ESOTERIC - Epistemological despondency
1994 · Aesthetic Death

Détails

Nirguna
le 15 juin 2005 (813 lectures)

   Doom death Funeral doom Psyché

En tout cas il y a bien une chose qu'on ne parviendra pas me faire gober, c'est l'ide qu'Esoteric soit undefinable . Oui, certes, ces types ont certainement des problmes relationnels, mais ils sont loin de pratiquer une musique qui dpasse l'entendement d'une oreille un tant soit peu prpare. Non parce que bon, qu'est-ce qui se passe dans ce double album, concrtement, je vous le demande ? Grosse voix, grosses guitares, gros effets faon moi je voyage dans l'espace , deux trois cris un brin djants, et quelques plans totalement hors de propos qui dbarquent plus ou moins l'improviste. Mazette. Et dire qu'il suffit de a pour en faire un groupe qui serait plus que les autres indfinissable , je me gausse gentiment. Alors oui, certes, le groupe cultive assurment le got du rien voir , adore se goinfrer d'effets jusqu' la nause, mais aucun moment ne tombent dans les travers de l'exprimentation. Non, Esoteric est simplement excessif.

Excessif parce que trop dense, tant dans le son que dans la composition, parce que trop artificiel dans ses voix d'outre-outre-tombe et ses effets spciaux aussi cheap que rptitifs. Mais sous prtexte que le groupe possde des traits relativement marqus, on voudrait en faire un groupe avant-gardiste. Pauvres sots, Esoteric se fout de l'avant-garde comme il se fout du bon got. Ce disque pourrait tre une jam session de schizophrnes dj bien trop dfoncs pour faire du stoner et qui parviendraient seulement produire, par des rglages sonores carrment indit, la substance sonore la plus sulfureuse de l'histoire du metal, le doom le plus abyssalement post-mortem de sa dcennie, et qui n'en seraient pourtant qu' leurs balbutiements.

Parce que oui bon, ok, ce disque est dj sensiblement infernal et porte en lui les germes d'une chose qu'on ne pourrait rsumer que par un terme qui contiendrait la fois les smes beaut , violence et tempte , mais enfin. Il est quand mme extrmement chiant s'enfiler en entier, surtout quand on sait le dynamisme que le groupe parviendra insuffler sa musique ds l'album suivant. Et puis quoiqu'on en dise, au-del du trip ces mecs sont vraiment barrs , un morceau comme Only Hate (Baresark), gros foutoire heavy/black/death chaotique, est au final bien plus grotesque et maladroit que psychologiquement prouvant. Si dans sa globalit, le disque rserve de trs bons moments de psychdlisme sordide et de fin du monde lyophilise, The Pernicious Enigma transcendera les ides et le son de ce disque d'une telle manire qu'il en devient pour ainsi dire dsuet. Inutile de dire que cela fait aussi une partie de son charme.

Epistemological despondency en trois mots : temptueux, multidimensionnel, dsquilibr


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