’épée à la main, et non comme un hipster qui va passer à une autre niche musicale dans deux semaines. Mon sludge à moi, je l'aime bien quand il ne prend pas quatre chemins pour te faire comprendre ce qu'il a envie de te dire, qu'il préfère être acrimonieux plutôt que cynique. Mon sludge à moi, je l’aime bien quand les guitaristes sont capables de t’enquiller de vrais riffs qui rétament plutôt que de vénérer ses têtes d’ampli et ses gros baffles oranges, ou verts, ou les deux à la fois, et de poser devant eux pour poster le plus possible de photos sur son compte Instagram, ou bien de jouer aux catcheurs mexicains ou à être membre du SDC, c'est à dire le sludge défonce club. J’adore le black metal, mais je n’aime pas quand mon sludge à moi essaie de jouer aux méchants bruleurs d’églises en bois, avec ou sans lampes frontales, et de me faire croire qu’il est tout aussi vénéneux et crapuleux qu’un Gorgoroth, je le préfère quand il est capable de me faire apprécier des genres musicaux pour lesquels je n’ai pas plus d’affinités que cela, que ce soit le death metal bovin à l’américaine, c’est à dire celui qui me procure une sorte de fussoire et qui est loin de puer la mort comme il le devrait, que le grind, qui est bien trop rapide pour moi, - là pour le coup, je n’ai que deux albums dans ce genre, et ce sont uniquement ceux avec tonton Lee au chant. Mon sludge à moi, je l'aime bien quand il est non euclidien et qu’il passe du coq à l’âne sans coup férir, qu'il est tout aussi capable de t’assommer par des blasts beats, que de faire preuve d’une certaine folie avec des passages quasiment funk, que même Primus et consorts seraient jaloux de ne pas être capables de les réussir aussi bien, voire même de donner des leçons à des groupes dits progressifs dans cette capacité à ne pas rentrer dans des structures récurrentes. Mon sludge à moi, je l’adore aussi lorsqu’il est chanté, - bien que le terme ne soit pas le plus approprié -, par un frontman tout aussi dérangé que talentueux, avec un panel de chant assez varié, et qui, surtout, te fait aussi passer un mauvais moment, au lieu de venir te cajoler, et qui déverse ses tripes et son dégoût du monde, plutôt que de prendre le rôle du comique de service. Mon sludge à moi, je l’aime bien aussi quand il prend des atours de bulldogs pleureurs, de camés qui survivent chancelant en tentant de s’accrocher tant bien que mal aux décibels et à leur légende, ou de contestataires prolifiques fans de vieilles gravures, mais je l’aime surtout quand il me procure ce sentiment licencieux et d'urgence que seul Soilent Green est capable de me fournir.

A String of Lies en trois mots : rouer, de, coups


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