MORBID EVILS - Deceases
2017 · Svart

Détails

gulo gulo
le 26 juin 2017 (349 lectures)

   Funeral doom Hardcore

Est-ce qu'il y a fondamentalement du changement ? On se doute si je suis capable de répondre à cette question, attendu que cela présupposerait une intention de réécouter le premier disque. Bien content de ne pas même me rappeler à quoi il ressemblait - d'ailleurs, je me rappelle très exactement à quoi il ressemblait : à un disque mauvais.

Deceases, lui, ressemble à Black Sheep Wall et The Acacia Strain - enfin, le bon Acacia Strain : celui qui occasionnellement se fend de breakups ; en version finlandaise, comprenez empreint tout du long d'une emphase metal mélodramatique qui le rend mécaniquement un peu plus touchant que les deux couillonneries metalcore pré-citées. C'est bien entendu à double tranchant : certains - expériences du scoutisme, du catéchisme ou autre  motif - détestent être touchés. Les autres peuvent continuer à lire.

Ils apprendront qu'on découvre, grâce à Morbid Evils, qu'il existe un mieux-disant mutuel à partager, un échange esthétique fertile à opérer, entre hardcore-metal extrême jusqu'au ridicule (croyez bien que ce n'est pas par hasard que l'on a cité les deux plus scintillants champions du sub-ralentissement accordé comme une étoile mourante), et dépression à la finlandaise (pensez : Tyranny, Krypts...) ; ça, pour sûr, l'option prise par Primitive Man (à qui il est également autorisé de penser ; et pas seulement au niveau du rendu, si l'on y songe) de la laideur à tout prix n'est pas retenue chez Morbid Evils, et c'est pour le mieux. Non, l'on ne craint pas céans de fiche tout ce qu'on trouve de beau dans le bouillon - du black metal lent et gluant, du death ultra-evil et non moins lent, du funeral suicidaire, du death'n'roll fossilisé - et de le laisser y devenir encore plus lent, et se fondre dans le torrent de boue gelée qui vous barbouille le moral de son ruban gris bleuâtre.

Les frontières sont brouillées, bientôt la vision aussi, et c'est avec plaisir que dans le trouble on ne distingue plus réellement si l'on est du côté de Paradise Lost, de Rorcal époque MMM, de Hooded Menace, ou de Coffinworm ; qu'on ne distingue plus rien, que cet hypnotique glacier de doom ; au point de s'en faire surprendre comme un bleu et cueillir, par les moments bovinement jouissifs tels que le riff d'entame du Cas n°6.

Ce qui finit par émerger, en revanche, c'est le constat qu'au bout du compte, ce n'est pas tant l'attente d'une version doomistique de Rotten Sound, que Deceases vient combler, mais plutôt celle qui commença de germer dès les premières notes entendues de Black Sheep Wall, ne fut pas comblée mais déviée de sa cible par la divine découverte d'Admiral Angry, puis alimentée par le Wormwood de The Acacia Strain, mais globalement toujours déçue par les divers errements des divers noms sus-cités, qui, on le voit aujourd'hui, n'avait pas encore assouvi l'espérance que ce sous-genre, cette idée stupide, pût un jour déboucher sur un disque suffisamment grand - ou suffisamment bas, en l'espèce - pour dépasser toutes les oiseuses question de ce qu'on doit, ce qu'on peut, et ce qui s'ensuit... On appelle cela le sublime, mais c'est une chose fort simple en vérité, et bienveillante, qu'il ne faut pas craindre d'aborder, fussiez-vous groupe ou auditeur.

Deceases en trois mots : moderne, merveilleux, polaire


Facebook 

Chargement...

Avis des auteurs

 
Coup de cœur
Coup de cœur