Krokodil
le 03 novembre 2017 (469 lectures)

   Sludgecore

On ne va pas refaire l'état des lieux à chaque fois, ni théoriser sur ce qui ne le demande pas : qu'on l'aime métissé, ou pas, ou les deux, ou que l'on ne se soit jamais posé la question parce que l'on s'en branle royalement, le sludge, on l'aime avant toute chose pour ce qu'il évoque quand on se l'inflige... ou ce qu'il inflige quand on se l'évoque, tiens, comme la dure. Salissure, vice, migraine d'un lendemain de dérive mal négocié, impression de perte de lambeaux d'existence à chaque instant, impression de toute la misère du monde sur la rétine... Existe t-il meilleur synonyme à "souffrance" que "sludge", et vice versa ? Nos toulousains de Soyuz Bear (rien que le nom t'as déjà l'impression d'avoir à faire au dernier Emile Louis russe) n'ont probablement rien inventé, mais qu'importe, ils jouent un sludge que les nostalgiques du Fistula de la belle époque (dont moi) doivent amèrement regretter - celui d'Idiopathic et For A Better Tomorrow en l'occurrence - empruntant tant au punk qu'au death, et délivrant une musique belle comme une vie saccagée par la merde quotidienne, toujours avec cette même odeur de kérosène prêt à flamber sur le bitume, toujours avec cette même odeur de cave humide et poisseuse qui vous colle à la peau comme une tique. Et si l'on pense à une version encore plus primitive - voire animal, voire... ours ? - de Fistula quand l'on pense à Soyuz Bear (notamment lorsque le chanteur dégueule de la même dégueulasserie qu'un certain Corey Bing, quel malpropre), l'on ne peut s'empêcher pour autant de se sentir pousser des ailes rien qu'à l'idée qu'il puisse exister pareilles cochonneries de par chez nous. Cochonneries d'ailleurs assez peu soucieuses de vous amadouer avec de beaux discours sur l'innovation, préférant simplement vivre de plaisirs simples - disons de destructions simples - et s'adonner alors à des choses aussi basses que le sludge avec toute la bassesse que le sludge exige. Autant dire qu'à l'écoute de ce premier long format, prometteur cela va sans dire, l'on ne peut que leur souhaiter chaleureusement de continuer à se salir les mains.

Black Phlegm en trois mots : primitif, fangeux, frontal


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Excellent
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